Stéphane DupuisUn parcours qui fait forte impression

Stéphane Dupuis s’attelle à un nouveau projet : la restauration de l’Abbaye de Sept-Fontaines.

Après 42 ans à la Sopaic, Stéphane Dupuis quitte son poste de gérant en bouclant cette saga familiale par une étape historique.

Originaire de Charleville-Mézières où il effectue toute sa scolarité, Stéphane Dupuis a ensuite passé un brevet de technicien chaudronnier au Lycée Bazin.

« C’est mon père, qui m’a conseillé de suivre cette filière car elle était déjà porteuse d’emplois. Et toutes les connaissances emmagasinées de 1974 à 1978 m’ont servi plus tard dans mon métier lorsqu’il fallut installer des bâches de 50, 100 ou 200 mètres carrés nécessitant des systèmes d’accroche. »

En 1978, Stéphane intègre la Sopaic, PME familiale créée en 1964 par son grand-père
Pierre et son père, Bernard, avec Jacky Mantecon, ancien laboratoire photographique spécialisé dans le développement de photos noir et blanc. « J’étais alors le quatrième salarié dans l’entreprise. Mon père m’a mis à 80% du Smic, car j’avais tout à apprendre. »

Lors des ses deux premières années de vie active, Stéphane Dupuis mène parallèlement le métier de professeur de carrosserie automobile au lycée Bazin à la demande de la direction. « L’établissement était alors confronté à une pénurie d’enseignants et j’ai ainsi été maître auxiliaire durant deux ans », se souvient-il.

REPRISE DE L’IMPRIMERIE SAVREUX

Il passe ensuite son service militaire, en 1980, au 159e régiment d’infanterie Alpine de Briançon où il termine au grade de sergent. « J’en ai bavé lors des crapahuts mais vécu des moments extraordinaires en découvrant des paysages magnifiques et en effectuant des courses sur glace et des descentes en rappel. Autant de choses que je n’aurais jamais connu sans cette incorporation.» Il revient en tout cas affûté, dans les Ardennes. Reprenant le fil de sa carrière professionnelle, il continue d’apprendre son métier dans l’entreprise familiale qui connait un nouvel élan, Place d’Arches, suite au rachat en 1979 de l’imprimerie Savreux et de cinq de ses salariés.

« S’orientant résolument vers l’imprimerie, devenue à partir de 1974 le fournisseur officiel de notices à destination de toutes les centrales nucléaires françaises, la Sopaic a augmenté sa rentabilité, investi dans de nouvelles machines, créé un atelier de reprographie et acquis une presse offset deux couleurs. En 1989, on a déménagé avenue De Gaulle dans des locaux plus grands et mieux adaptés appartenant à EDF et Espace Habitat », se remémore Stéphane.

Ici, la Sopaic continue sa diversification en assurant la sauvegarde des archives de nombreuses entreprises par le microfilmage tout en tirant les plans de nombreux architectes et industriels du BTP. « En 2018, on a ainsi livré une tonne de plans et pièces écrites pour le groupe Vinci lors de la construction de l’autoroute Charleville-Mézières-Rocroise », rappelle-t-il.

Après le rachat en 2000 avec sa sœur, Nancy, de l’entreprise de leur père puis la scission de Sopaic en deux entités distinctes, en 2007 (*), Stéphane Dupuis, décide de s’ancrer à Charleville-Mézières. « Là où nous comptions beaucoup de clients de proximité. »

DE NOMBREUSES AVANCÉES TECHNOLOGIQUES

Désormais seul aux commandes de Sopaic Reproduction, il part en quête de nouvelles niches et s’ouvre de nouveaux marchés : décoration de véhicules au rythme de 2 à 3 par jour, traitement de vitres teintées, panneaux de chantiers et d’enseignes, collage de vitrines…

