Un terreau fertile pour les entreprises

Jacques Oberti a été réélu à la tête du Sicoval en 2020.

Le président du Sicoval, Jacques Oberti, a fait le point le 21 janvier sur le développement économique de la communauté de communes. Pour son nouveau mandat, il garde notamment en ligne de mire les défis sociétaux et environnementaux en vue de créer la première zone d’activité française à énergie positive.

Alors les chefs d’entreprise font le dos rond en attendant des jours meilleurs, le Sicoval reste « mobilisé » et affiche ses ambitions. 

La communauté d’agglomération du Sud-Est toulousain, qui regroupe 36 communes, près de 80 000 habitants, et compte 10 652 entreprises, soit 32 730 emplois, poursuit ainsi sa politique d’aménagement du territoire, notamment avec le déploiement des zones d’activités Enova à Labège et du Rivel, à cheval sur les communes de Montgiscard et Baziège, outre l’extension du parc technologique à Ramonville Saint-Agne, « ce qui en fait la deuxième zone d’activité au niveau national en termes de potentiel, derrière Paris », souligne Jaques Oberti, réélu en 2020 à la tête du Sicoval. 

Le projet Enova est l’occasion de refaçonner l’actuelle zone Innopole. « À l’origine, il s’agissait d’une démarche de gestion, que certains pourraient appeler communément une gestion “en bon père de famille” mais aujourd’hui, ce projet structurant est résolument novateur. » De fait, la zone, étendue sur 282 hectares, est scindée en deux parties avec tout d’abord l’aménagement d’un parc d’activités dédié au numérique, aux fintechs et aux biotechs, avec pour objectif de créer à terme 10 000 emplois. « En parallèle, la zone a aussi vocation à accueillir près de 6000 étudiants et chercheurs supplémentaires. Nous souhaitons créer un véritable écosystème. » Outre un aménagement axé sur les entreprises, la zone comprendra également un quartier mixte afin de recréer « l’esprit village de Labège ». Au global, 485 000 m2 de surfaces de plancher sont au programme d’ici 2035 dont 61 % de bureaux et tertiaire, 20 % de logements, 11 % pour les commerces et services, 8 % pour les loisirs, le sport, les équipements et espaces paysagers. 

La nouvelle feuille de route du Sicoval intègre également la transition écologique, une démarche fortement soutenue par la Région Occitanie qui souhaite de devenir exemplaire en la matière. « La nouvelle zone d’activité est en quelque sorte une refonte de l’ancienne zone, avec une remise au goût du jour en matière de qualité environnementale, d’objectifs de mobilité, d’excellence sur des questions de transition écologique et sociétale. Ce projet est synonyme d’innovation avec un accompagnement des entreprises sur la question de la durabilité et de la transition énergétique. La zone sera également constituée d’une boucle d’eau tempérée, totalisant plus de 200 puits géothermiques afin de fournir l’énergie nécessaire à toutes les entreprises présentes sur le site », souligne Jacques Oberti. 

PREMIÈRE ZONE D’ACTIVITÉ À ÉNERGIE POSITIVE 

Même objectif de développement durable pour la Zac du Rivel qui se veut un pôle d’expérimentation, unique en France, avec en son centre une plateforme à énergie positive, baptisée Eco.bâtival. « Outre les filières que nous souhaitons privilégiées telles que l’économie circulaire, le Sicoval sera une nouvelle référence de zone d’activités avec la création d’une filière bâtiment écoresponsable, se félicite le président. Nous avançons en partenariat avec l’ensemble des structures qui gravitent autour de cette notion, depuis la recherche des matériaux, jusqu’à la construction et la formation des intervenants. La plateforme, qui réunit les acteurs du bâtiment (fédérations, artisans, etc. ) sera également une vitrine pour les particuliers que nous accompagnerons dans leurs projets de construction ou de rénovation. Nous travaillons actuellement sur un bâtiment de 2000 m2, dont l’enveloppe atteint 8 M€, avec le soutien de la Région qui a l’ambition d’être la première région française à énergie positive. » La Zac de Rivel pourrait se hisser sur le podium à l’échelle régionale. Une promesse faite par les élus du Sicoval qui planchent encore sur la définition de ce critère d’excellence « car il n’y a pas de référence en France. Un bureau d’études travaille sur des références équivalentes au niveau international. Nous balayons de nombreux critères comme la production d’énergie par les bâtiments, la consommation, la voirie, la nature de l’éclairage, les matériaux utilisés, etc., détaille-t-il avant de poursuivre : Il nous appartient de ne pas dépasser un point de décrochage qui consisterait à rendre impossible l’installation des entreprises sur le territoire. La difficulté est de trouver le bon équilibre entre un objectif de neutralité en termes d’énergie et la question de la soutenabilité des entreprises ». En vue de ne pas faire fuir les entrepreneurs avec un projet trop ambitieux, le président égrène quelques pistes. « Nous réfléchissons à la définition et à la mise en place de bonus pour les entreprises qui atteindraient davantage l’objectif d’énergie positive. En marge, des tiers-investisseurs pourraient également soutenir les entrepreneurs dans leur effort. » 

La Déclaration d’utilité publique étant actée depuis 2020 pour la Zac du Rivel, il reste la question de la création d’un franchissement de la voie ferrée. La phase opérationnelle est, quant à elle, prévue pour fin 2021 voire début 2022.

Même tempo pour la Zac Enova. « Une concordance intéressante pour l’équilibre du territoire » et des aménagements qui ne bouleverseront pas l’activité actuelle. L’élu l’affirme. « Les zones précédentes resteront en place et nous pourrons continuer à accueillir les entreprises dans de bonnes conditions. » Quid du profil des nouveaux investisseurs? « Il y a un an, nous avons reçu beaucoup de demandes d’extension. Un phénomène similaire à celui observé pour la zone de la Masquère. Mais avec la crise, la donne a changé. Les entreprises restent prudentes… Et puis, il y a des changements de paradigme, avec la mise en place du télétravail. Aussi, ce sont davantage de petites entreprises qui nous contactent actuellement. Nous récoltons également les fruits des initiatives des pépinières d’entreprises. Au sortir de la crise, de nouveaux capitaux émergeront et nous devrons être au rendez-vous », explique-t-il. 

Quid du planning retardé de la 3e ligne ? « Nous devons rester vigilants quant au respect du nouveau planning, mais les chefs d’entreprise ont compris. Ce qui est sûr, c’est que l’annonce de l’arrivée du métro et le maintien à quelques mois près de l’échéance pour la ligne B créent une pression. » En attendant, le Sicoval qui n’a jamais autant investi pour les mobilités douces, booste d’autant plus son engagement environnemental. 

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