Une Maison de la Nuit ouvrira au col du Tourmalet en 2022

Malgré la crise, le syndicat mixte de valorisation du Pic du Midi poursuit sa politique d’investissement.

Avec une trentaine de jours de retard, le 4 juillet 2020, après quatre longs mois de fermeture, dû au confinement puis à une période de maintenance, le Pic du Midi a rouvert ses portes. Et malgré un nombre de personnes réduit dans les télécabines et un système de réservation obligatoire du créneau horaire pour la montée, les visiteurs ont été au rendez-vous, attirés par des offres nouvelles : des cabines dédiées aux VTTistes en début et en fin de journée pour leur permettre de rallier le bike park du Tourmalet et rejoindre ensuite la station de Luz Saint-Sauveur ; des balades au crépuscule ; et une formule revue de ses « soirées étoilées » avec un passage par l’Étape du Berger, le restaurant d’altitude situé près du col…

« Nous avons enregistré une progression de la fréquentation du site de 20 % au mois de juillet et 11 % en août », détaille Daniel Soucaze des Soucaze, directeur général du syndicat mixte de valorisation du Pic du Midi, chargé de la promotion du site. Mais l’embellie s’est révélée de courte durée. « L’été s’est terminé plus difficilement. En septembre et octobre : les vallées se sont vidées. Nous n’avions pas de séminaires, pas de groupes, pas de scolaires. Cela a été un peu plus compliqué. Et puis, il y a eu le second confinement, trois jours avant les vacances de Toussaint… », résume-t-il. 

Soit pour l’ensemble de la saison 2020 une baisse de fréquentation de l’ordre de 23 %, un recul de 31 % du chiffre d’affaires généré par la restauration du Pic, dont le restaurant panoramique, le « 2 877 », ouvert il y a deux ans, et une chute de 37 % pour les soirées et les nuits au Pic. « Nous avons réussi à équilibrer nos comptes grâce à la mise en place de mesures d’économie, ajoute-t-il, en changeant un peu le système d’exploitation. L’année 2020 ne se clot donc pas trop mal. Malheureusement, nous n’avons pas pu rouvrir cet hiver. En ce sens, nous sommes solidaires des stations de ski » qui n’ont pu rouvrir le 1er février. En fonction des mesures de soutien que prendra le gouvernement pour sauver l’économie de montagne, « nous allons tenter d’assurer une trésorerie suffisante pour arriver jusqu’au redémarrage, ajoute Daniel Soucaze des Soucaze, même si nous ignorons quand il aura lieu. Notre objectif, si nous pouvons reprendre notre activité à Pâques, est de ne fermer qu’à la fin des vacances de la Toussaint, avec un mois de maintenance en novembre, en vue de repartir sur la saison hivernale prochaine », assure le directeur général, même s’il reconnaît qu’il est difficile de se projeter. 

Qui plus est, rappelle-t-il, « nous avons une mission de service public. Nous avons sept personnes 24 heures sur 24 sur le Pic, soit un peu moins d’une vingtaine de personnes qui continue à travailler, alors qu’en face nous n’avons aucune recette liée à l’activité touristique… Si les restrictions continuent sur les remontées mécaniques (qui génèrent 50 % de notre activité), sur la partie culture, avec le musée et le planétarium et sur la partie restauration, jusqu’à l’entrée de l’été, cela risque de devenir très compliqué en termes de trésorerie. » 

Le syndicat mixte de valorisation du Pic du Midi, qui a mené au cours de ces dernières années une politique d’investissements très dynamique avec la création d’un espace expériences, du ponton dans le ciel, du restaurant panoramique et du planétarium, soit une enveloppe de 7 M€ financée par l’Europe, l’État, la Région Occitanie, le Département des Hautes-Pyrénées et un emprunt, n’en poursuit pas moins ses projets. C’est le cas de la maison Tourmalet Pic du Midi qui doit ouvrir à l’horizon 2022 au col du même nom. 

UN PROGRAMME DE VALORISATION DES ABORDS DU PIC 

Né d’un projet transfrontalier bâti avec des partenaires français et espagnols : l’observatoire de Montsec à Lleida, le planétarium de Pampelune, l’agence environnementale de Navarre, le syndicat mixte du Pic du Midi, A Ciel Ouvert-La Ferme des étoiles de Fleurance et le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Bagnères-de-Bigorre, le programme dénommé Pyrénées La Nuit vise « la protection de la biodiversité par rapport à la pollution lumineuse », détaille Daniel Soucaze des Soucaze. Un projet de 4,5 M€ dans sa globalité qui comprend donc de ce côté-ci des Pyrénées la construction de la Maison Tourmalet Pic du Midi pour un budget de 2,2 M€. 

Ce nouveau bâtiment construit à la place de la boutique actuelle qui sera démolie, accueillera, outre la boutique, la Maison de la Nuit, à savoir un espace muséographique et une salle de médiation. « C’est une première en Europe, assure le directeur général. Il n’existe pas de musée sur la protection de la biodiversité par rapport à la pollution lumineuse et sur son impact sur l’homme en termes de rythme biologique, etc. » 

Le syndicat mixte compte sur l’importante fréquentation que connaît le col du Tourmalet durant l’été, « mais l’idée c’est de maintenir la Maison de la nuit ouverte en hiver grâce à des accords avec la station de ski de La Mongie pour permettre aux touristes d’y monter. » Ce premier chantier de restructuration du col devrait générer des emplois, de l’ordre de deux équivalents temps plein, voir le double en été. Mais d’autres projets sont dans les cartons, notamment, détaille Daniel Soucaze des Soucaze, « la transformation de l’hôtellerie des Laquets en hôtel d’une vingtaine de chambres et la construction d’un petit téléphérique entre les Laquets et le Pic ». Un concours d’architecte a été lancé. « L’objectif est de pousser les études jusqu’à un avant-projet détaillé avant de prendre la décision définitive de rénover les Laquets et de construire le téléphérique. Nous sommes persuadés que ce projet est indispensable à notre développement. Ça l’est d’autant plus qu’on dispose d’un patrimoine bâti remarquable, entre les Laquets et l’hôtellerie de Sencours, située au col de Sencours, qui est le premier observatoire du Pic qui a ouvert en 1852. L’ambition est de rénover a minima tout ce patrimoine.» 

Un nouveau président 

Le syndicat mixte de valorisation du Pic du Midi, qui a connu une progression de 6 % de son chiffre d’affaires, à 7,174 M€ en 2019, soit le plus haut depuis 20 ans, a à sa tête un nouveau président. Jean-Louis Cazaubon vient en effet de prendre la succession de Jacques Brune. Président de la chambre régional d’agriculture de Midi-Pyrénées pendant 24 ans, vice-président national des chambres d’agriculture, il est vice-président du conseil régional depuis 2015, en charge de l’agroalimentaire et de la viticulture. Il est également maire de Poueyferré, petite commune des Hautes-Pyrénées, depuis 1995. 

Commentaires