Olivier ClémentUn parcours qui roule

Olivier clément

Olivier Clément, après avoir développé son entreprise souhaite former la jeune génération au métier.

De ses débuts comme stagiaire chez Caillot à la création de son entreprise OC Logistique en 2015, Olivier Clément a balayé tous les aspects du métier de transporteur et logisticien.

Il y a des secteurs qui bénéficient d’une moins bonne image que d’autres. La logistique en est un, en témoignent les difficultés de recrutements dans cette branche. Or, les beaux parcours existent, comme celui d’Olivier Clément qui, de stagiaire chez Caillot,
a fondé sa propre entreprise OC Logistique, forte de et 7 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Après une enfance passée à Sault-lès-Rethel et un BEP comptabilité en poche, Olivier Clément se dirige vers un bac pro de technicien logistique en alternance. En 1992 il « monte » donc à Reims à la recherche d’une entreprise. Après des dizaines de CV envoyés sans réponse, il songe alors à faire une école d’architecture, car « passionné par tout ce qui est manuel ». Mais au bout de trois jours de cours, une entreprise lui répond, et pas des moindres, l’entreprise Caillot. Il décide alors d’arrêter l’architecture pour se consacrer à son apprentissage chez le transporteur. Il y restera finalement 13 ans !

« J’ai commencé mon apprentissage chez Caillot en 1992 et j’y ai par la suite, effectué tous les postes. Entré comme stagiaire, j’ai fait les tournées de livraison, le ramassage des palettes, puis la gestion du service exploitation, ce qui implique les flux entrants et sortants, le matériel, mais aussi la gestion humaine », détaille Olivier Clément. De cette expérience, il garde la conviction que l’alternance est une des clés de la réussite au sein d’une entreprise. « C’est pour moi une vrai solution de recrutement. À l’école, il y a la formation théorique, mais l’entreprise, elle, forme le salarié à ses spécificités. Elle permet aussi d’acquérir le savoir-être indispensable au travail aujourd’hui. Cela en devient même le premier critère de recrutement », insiste-t-il.

En 2006, il décide de quitter l’entreprise, avec regret mais motivé par le challenge de sa nouvelle mission : directeur de l’agence transport de FM Logistic au siège, à Phalsbourg dans le Bas-Rhin. Au fil des mois, il prend la direction d’autres agences, celles de Brumath, de la région lyonnaise puis du Nord et de la région parisienne. Après deux années très fournies, beaucoup de déplacements et de kilomètres, Olivier Clément opte pour un poste de directeur commercial opérationnel chez Transalliance. Là encore, ses missions s’étoffent au fil des mois, avec la gestion de plusieurs agences. « J’ai toujours eu dans mes objectifs de redresser des structures, pas tout seul bien sûr, à mon niveau, aidé des collaborateurs. » Mais au bout de deux années, celui pour qui la liberté de marge de manœuvre est indispensable, quitte l’entreprise dans laquelle il ne se « retrouve pas professionnellement ». Son choix s’oriente alors vers un autre groupe, ID Logistic où il est embauché comme directeur des opérations branche transports France. De Reims, il gère une dizaine de sites, du nord au sud du Pays. « Membre du comité de direction, mon rôle était de participer à la mise en place de la stratégie transport, de coordonner les cellules de pilotage et les sites de transports, pour un chiffre d’affaires de 57 millions d’euros, ce qui impliquait un certain niveau de responsabilité.»

CHANGEMENT DE CAP

Si l’épanouissement professionnel est au rendez-vous, la charge de travail devient un poids pour son équilibre familial, puisqu’en 2015, il devient père d’une petite fille. « Deux alternatives s’offraient à moi : rester sur un site local ou créer ma propre entreprise.» Ce qu’il fait : « J’ai fais plusieurs recherches. Je suis alors tombé sur une annonce de vente de société de transport et de logistique de mobilier. Je me suis dit “pour- quoi pas” et c’est là qu’a commencé l’aventure », se remémore-t-il. Après avoir réalisé tous les audits, Olivier Clément rachète l’entreprise en novembre 2015. Durant un an, il garde en parallèle une activité de consulting auprès d’ID Logistique, dans l’accompagnement de son successeur notamment.

