Rubix S&I vise le marché américain

La start-up toulousaine vient de lever 7 M€. De quoi poursuivre sa R & D et booster son business.

Jean-Christophe Mifsud est un habitué. En quatre ans d’existence, sa start-up, Rubix Senses & Instrumentation, qui développe des objets connectés pour le suivi et l’identification en continu des nuisances, a déjà participé trois fois au CES de Las Vegas. La jeune pousse toulousaine, qui emploie une vingtaine de personnes, a développé deux produits phares : le Rubix Pod pour la surveillance de l’atmosphère intérieure et le WT1 pour l’extérieur. Des produits qui ont déjà conquis plus de deux cents clients dans le monde dont près de 80 appartiennent au Fortune 500, le classement des 500 plus grosses entreprises américaines – la TPE réalisant plus de 50 % de son CA à étranger. De fait, avec ses capteurs associés à l’IA et ses banques de données, Rubix S&I vise un très large éventail de marchés : l’environnement, la santé, les transports, la maison… « Ces capteurs permettent de mesurer et d’identifier les nuisances subies par le collaborateur, le client, le citoyen, dans les parcs industriels, les usines de traitement de déchets, les installations aéroportuaires, les hôpitaux, les galeries marchandes, les open spaces, etc », détaille Jean-Christophe Mifsud. Nuisances qui, ajoute-t-il « se résument à une quinzaine de facteurs comme les gaz et les odeurs, les sons et les bruits, les particules et les allergènes, auxquels s’ajoutent les vibrations, la lumière, les cycles circadiens… L’objectif étant de maximiser le confort de ces collaborateurs, clients et citoyens, afin de maximiser la productivité de la surface. » En d’autres termes, l’objectif est de faire en sorte « que les gens se sentent tellement bien, qu’ils restent fidèles à leur employeur, leur galerie marchande ou à leur ville. »

Sur ce marché des capteurs déjà bien encombré, la grande force de Rubix S&I est d’avoir « développé, en associant des capteurs miniaturisés de gaz, d’odeurs ou de particules, à l’intelligence artificielle, ce que l’on appelle la reconnaissance de signatures. Nous sommes ainsi capables de reconnaître les odeurs de moisi, de colle, de cigarette, les odeurs corporelles, etc. Même chose pour les sons : nous savons reconnaître le bruit d’une Harley Davidson, de travaux publics, celui d’un accident de voiture ou d’un coup de fusil. Cette capacité d’identification permet d’apporter la réponse adaptée. »

BANQUES DE DONNÉES DE NUISANCES

En janvier, à Las Vegas, la start-up a dévoilé sa plus dernière innovation, le RubixWear. Le nouveau dispositif connecté permet à l’utilisateur qui le porte de monitorer de nombreux paramètres pour la pratique du sport (mesure de la qualité de l’air, l’haleine, la salive, la sueur, etc.) et dans le domaine de la santé (surveillance du rythme respiratoire ou d’autres indicateurs liés à des pathologies tel le diabète, etc.). Forte d’une douzaine de brevets, Rubix compte déjà dans ses banques de données quelque 200 insalubrités et 15 000 sons… qu’elle met à la disposition de ses partenaires. « Nous ne vendons pas en direct mais par l’intermédiaire de partenaires de distribution les moyens de gestion des buildings, des villes, des sites industriels, etc., de manière à protéger les collaborateurs et les personnes qui habitent dans le voisinage. » Pour poursuivre ses efforts de R & D, elle vient de clore avec succès une levée de fonds de 7 M€ à laquelle ont participé les partenaires historiques de l’entreprise Active’Invest et Rochefort & Associés, Evolem Start et CPG, rejoints au capital par le néerlandais PureTerra Ventures, Airbus Ventures, Groupe ADP et M Capital à Toulouse. Des fonds qui permettront aussi à l’entreprise d’accélérer son développement commercial. Elle prévoit d’étoffer son bureau parisien et d’en créer un second sur la côte est des États-Unis « en vue, non de vendre en direct, mais de servir de support à nos clients clés. » Cette nouvelle agence devrait ouvrir d’ici juin 2020. Avant la fin de l’année Rubix S&I prévoit de doubler son effectif.

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