Tous avec la Mission Unesco !

Quelques-uns des « acteurs » du territoire autour de Pierre-Emmanuel Taittinger, président de la Mission Unesco, et de son équipe. (Photo : Jacques Rivière)

La deuxième conférence territoriale de la Mission Coteaux, Maisons et Caves de Champagne a démontré que toutes les parties prenantes ont pleinement mesuré l’importance que représente pour le Champagne son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

À l’heure de la synthèse des travaux et de la conclusion de la deuxième conférence territoriale de la Mission Unesco, Denis Conus, préfet de la Marne, soulignait la qualité du bilan présenté et du travail réalisé depuis la première conférence territoriale, en 2016. Il glissait d’ailleurs que le dossier champenois était cité en référence par l’Unesco, et il incitait tous les acteurs à poursuivre la mobilisation autour de la Mission Unesco.
De fait, l’engagement et l’implication de toutes les parties prenantes émanait clairement des débats, dans le cadre de l’appropriation des valeurs du patrimoine mondial et de la nécessaire visibilité qu’il faut donner à l’inscription, d’une part, tout autant que dans l’indispensable embellissement du territoire ou encore l’organisation d’un œnotourisme durable.
Voilà bien la grande vertu de la Mission Unesco que d’avoir réussi, sans autre pouvoir qu’incitatif, à faire se rencontrer et se parler – à fédérer en somme – des acteurs (du champagne au sens large, du tourisme, des services de l’Etat, des collectivités territoriales, des entreprises…) qui n’ont pas forcément vocation à se côtoyer, en les amenant à travailler autour d’un objectif commun et partagé.

LA RÉALITÉ DE L’INSCRIPTION

A ce titre, la notion « d’embellissement » est au cœur de la mission de… la Mission. Cette préoccupation majeure est d’autant plus légitime que, comme cela était rappelé, l’inscription Unesco s’est faite dans la catégorie des « Paysages culturels ». D’où la difficulté évoquée de conserver et de mettre en valeur ce patrimoine paysager à l’heure du développement des énergies renouvelables (éoliennes, panneaux photovoltaïques…), nécessitant sans doute une réflexion prospective afin d’intégrer la transition énergétique dans les territoires. Une charte traitant notamment des éoliennes doit d’ailleurs être finalisée par la Mission d’ici la fin de l’année.

Pour autant, bien des choses sont déjà réalisées ou sont en cours de réalisation. Le dossier de la signalétique, tant sur les autoroutes A4 et 26 que sur les routes et dans les communes, est en bonne voie. Un guide de protection du patrimoine souterrain (caves et crayères) sera également bientôt mis à disposition. Un Observatoire de l’état de conservation du site (au sens le plus large, bien entendu) est en cours de construction, afin de présenter tout l’éventail de ce qui a été fait dans le cadre du Plan de gestion, lors de la prochaine « inspection » de l’Unesco, en 2022. La préparation d’une nouvelle convention cadre (programme d’action au sein des territoires, sorte de « feuille de route ») est à l’étude pour présentation lors de la prochaine conférence territoriale. Sur le plan œnotouristique, est annoncé la création d’un observatoire de l’activité à l’échelle de l’appellation, ainsi que d’un « hub œnotouristique » en 2020 présentant toutes les aides destinées aux porteurs de projets.

On le voit, la réalité de l’inscription Unesco s’ancre chaque jour un peu plus dans le… paysage champenois. Il faut enfin souligner que les mânes de Pierre Cheval ont joliment accompagné cette deuxième conférence territoriale.

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