Tous mobilisés pour limiter la crise économique

Le ministère du Travail demande à ce que le télétravail devienne la règle impérative pour tous les postes qui le permettent.

Pour lutter contre la propagation du Covid-19, le Gouvernement a mis en place des mesures de confinement. Un seul mot d’ordre : « restez chez vous ! ». De nombreuses mesures ont déjà été prises pour limiter la crise économique et d’autres restent à venir.

Martelé depuis plusieurs jours par les professionnels de santé, le message « restez chez vous ! » semble enfin avoir été pris en compte par l’État. Si dans son interlocution du 12 mars, Emmanuel Macron invitait « tous les Français à limiter leurs déplacements au strict nécessaire », avant de le rappeler dans son discours du 16 mars, « écoutons les soignants, qui nous disent : si vous voulez nous aider, il faut rester chez vous et limiter les contacts » en évoquant une période de 15 jours, c’est le ministre de l’Intérieur qui, quelques heures plus tard, a précisé les mesures de confinement : « Dès demain midi (mardi 17 mars, Ndlr) et pour une durée de 15 jours qui pourrait être prolongée, des mesures de restriction fermes des déplacements seront prises […] Des exceptions pourront être tolérées… Pour les déplacements entre le domicile et le lieu de travail, lorsque ces déplacements sont indispensables pour des activités ne pouvant être interrompues ni organisées sous forme de télétravail ». Un message qui peut être difficile à entendre pour les entreprises pour qui, l’ensemble des décideurs sont en train de s’activer dans l’objectif de limiter les dégâts.

En Bourgogne Franche-Comté, les organisations patronales et professionnelles s’organisent. À l’image du Medef et de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) ou encore de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui ont mis en place sur le département de la Côte-d’Or des cellules de crise pour leurs adhérents. Réunis mardi dernier en visioconférence avec la presse, les membres de l’Union patronale Unpact 21 sont revenus sur les mesures mises en place. L’occasion de pouvoir aussi échanger avec un représentant de l’État, ainsi que du tribunal de commerce.

LES DETTES GELÉES ?

Une revendication était d’ailleurs commune aux différentes organisations, le gel de la dette. « Dans le discours du Président de la République, je retiens qu’aucune entreprise ne doit risquer la faillite, confie Geoffroy Secula, président de la CPME 21. Mais pour cela il va falloir aller encore plus loin et encore plus vite, par rapport aux mesures prises, notamment au niveau des besoins de trésorerie. Et une des mesures que nous souhaiterions, en commun, monde consulaire et monde des organisations patronales, c’est notamment le gel des dettes financières auprès des banques ». Une requête soutenue par la Chambre de commerce et d’industrie Côte-d’Or Dijon métropole, comme l’exprime son premier vice-président, Francis Pennequin, alpaguant l’État : « Il semblerait nécessaire qu’il y ait une aide imposée par le Gouvernement auprès des banques pour que soit gelé l’ensemble des dettes des entreprises pendant une période minimale de six mois. Aujourd’hui, les entreprises ne pourront pas travailler qu’avec des dépenses sans recette. Nous avons besoin que les banques aident les entreprises… Il faut quand même qu’elles aient en mémoire l’aide que tout le monde leur a apportée en 2008 et je pense que c’est le moment de restituer cette aide au sein de toutes les entreprises. » Présent lors de cet entretien, Bilale Ahmimache, conseiller en économie auprès du Préfet de région, a tenu à rebondir sur cette intervention. « L’objectif pour les entreprises est très simple : à zéro recette, il faut zéro dépense. Donc la première stratégie est bien de ramener les dépenses à zéro. Certains dispositifs ont été mis en place sur le report des dettes fiscales, sociales, etc. Aujourd’hui, le but n’est pas de laisser l’entreprise seule avec sa banque dans le cadre de renégociations. Le message a été apporté au réseau bancaire français pour qu’il y ait une certaine bienveillance qui soit portée. Si ce n’est pas le cas il faut tout de suite solliciter la médiation du crédit. Mais pour le moment, il n’est pas prévu de gel global des dettes financières. Il est important qu’au moindre problème avec sa banque, l’entreprise sollicite son médiateur pour que la Banque de France intervienne le plus rapidement. »

CHÔMAGE PARTIEL ET REPORT D’ÉCHÉANCES

Comme l’a souligné Bilale Ahmimache, « on travaille aujourd’hui en temps réel et presque tous les jours il y a de nouvelles annonces ». Entre autres mesures annoncées, les employeurs pourront bénéficier d’un report de paiement de leurs cotisations sociales auprès de l’Urssaf allant jusqu’à trois mois. Pour les travailleurs indépendants, l’échéance mensuelle du 20 mars n’a pas été prélevée et sera lissée sur les échéances ultérieures. La Direction générale des finances publiques a aussi pris certaines mesures, notamment des reports d’échéances et, pour les travailleurs indépendants, la modulation du taux et des acomptes de prélèvement à la source. Enfin, le paiement de la taxe foncière et de la cotisation foncière des entreprises peut être suspendu. Concernant la création d’un fonds de solidarité d’un milliard d’euros pour soutenir les TPE, microentreprises et entrepreneurs indépendants, la région Bourgogne Franche-Comté a annoncé que cela « se traduira concrètement, dès la fin de ce mois, par un versement de 1.500 euros à plus de 20.000 entrepreneurs du territoire ». Le ministère du travail a quant à lui donné 30 jours aux entreprises pour déclarer leur activité partielle, avec effet rétroactif. En milieu de semaine dernière, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé un décret pour réformer le dispositif d’activité partielle, afin de couvrir 100 % des indemnisations versées aux salariés par les entreprises. Enfin, Bpifrance a lancé un plan de soutien d’urgence à destination des TPE, PME et même ETI. Présenté en trois volets, ce plan consiste en l’octroi aux banques d’une garantie à 90 % des crédits de trois à sept ans, ainsi qu’une garantie à hauteur de 90 % du découvert sur une période de 12 à 18 mois. Des crédits de trésorerie sont aussi mis en place à hauteur de 30 % du volume de factures et enfin, des prêts sans garantie de trois à cinq ans allant de 10.000 euros à cinq millions d’euros pour les PME et plusieurs dizaines de millions d’euros pour les ETI.

De son côté, le tribunal de commerce de Dijon qui a décidé d’arrêter l’ensemble de ses audiences reste « là et prêt », comme l’a confié son président Jérôme Prince. « En cas de blocage total, nous aurons la possibilité de nommer un mandataire adhoc », complète-t-il.

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