Tous pour un, un pour tous dans le BTP

Les acteurs de la filière des travaux publics et du bâtiment ont décidé de travailler ensemble pour relancer l’activité dans leur secteur. Parmi eux, Vincent Martin, président de la FRTP BFC, Jean-Philippe Richard, président du Medef BFC, Georges Grenier, président de la FNTR, Bernard Laborey, président de la FFB BFC, Louis Deroin, président de la CPME BFC, Francis Voelin, président de la Capeb BFC, Christophe Bauduin, président de l’Unicem BFC, et Manuela Morgadinho, vice-présidente de la CMA BFC.

Les acteurs de la filière du bâtiment et des travaux publics font front commun face à la crise. Réunis à l’initiative de la FRTP, ils se sont exprimés d’une même voix pour évoquer leur problématique à trouver de la main d’œuvre, envisager la transition écologique mais aussi les conséquences sociales de la crise et la nécessaire reprise des projets des collectivités.

«La solidarité va nous permettre de sortir de cette crise », a débuté Vincent Martin, président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP). Pour traduire cette ambition, il s’est entouré de représentants de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Bourgogne Franche-Comté (CMA BFC), de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), de la fédération des producteurs de matériaux minéraux (Unicem), du syndicat patronal de l’artisanat du bâtiment (Capeb), de la Fédération française du bâtiment de Bourgogne Franche-Comté (FFB) ainsi que des organisations patronales que sont le Medef et la CPME. Parmi les craintes exprimées par les différents acteurs territoriaux, plusieurs ont évoqué le rôle des collectivités. « Les artisans craignent une baisse de la commande publique pour les grandes entreprises et que ces dernières ne viennent les concurrencer sur des petits marchés », a notamment souligné Manuela Morgadinho de la CMA BFC, rejointe par Christophe Bauduin de l’Unicem. « La moitié de nos matériaux part en direction des travaux publics. Le département et le bloc communal ont donc un rôle essentiel à jouer. » Grâce aux aides de l’État, les collectivités disposent de moyens financiers pour amorcer de grands travaux. « Il n’y a jamais eu autant d’argent sur la table pour les investissements. Il faut l’utiliser », insiste Vincent Martin. De son côté, Bernard Laborey, président de la FFB BFC, a alerté sur la baisse du nombre de permis de construire d’une part et sur celle des prix du marché. « Parallèlement, nous faisons face à une hausse du prix des matériaux de 25 à 30 % et nous travaillons à introduire une révision des prix dans les marchés publics pour répercuter ces augmentations. » D’autre part, le professionnel du bâtiment craint une rupture d’approvisionnement qui pourrait intervenir dès le mois de juin pour certains matériaux.

LE RÔLE DE L’HUMAIN

Les acteurs des transports routiers, du bâtiment ou des travaux publics, n’ont pas manqué d’évoquer leurs difficultés de recrutement. Parallèlement, Jean-Philippe Richard, président du Medef de Bourgogne Franche-Comté a évoqué une transition opérée par certaines entreprises. « Certains salariés sont mis en formation pour répondre à de nouveaux besoins. » Le rôle des hommes au sein des entreprises n’a que rarement été autant mis en avant.

« Les collaborateurs ont été exemplaires dans toute la filière mais aujourd’hui, il faut s’occuper de nos équipes car la crise sanitaire pourrait devenir une crise sociale et présente notamment le risque d’une multiplication des accidents du travail », insiste Vincent Martin. Bien qu’ils aient mentionné des inquiétudes comme l’augmentation du gazole non routier (GNR), les défaillances potentielles quand les entreprises ne seront plus « sous perfusion » avec le prêt garanti par l’État, les acteurs présents ont voulu se montrer optimistes quant à l’avenir en s’appuyant notamment sur la hausse des chantiers de rénovation et d’éco-réhabilitation. Avec des carnets de commandes satisfaisants dans le bâtiment, un secteur des travaux publics qui a surmonté la crise et des transports routiers qui ont montré leur nécessité, la filière veut écrire son destin.

« Nous devons être force de proposition, ensemble », a conclu Vincent Martin.

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