Terreauciel : citadins et agriculteurs sur la même ligne verte

Remplacer les cyprès par les pommiers, mettre du comestible au cœur des villes, c’est le credo de la Scop toulousaine Terreauciel, à la fois bureau d’études en agriculture urbaine, paysagiste et créatrice de fermes urbaines. Une envie de verdure qui colle bien à nos aspirations du moment.

Très attachés à la terre et à ses richesses, Florian Champoux et Laurent Rougerie ont fondé Terreauciel en 2013 avec l’envie de recréer du lien entre les citadins et les agriculteurs.

« En tant qu’ingénieurs agronomes, on avait conscience de la cassure entre la ville et la campagne, explique Florian Champoux, on a voulu rapprocher les deux univers. »

En 2017, ils créent une Scop et travaillent sur la conception de potagers collectifs dans les immeubles et les écoles. « On commençait à trouver notre modèle, précise Florian Champoux, on parlait de circuits courts, de nouvelles façons de consommer, on répondait à un idéal. »

L’équipe s’offre les talents d’un ingénieur paysagiste et donne un coup d’accélérateur à l’activité en concevant pour les bailleurs sociaux des espaces verts intégrant du comestible. « Notre valeur ajoutée est d’accompagner les habitants et de les sensibiliser au jardin, à la culture, à la saisonnalité au travers d’ateliers », détaille Florian Champoux.

DES CONSEILS PLUS RESPONSABLES

Terreauciel propose des aménagements aux collectivités et aux promoteurs qui souhaitent développer des projets d’agriculture urbaine. « À Bougival, par exemple, près de Paris, le maire voulait redonner vie à un terrain de foot abandonné. On a trouvé et installé un porteur de projet, il a créé une exploitation en permaculture », explique Florian Champoux. Une commune proche de Toulouse (dont le nom reste secret) veut mettre en place une régie agricole et créer son propre site de maraîchage pour alimenter la cuisine centrale. Terreauciel va préparer le terrain, vérifier les systèmes d’irrigation, budgétiser et agencer les carrés potagers… Les demandes de ce type sont de plus en plus nombreuses. « On sent bien que les collectivités bougent, elles veulent mettre du vert dans leur quotidien », sourit Florian Champoux.

LA CRÉATION DE FERMES URBAINES, UNE VALEUR SÛRE

L’entreprise figure parmi les lauréats du concours Dessine- moi Toulouse. Le projet Agriville permettra d’aménager le quartier Paléficat. D’ici à 2022, une ferme maraîchère verra le jour sur un site de trois hectares, divisé en parcelles louées aux habitants. Un maraîcher sera en charge de l’animation des jardins : atelier de paillage, taille… Le jardinier amateur devra louer sa parcelle en moyenne 7 € par semaine. Seule contrainte : il devra désherber et récolter… Pas de plants à acheter, ni d’outils, ils seront mutualisés. Une belle opportunité pour l’entreprise, 7 000 logements sont attendus dans ce quartier. Terreauciel a d’ailleurs été retenue pour aménager le parc autour du château de Paléficat : ruches, écopaturage…

Une offre similaire est déjà testée route de Launaguet à Toulouse, à moindre échelle, sur 2000 m2. « En six mois, les 20 familles locataires ont récolté l’équivalent de 800 € de légumes », ajoute Florian Champoux. Il faut 250 clients pour que les carrés maraîchers soient rentables.

Florian Champoux et Laurent Rougerie tablent sur un CA de 250 000 € en 2021, avec de nouvelles embauches. Ils seront bientôt sept dans l’entreprise. « Le mot paysan a retrouvé ses lettres de noblesse, ajoute Florian Champoux. Quand on a créé Terreauciel, on était les petits rigolos qui plantaient des tomates sur les toits, ça a bien changé », sourit Florian Champoux.

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