Jean-Charles MarasseToujours bien dans son assiette

Jean-Charles Marasse

Jean-Charles Marasse pose ici dans son restaurant, la SOUPréf errante, situé à côté de la préfecture de Troyes.

Après avoir été attaché parlementaire pendant quinze ans et fait d’autres métiers, il est aujourd’hui restaurateur à Troyes.

«Ma vie économique est faite de relations qui dépassent la complicité, l’amitié. C’est la relation humaine qui est la base de l’animation ». Pour Jean-Charles Marasse, tout a commencé à la Sorbonne, à Paris. Le milieu universitaire lui a permis de rencontrer un certain nombre de personnes, qu’il n’aurait sinon pas eu l’occasion de croiser. « J’aime beaucoup le cinéma et les arts d’une manière générale. J’ai par exemple rencontré le musicien d’origine grecque Iannis Xenakis – également compositeur, architecte et ingénieur – qui donnait des cours à Saint- Charles-, Catherine Ringer et Zabou Breitman », se souvient-il.

ORGANISATION DE TOURNÉES D’ARTISTES

« Un de mes professeurs, un cinéaste, essayait de monter un film art et essais. Ce qu’il ne parvenait pas à faire, suite à des blocages financiers. Ce qui ne m’apparaissait pas insurmontable », explique Jean-Charles Marasse. C’est ainsi qu’à l’âge où l’on pense généralement à l’achat d’un appartement, il souscrira un prêt étudiant de 350 000 francs (le maximum possible) pour produire le film : « Les Mémoires d’un juif tropical, c’est son titre, de Joseph Morder, est sorti dans des salles à Paris. Au bout d’une semaine de diffusion parisienne, on a fait le plein. On avait quasiment remboursé le prêt et j’ai proposé de réinvestir dans l’achat d’espaces publicitaires. Mais c’était une erreur. On a fait cinq entrées sur deux salles. Première leçon de vie », conclut-il, visiblement satisfait malgré tout de ce qui aura été une belle aventure humaine.

S’en suivra une période dédiée à remettre ses finances à flot, faite de petits boulots. Il mettra plus de six ans à se refaire. Puis, en 1990, Jean-Charles Marasse crée une société d’organisation d’événements, spécialisée dans la production de spectacles vivants. « Pendant sept ans j’ai organisé des tournées d’artistes en province. C’était une période de renouveau de chanteurs comme C. Jérôme, Jeane Manson ou encore Dave. Je proposais des créneaux dans des bourgades qui n’avaient pas de théâtre mais des grandes salles, se souvient l’organisateur aubois. À cette époque, plus faste qu’elle ne l’est peut-être aujourd’hui, on alliait la fête et une activité professionnelle… qui m’a permis d’acheter une maison ».

En 1997 commence pour lui une autre aventure, qu’il mènera de concert avec Pierre-Marie Boccard. Il consacre alors un bon tiers de son temps à collaborer à la création du club mécénat-partenariat des Nuits de Champagne, le festival créé en 1988 à Troyes. Avec pour objectif de promouvoir le nombre des acteurs économiques de la région prêts à s’investir aux côtés des collectivités locales dans le développement de cet événement artistique contemporain.

Parallèlement, jusqu’en décembre 2012, Jean-Charles Marasse se dirige vers l’organisation de soirées, des grands cocktails de plusieurs milliers de personnes : « Je faisais appel à des réseaux spécialisés dont les traiteurs Guilleminot, ou encore Dominique Lemelle et Pascal Caffet. Afin de créer une petite plateforme qui permettait d’organiser des fêtes de comités d’entreprises. Mon rôle consistait à coordonner tout cela ».

ENGAGEMENT POLITIQUE

Également engagé sur la scène politique, il s’investit à partir de 2002 en tant qu’attaché parlementaire de Jean-Claude Mathis, l’ancien député LR de la 2e circonscription de l’Aube. Une aventure qui s’arrête en 2017.

Il se fixe alors un laps de temps d’un an pour essayer d’autres métiers. « J’ai été marchand de soupe à Nigloland pendant quinze jours pour Halloween. Avec un « bûcheron urbain », un ancien alpiniste, je suis monté sur des échelles de sept mètres pour couper des arbres dans des propriétés privées avec une corde et une tronçonneuse. J’ai aussi été commis de charcuterie au labo de chez Guilleminot », énumère le dynamique aubois.

Après toutes ces expériences professionnelles, il aura l’opportunité de racheter le restaurant où il avait l’habitude de venir déjeuner. « C’est l’ancien patron qui m’en a fait la proposition. Le jour où je signais, j’ai appris que j’étais attaché parlementaire de la sénatrice de l’Aube, Évelyne Perrot, dont j’avais dirigé la campagne sénatoriale. Autant je me consacrais à cette mission auprès de Jean-Claude Mathis à temps plein, autant ici, j’interviens uniquement pour du conseil », précise le Troyen, également conseiller municipal.

LA SOUP RÉF, UN LIEU QUI LUI RESSEMBLE

« Ce lieu me ressemblait… Je veux en faire un lieu de cuisine de nos mamans. Il faut savoir qu’en 2018 on a pour la première fois mangé plus de sandwiches, de salades et de burgers que de plats. Ici, au contraire, je propose des petits plats qui rappellent les repas de famille, la convivialité à table. Je suis un épicurien qui a envie de faire partager ce qu’il aime », explique le chef d’entreprise. Dans son restaurant, la SOUPréf errante, d’une quarantaine de couverts, et avec son équipe – ils sont quatre – il propose une cuisine bistrotière, mettant au menu les recettes des régions de France et d’Italie.

Il s’est en outre associé à quatre autres personnes pour racheter, rénover et faire vivre le bar Saint-Rémi, à Troyes. « On s’est retrouvés avec Olivier Richard, son frère Clément, Vincent Nicolas et Nicolas Levy pour sauver et ouvrir ce lieu », sourit-il, tout en évoquant l’idée de faire peut-être d’autres opérations avec d’autres investisseurs pour des lieux qui sont historiques pour les Troyens.

Le restaurateur se laisse également quatre ans pour évaluer la possibilité de créer d’autres SOUPréf. « Cela serait envisageable car la clientèle évolue très très vite. Je suis ici depuis presque deux ans et je ressens des évolutions dans le comportement de la clientèle, observe-t-il. Il y a cent préfectures en France, et pourquoi pas créer à côté d’autres SOUPréf. Il faut garder cela dans un petit coin de sa tête ».

Parcours

1962 Naissance à Troyes, le 3 novembre.
1983 Licence de cinéma.
1985 Maîtrise de Sciences de l'art et de la communication, à la Sorbonne à Paris.
2002-2017 Attaché parlementaire de Jean-Claude Mathis.
2018 Rachat du restaurant place de la Libération à Troyes, la SOUPréf errante.
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