TBS se dote d’un nouveau plan stratégique plus durable

Stéphanie Lavigne, directrice générale de TBS.

La business school toulousaine triplement accréditée devient une entreprise à mission.

C’est depuis le Kube, le nouvel espace de travail de TBS, et en visio que Stéphanie Lavigne, sa directrice générale, a présenté la nouvelle feuille de route de l’institution pour les cinq prochaines années. Au lendemain de la crise de la Covid-19 qui l’a « terriblement ébranlé », l’école de commerce, qui célèbre ses 120 ans, amorce un virage stratégique. Dotée depuis 2017 du statut d’Établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), qui lui a conféré une autonomie de gestion, l’école entend en effet se « recentrer sur sa mission principale, l’éducation », a ainsi expliqué Stéphanie Lavigne, le 8 avril, dévoilant à cette occasion sa nouvelle appellation. TBS devient ainsi TBS Éducation. Au-delà du changement sémantique, et alors que la concurrence ne cesse de se durcir entre les business schools, l’école toulousaine affiche également de nouvelles et très fortes ambitions. Elle entend en effet faire entrer son Programme grande école, aujourd’hui 12e selon le classement Figaro Étudiant 2021, dans le top 10 français et le top 30 européen et maintenir son bachelor dans le top 3 français. Ce bachelor devrait être enrichi de trois nouvelles filières : l’e-santé, l’e-sport et l’aéromobilité. Plus prosaïquement, elle vise d’ici cinq ans 7 000 étudiants contre 5 500 aujourd’hui (+27 %) en même temps qu’une croissance de plus de 36 % de son chiffre d’affaires, à 75M€.

Pour atteindre ces objectifs, l’école prévoit d’investir 130 M€ au cours des cinq prochaines années, dont une bonne part servira à la construction d’un nouveau campus au centre-ville de Toulouse dont la livraison est prévue pour la rentrée 2025. Les trois autres campus de TBS, situés à Paris, Barcelone et Casablanca, devraient également être dotés de nouveaux bâtiments. Leur vocation à attirer une plus large part d’étudiants étrangers devrait en être ainsi renforcée. Ces derniers représentent déjà un quart des effectifs.

Ces campus seront par ailleurs « connectés aux entreprises et aux acteurs socio-économiques partenaires pour cultiver l’esprit d’entreprise, favoriser l’innovation locale et mutualiser les savoirs, détaille la DG de TBS. Pensés pour avoir un impact sociétal positif et offrir un apprentissage expérientiel propre, ils seront résolument ouverts, inspirants, innovants et engagés. »

BIEN-ÊTRE PÉDAGOGIQUE

Pour améliorer encore son attractivité, TBS mise sur plusieurs leviers dont, au premier chef, la qualité de sa recherche. Stéphanie Lavigne et ses équipes entendent en effet faire progresser le nombre de publications dans les revues scientifiques de premier plan, de 322 aujourd’hui à 500 sous cinq ans. L’objectif est de faire monter en puissance les domaines d’expertise de l’école que sont la RSE et le développement durable, l’intelligence artificielle et le business analytics ainsi que l’aéronautique et le spatial.

L’autre levier sur lequel compte agir TBS est l’innovation pédagogique. L’école entend ainsi donner plus de place au distanciel et à de nouvelles méthodes d’apprentissage, à l’image de son projet Inspiring Guest basé sur l’implication d’invités originaux. Le premier fut en 2019 l’humoriste américain Sammy K. Obeid. L’objectif est de concevoir des matériels pédagogiques novateurs capables de mieux capter l’attention des étudiants.

UNE ÉCOLE PLUS INCLUSIVE

D’autres mutations sont attendues à la rentrée prochaine, avec notamment une nouvelle offre de formation continue, avec la mise en place d’un compte personnel de formation dédié aux alumnis qui leur permettra de développer leurs compétences et leurs soft skills tout au long de leur carrière. Elle prévoit également de donner accès, via un système d’abonnement, à son « campus digital », nouvelle offre de formation en ligne.

TBS, qui se veut plus éco-responsable – elle vise une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre de ses campus de 3,3 t de CO2 par étudiant aujourd’hui à 2,7 t sous cinq ans et la neutralité carbone en 2030 –, entend également être plus inclusive. Grâce aux fonds collectés par sa fondation, notamment auprès de ses 46 000 alumnis, soit 5,5 M€ depuis sa création en 2008, des bourses sociales peuvent être distribuées aux étudiants à revenus modestes (191 pour l’année 2020-2021), sachant que les étudiants qui perçoivent une bourse du Crous, représentent aujourd’hui 20 % des effectifs. Une proportion qui devrait grimper à 30 % d’ici cinq ans. Mais pour faciliter l’accès des talents à ses programmes de formation, l’école veut aller plus loin en mettant en place dès septembre prochain un système de modulation des frais de scolarité en fonction des revenus des familles. Un système dont les modalités ne sont pas encore arrêtées.

Pour inscrire dans le marbre ses ambitions, l’école a ajouté à ses statuts une nouvelle ligne. TBS est en effet devenue une société à mission laquelle peut se résumer ainsi : « contribuer à un monde plus inspirant, inclusif et soutenable. »

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