Reprendre une entreprise n’est pas chose aisée, il faut repartir de zéro. « Pendant une année, j’ai cumulé le rachat et le conseil. J’ai cru que racheter une entreprise me laisserait plus de temps pour mes proches, j’avais tout faux ! » Lors de ses précédentes expériences, il dirige en effet des équipes sur lesquelles il peut s’appuyer. « S’il y avait un problème, je passais un coup de fil et quelques heures après c’était réglé. Là, je me retournais de mon siège, et il n’y avait plus grand monde ! »

DIVERSIFICATION DE L’ENTREPRISE

Volontaire, il se retrousse les manches non seulement pour faire perdurer l’entreprise mais surtout pour la faire progresser. « Le piège va être de s’appuyer sur un client majoritaire. Quand je suis arrivé, un client faisait 45% du chiffre d’affaires, mais s’il partait, la boite coulait ! » Olivier Clément, de par son expérience dans de grosses structures, sait l’importance des systèmes informatiques d’exploitation. « On a développé un outil informatique spécifique à l’entreprise, qui colle à toute ses spécificités, avec notre partenaire, GPI. Je leur ai expliqué la philosophie d’OC Logistique et là où je souhaitais aller. »

Grâce à ce logiciel, il apporte au client une véritable traçabilité et un suivi des commandes en temps réel. « Après quatre ans, on a un outil qui correspond au client. Ce dernier a la capacité de savoir où est son produit, à quel endroit, à quel moment. On a également la possibilité d’avoir la traçabilité de nos véhicules, ce qui est une véritable plus-value dans notre métier, car on est très peu à le faire. » Cette spécificité, à l’aide de « traqueur » permet également à la société de logistique de mettre en place une stratégie RSE, avec l’éco-conduite de ses chauffeurs. « Quand je suis arrivé dans l’entreprise, j’ai pris la décision de changer toute la flotte de véhicules de telle sorte qu’ils aient moins de trois ans. Ensuite, nous avons bridé nos véhicules légers à 110 kilomètres/heure, non seulement pour éviter les infractions mais aussi dans un souci d’économie de carburant. »

En quatre ans, Olivier Clément a multiplié son chiffre d’affaires par 7, passant de 1 à 7 millions d’euros et ses salariés de 12 à 140. « Notre objectif 2020 est une croissance à 9 millions d’euros»,annonce celui qui se définit comme « un homme de projets et d’opportunités ». La dernière en date est un contrat de partenariat avec le géant américain Amazon. « On effectue 5000 livraisons par jour et nous avons été reconnu comme un des trois meilleurs prestataires français en terme de qualité. En taux qualité, nous sommes montés à 100% avec zéro retour de colis livrés, c’est une grande satisfaction », reconnaît Olivier Clément.

Soutenu au début de son rachat et de son aventure entrepreneuriale par le Réseau entreprendre, il s’y investit aujourd’hui comme membre du comité de direction. « C’est dans ma logique de défendre les petites et moyennes entreprises. J’ai trouvé au Réseau entreprendre, certes un financement, mais surtout un accompagnement et un soutien d’une grande qualité. J’ai eu un très bon parrain, en la personne de Pascal Quénardel, directeur d’A2Ascenseur. » Investi, il l’est aussi comme administrateur au sein de la CPME et conseiller au Tribunal des Prud’hommes. « Toutes ces activités annexes permettent d’apprendre tous les jours, de faire preuve de solidarité aussi et d’éviter les erreurs ou les écueils dans un métier qui demande de l’exigence », souligne-t-il.

Parcours

1974 Naissance le 17 octobre à Reims.
1992-1994 Bac pro technicien logistique, en alternance dans l’entreprise Caillot.
2006-2010 Après 13 années passées chez Caillot, il intègre le groupe FM Logistic.
2010-2014 Successivement directeur régional opérationnel chez Transalliance puis directeur des opérations transport chez ID Logistic.
2015 Création de l’entreprise OC Logistique. En 4 ans, la croissance est de 85%.
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