Soufflet racheté par InVivo pour créer un géant « made in Grand Est »

En 2018, Jean Rottner était venu à Nogent-sur-Seine pour rencontrer Michel et Jean-Michel Soufflet.

Le groupe familial aubois change de mains pour constituer le deuxième acteur agricole européen.

Le secret avait été bien gardé jusqu’ici. L’annonce de négociations exclusives en vue du rachat de 100 % du capital du groupe familial aubois Soufflet par InVivo, union de 192 coopératives agricoles françaises, a surpris toute la filière. Il y a de quoi puisque l’en- semble va tout simplement donner naissance au deuxième groupe agricole européen, présent dans une trentaine de pays, et exploitant plus de 90 sites industriels dont 59 en France, notamment dans le Grand Est. D’ailleurs le président de la Région, Jean Rottner, a été l’un des premiers à se féliciter de « la naissance d’un géant made in Grand Est ». « C’est avec une grande satisfaction que j’apprends les négociations menées entre ces deux groupes emblématiques du secteur agricole et agroalimentaire. Elles contribueront sans conteste à l’attractivité et au rayonnement économique de notre Région à l’échelle internationale », explique Jean Rottner qui « salue aujourd’hui le travail et la dynamique impulsée par les deux entrepreneurs, leurs équipes et l’ensemble de leurs salariés qui permettent de faire de ce nouveau groupe, un leader européen. Je tiens particulièrement à saluer leur choix de privilégier l’expertise française tournée vers l’innovation et vectrice d’excellence dans les domaines de la transition agricole et alimentaire », conclut-il. Les acteurs de ce rapprochement annoncé mettent en avant la complémentarité de leurs métiers. Par exemple, Soufflet est un champion international du malt et s’est développé dans la boulangerie industrielle, deux secteurs où InVivo est peu présent. À l’inverse InVivo est très présent dans la jardinerie contrairement à Soufflet. « La réussite de ce rapprochement reposerait sur la préservation de l’identité de chaque groupe, en continuant à mettre en valeur leurs racines, leurs notoriétés et leurs empreintes locales comme internationales, afin de leur permettre de poursuivre leur développement respectif, au service de leurs partenaires, qu’ils soient industriels ou agriculteurs, dans la logique des filières céréalières construites au fil des ans », estime Jean-Michel Soufflet, président du directoire du groupe Soufflet, dont le siège est à Nogent-sur-Seine, dans l’Aube. « En nous rapprochant d’InVivo, notre groupe familial trouverait une solution franco-française pour pérenniser son identité, assurer la continuité de ses activités et préserver son ancrage nogentais et sa présence régionale », poursuit-il. 

IDENTITÉ PRÉSERVÉE 

Son père Michel, est sur la même longueur d’onde. « L’empreinte et les valeurs familiales du Groupe Soufflet demeurent les atouts incontestés de notre identité et jouent un rôle crucial dans la relation de confiance que nous entretenons avec les agriculteurs, nos partenaires depuis plus de 120 ans. Avec ce projet, le Groupe pourrait ainsi continuer à servir et aider ses clients agriculteurs à se développer, comme ils l’ont toujours fait avec lui », avance Michel Soufflet qui occupe toujours le poste de président du conseil de surveillance. Né il y a 120 ans à Nogent-sur-Seine, le groupe Soufflet a atteint une dimension internationale. Pour l’actuel dirigeant, Jean-Michel Soufflet, 63 ans, qui n’a pas de successeur, et pour son père Michel, 90 ans, il était temps de trouver un repreneur qui puisse continuer de développer le groupe aubois. 

C’est ce qui est prévu avec InVivo car chacun devrait pouvoir conserver son identité dans un ensemble qui dépassera les 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé (5,5 milliards pour InVivo et 4,866 milliards pour Soufflet). Pour le président d’InVivo, le lorrain Philippe Mangin, « le rapprochement de [leurs] deux Groupes permettrait ainsi, avec une réponse 100 % française, de relever ce défi et constituerait un fer de lance au service de la transition agricole et des intérêts de la Ferme France ». Il reste encore à obtenir le feu vert de l’autorité de la concurrence, compétente en matière de concentration, les deux acteurs s’étant fixé la fin de l’année 2021 pour concrétiser l’opération. 

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