Tout en investissant régulièrement pour doter la société d’un outil de travail performant permettant à l’imprimerie de prospérer. En 1997, la Sopaic réalise ainsi le plus gros investissement de son histoire en s’équipant d’une Heidelberg, une presse offset 5 couleurs de plus de 5,5 millions de francs. « On a migré sur l’imagerie couleur, les affiches grand format, les grosses épaisseurs, la PLV et l’impression sur carton. »

Sachant toujours faire preuve d’ingéniosité, Sopaic a encore su, lors de la propagation du Coronavirus se tirer d’affaires en produisant 53 000 visières, 2 000 m2 de plexiglass, des bornes de pose de gel hydroalcoolique, 2 500 m2 d’adhésifs pour marquages au sol et 350 kits d’ouvertures pour les cafetiers, hôteliers et restaurateurs.

Avec un portefeuille de 5 000 clients dont 80% issus des Ardennes, « une densité qui nous permet d’éviter les aléas », Sopaic Repro a passé son chiffre d’affaires de 800 000 euros en 2008 à 2,5 millions d’euros aujourd’hui. En produisant chaque mois un million de photocopies, 1 500 m2 d’adhésifs, 1 000 m2 de bâches, 1 000 m2 de panneaux rigides et 5 000 m2 d’impression de plans. Elle a ainsi doublé son effectif en atteignant les 16 salariés. Avec même deux embauches supplémentaires en septembre prochain…

UN NOUVEAU SITE DE PRODUCTION

Car, cet été, afin de « booster nos affaires, capter de nouveaux clients, produire plus et à moindre coût », l’entreprise va passer à la vitesse supérieure en tournant une page historique de cette saga familiale. Elle va doubler sa surface en créant un nouveau site de production après un déménagement sur 1 800 m2 de locaux, rachetés au magasin Toutencam, installé sur le Cours Briand.

Le 24 août 2020, Sopaic qui accueille jusqu’à 200 personnes par jour, disposera donc, au prix d’un investissement de 2 millions d’euros, d’un siège flambant neuf doté de deux parkings de 44 places : l’un réservé à sa propre clientèle, l’autre loué à d’éventuels preneurs.

Bientôt en retraite, Stéphane Dupuis qui a déjà passé le relais à ses deux enfants, Maxence (gérant) et Morgane (directrice), ne va pas pour autant rester inactif.

Toujours actionnaire majoritaire à la Sopaic, il surveillera de près l’état d’avancée d’un chantier qui s’annonce spectaculaire, tout en entamant par ailleurs un autre gros projet : la restauration de l’Abbaye de Sept-Fontaines à Fagnon.

Racheté 600 000 euros en 2019 avec un autre industriel, François Clarin, patron d’Ardennes CN, à Me Raulet, mandataire judiciaire, ce domaine de 54 hectares, classé monument historique et ayant servi de demeure monacale à la famille Vendroux et au Général De Gaulle, va connaître une nouvelle vie. Les deux acquéreurs souhaiteraient y créer un complexe hôtel quatre étoiles-restaurant gastronomique accompagné d’une immense salle vitrée pouvant accueillir des mariages. Plus quelques trous et un practice de golf voire même des cabanes perchées. De quoi occuper pleinement cet ancien pratiquant de moto enduro qui continuera, par ailleurs, de s’adonner deux fois par semaine au tennis sur les courts de Belval où il pratique cette discipline depuis 1970 avec un certain talent. Son démon de midi du mardi et jeudi. Une plage de convivialité qu’il ne veut surtout pas abandonner…

(*) Sopaic Reproduction resté à Charleville-Mézières et Turquin Impression parti à Warcq

Parcours

1960 Naissance le 1er janvier 1960 à Charleville. Il est le premier bébé ardennais de l'année.
1978 Il intègre la PME familiale.
1980 Le 1er aout, il est incorporé au 159e régiment d'infanterie alpine à Briançon.
2000 Le 1er janvier, il devient gérant de Sopaic Reproduction.
2020 Le 1er juin, il passe la direction de la Sopaic à ses enfants Maxence et Morgane.
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