Vent porteur pour les énergies renouvelables dans la région

Le nucléaire pèse 77 % de la production électrique régionale, mais les énergies renouvelables progressent. Les plus fortes augmentations sont enregistrées par la production éolienne avec 6,3 TWh (+13%) et les bioénergies avec 0,9 TWh (+12%). La production solaire atteint 0,6 TWh (+9%). La faible pluviométrie entraîne une baisse de la production hydraulique (-8%) et la production thermique diminue également (-27%).

La Marne, l’Aube et les Ardennes contribuent largement au bilan positif dressé pour 2018 par RTE, Réseau de Transport d’électricité.

Les investissements, qui s’élevaient à 48 millions d’euros en 2018, vont progresser. « Pour les trois prochaines années nous avons prévu 190 millions d’euros d’investissements d’ici 2021 », annonce Elisabeth Bertin, déléguée RTE pour la région Grand Est. Si RTE doit investir davantage, c’est également pour pouvoir faire transiter sur son réseau l’électricité d’origine renouvelable produite localement. « Nous allons construire un nouveau poste à Faux-Fresnay, dans la Marne, pour répondre à la progression de la production éolienne », poursuit-elle. En 2018, ce parc de production électrique renouvelable a encore augmenté de 5 %, permettant de couvrir à lui seul 31 % de la consommation régionale !

D’autres programmes d’investissements se poursuivent, comme l’enterrement de lignes. L’an passé, 27 km de lignes souterraines supplémentaires ont été construites dans la région et 35 km de lignes aériennes démontées. L’an passé, d’importants chantiers de réhabilitation de pylônes ont été réalisés, notamment dans la Marne et dans l’Aube. Dans le programme des gros travaux achevés figure la fin de chantier du poste très haute tension de Méry-sur-Seine, dans l’Aube. Dans le Grand Est, RTE mène également une politique volontariste favorisant les retombées économiques locales. Ainsi, en 2018, 25 millions d’euros d’achats ont été effectués auprès de PME du Grand Est sur un total de 71 millions de dépenses auprès d’entreprises régionales. D’ailleurs RTE veille également à l’allotissement de ses marchés pour permettre justement aux PME d’accéder à ses marchés.

D’autre part RTE reste un contributeur au budget des collectivités locales, les retombées fiscales s’étant élevées à 53,7 millions d’euros en 2018. Enfin, RTE est un employeur qui recrute. « Sept postes en électrotechnique et maintenance sont à pourvoir à Creney, dans l’Aube », rappelle Bertrand Schieber, directeur du groupe de maintenance réseaux Champagne-Morvan.

PRODUCTION EN HAUSSE, CONSOMMATION EN BAISSE

En ce qui concerne la consommation électrique, elle a connu un repli de 1,4 % en 2018, à cause d’un hiver plus doux et d’une activité économique moins soutenue. Il faut rappeler que dans le Grand Est, 38 % de l’électricité est consommée par les PME/PMI et 19,3 % par la grande industrie. Mais si la consommation baisse, il n’en est pas de même pour la production qui continue d’augmenter. Le Grand Est possède le deuxième parc de production d’électricité en France produisant 17 % de la production nationale. Ses capacités de production ont encore progressé de 1,5 % en 2018, grâce notamment au parc éolien – le deuxième en France par son importance – qui s’est accru de 8,4 % l’année dernière.

Dans le Grand Est toutes les énergies renouvelables ont le vent en poupe puisque le parc bioénergies a augmenté sa capacité de 9,4 % et le parc solaire de 3,6 %. Une progression qui a permis de réduire de 27 % la production thermique, le premier producteur restent de loin le nucléaire avec 77%, en hausse de 5% sur un an, notamment pour couvrir la baisse de la production hydraulique due à la faible pluviométrie. Le Grand Est produit ainsi plus de deux fois plus d’électricité qu’il n’en consomme, les Ardennes étant le deuxième producteur de la région, juste devant l’Aube, grâce à la présence des centrales nucléaires. Toutefois, grâce à l’éolien, la Marne devient un producteur de plus en plus présent. Enfin, le Grand Est exporte également une partie de sa production d’électricité vers ses voisins, et notamment l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse au moyens de 12 lignes d’interconnexion avec ces pays.

En Grand Est, le solde exportateur des échanges physiques est de 57 900 GWh en 2018. Elle exporte son énergie vers les pays voisins : Allemagne, Belgique, Suisse, Luxembourg. La région compte également le plus grand nombre de lignes d’interconnexions avec l’étranger (douze).