ThirtyOne passe à la vitesse supérieure

ThirtyOne

Christophe Baeza, fondateur et dirigeant de ThirtyOne.

Le concepteur et fabricant haut-garonnais de vélos électriques entame le déploiement de son offre dans une vingtaine de villes françaises.

Phénomène de mode ou signe des temps, le marché du vélo, évalué en 2018 à 2 Mds€ par l’Observatoire du cycle, est en plein boum, et notamment depuis les dernières grèves, croissance qui profite essentiellement au vélo à assistance électrique (VAE). Or, parmi les acteurs qui bénéficient de cette bonne dynamique, figure le toulousain ThirtyOne (ex ThirtyOne Bike), qui conçoit et fabrique depuis 2013 des vélos innovants et design. La PME, qui compte cinq salariés, proposait ainsi dès 2014 le premier vélo en libre-service électrique de France, puis le premier vélo à changement de vitesses automatique et en 2018, le vélo qui se recharge à la décélération. « Ce vélo qui se recharge tout seul, c’est ce qui nous distingue de nos concurrents », reconnaît Christophe Baeza, son fondateur.

L’entreprise, qui jusqu’à présent distribuait ses vélos en magasin, fait depuis peu évoluer son modèle économique en lançant un peu partout en France des campagnes d’essai. « Les clients nous contactent via le site et nous nous déplaçons chez eux pour leur faire essayer, résume le dirigeant. Nous faisons de la prospection digitale, mais nous tenons à conserver un contact humain en phase finale de l’acte d’achat. »

SOLUTIONS DE MOBILITÉ CLÉ EN MAIN

Outre la clientèle des particuliers, ThirtyOne vise les collectivités à travers la solution de vélos en libre-service. À Vannes, dans le Morbihan, Transdev exploite ainsi un réseau de vélos développés par ThirtyOne. Cependant, explique Christophe Baeza, « dans les collectivités le processus de décisions est très long. Cela prend parfois des années, ce qui n’est pas compatible avec la trésorerie d’une PME. Cela explique que nous nous sommes peu à peu éloignés de cette clientèle pour nous tourner vers le marché des entreprises. Nous proposons des flottes de vélos électriques ou non, mais également les bornes d’attache et de recharge (ThirtyOne commercialise les solutions de bornes d’un de ses partenaires, NDLR) et tout ce qui a trait à la maintenance. Nous avons donc désormais une solution de mobilité clé en main pour les entreprises ainsi qu’une offre dédiée pour les promoteurs immobiliers. » Sur le plan local, Airbus, les hôtels Ibis, la Région ou encore Toulouse Métropole ont choisi les vélos de ThirtyOne.

L’entreprise, qui a réalisé de l’ordre de 300 K€ de chiffre d’affaires en 2019, prévoit de doubler ce montant d’ici la fin de l’année 2020, avant, l’année suivante, de mettre un pied en Europe. « Nous allons déployer à l’étranger les mêmes techniques de vente que celles que nous déployons désormais en France. Nous ne sommes plus en effet sur des stratégies nationales, mais sur des stratégies ville par ville. »

De fait, Christophe Baeza compte dès cette année déployer son offre dans les 20 plus grandes villes de France. « Cela signifie que dans chacune d’elles nous allons recruter un commercial et six mois plus tard, un technicien pour assurer la maintenance », confirme le dirigeant. En plus de ces recrutements, en fonction de l’augmentation des ventes, ce dernier prévoit d’étoffer son équipe toulousaine dédiée à l’assemblage des vélos. « 65 % des composants de nos vélos sont industrialisés en Europe et encore hélas 35 % en Asie. Nous travaillons à diminuer ce taux », précise le dirigeant.

En parallèle, ThirtyOne enrichit son offre en proposant aux entreprises des prestations de maintenance de ses propres vélos mais également ceux d’autres marques. Elle assure ainsi la maintenance des vélos du Cnes ou encore ceux de la Banque Courtois.

Engagée dans les challenges Let’s go France de PWC et 10 000 Start-up pour changer le monde du quotidien La Tribune, la PME, qui a bénéficié d’un soutien financier de la Région en 2015, recourt désormais à des campagnes de love money auprès de sa propre communauté d’usagers pour se financer.

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