Relance : les partenaires sociaux et la région s’engagent

Les représentants régionaux des organisations syndicales et patronales ont été reçu au Conseil régional pour la première réunion de travail dans le cadre du plan d’accélération de l’investissement. Avant cela, tous ont signé une charte régionale d’engagement.

Tous ont souligné son caractère inédit, une charte d’engagement a été rédigée de concert et signée par les partenaires sociaux et la région, dans le cadre du plan d’accélération des investissements régionaux. Une nouvelle étape qui marque le début d’un dialogue social renforcé avec pour principal objectif de favoriser la relance économique en conditionnant les aides financières supérieures à 50.000 euros octroyées aux entreprises du territoire.

Mardi 9 mars, les représentants des organisations syndicales et patronales de Bourgogne Franche-Comté étaient reçus au Conseil régional, par la présidente Marie-Guite Dufay, pour signer ensemble une charte d’engagement dans le cadre du plan d’accélération des investissements régionaux. « Cette charte est unique en France puisqu’à l’occasion de notre plan de relance, nous avons voulu faire en sorte que des engagements soient pris par des entreprises, à partir du moment où elles bénéficiaient d’aides publiques, sur quatre thématiques : l’emploi, la solidarité, les conditions et organisations du travail et la transition écologique et énergétique », développe la présidente de région. Parmi les signataires, des représentants d’organisations syndicales, à l’image de Fabian Clément, co-secrétaire de la FSU BFC, Alex Freze, trésorier de la CFE-CGC BFC, Stéphane Matthey, secrétaire régional de l’UNSA BFC, Christian Munsch, président de la CFTC BFC, Laure Nicolaï, secrétaire générale de la CFDT BFC, et Philippe Texier, secrétaire régional CGT BFC, ainsi que des représentants des organisations patronale comme Louis Deroin, président de la CPME BFC, et Christophe Desmedt, président de l’U2P BFC. « Je regrette profondément que deux signataires ne soient pas présents autour de la table, alors qu’ils ont travaillé et fort bien », poursuit Marie-Guite Dufay, soulignant l’absence du Medef et de l’État : « L’État en région ne peut signer sans le feu vert au niveau national, ce qui est le cas aujourd’hui ». Contacté par téléphone, le Medef a lui aussi tenu à expliquer son absence. « La présidente a voulu que les entreprises, pour pou- voir être accompagnées financièrement, s’entourent du comité d’entreprise. Or, les entreprises, dans les prochains mois, vont avoir besoin de rebondir et pour le Medef, il n’est pas envisageable de leur imposer des contraintes supplémentaires, explique Jean-Philippe Richard, président du Medef BFC. Toutefois, Le Medef a bien l’attention de continuer à travailler avec la région, nous avons beaucoup de dossiers en commun et nous nous tenons disponible pour accompagner la région dans sa volonté de favoriser le développement économique et la bonne santé de entreprises du territoire. Nous saluons d’ailleurs l’initiative du Conseil régional d’avoir mobilisé des moyens supplémentaires au plan de relance pour permettre à nos entreprises de rebondir et de se refaire une santé. Nous avons tout de suite répondu présents et avons travaillé avec l’ensemble des organisations syndicales et patronales à la rédaction de cette charte ».

VERS UN HAUT NIVEAU DE DIALOGUE SOCIAL

Au total, 25 engagements ont été établis grâce à un travail de près de six mois entre la région, l’État et les organisations syndicales et patronales. « Ce n’est que du bon sens et de la coopération », estime Marie-Guite Dufay. Un point d’ailleurs souligné par l’ensemble des organisations signataires. « Nous espérons poursuivre un dialogue constructif et encore plus concret avec l’ensemble des acteurs. Nous avons l’objectif politique, maintenant, rentrons dans le dur, faisons des propositions concrètes, parlons-nous et ensemble nous trouverons des solutions pour les jeunes et les plus fragiles de la région », confie Laure Nicolaï, secrétaire générale de la CFDT BFC, rejointe par la CGT : « Nous avons besoin maintenant de rentrer dans le détail », confesse son secrétaire régional Philippe Texier. De son côté, la CFTC affirme vouloir être « vraiment partie prenante sur l’élaboration et les résultats », même si elle « regrette seulement un point, que le gouvernement ne se soit pas engagé là-dessus, alors que quelque part, il a fait en sorte qu’on puisse le faire. La signature de l’État aurait donné un poids supplémentaire ». La CFE-CGC a elle mis en lumière un de ses principes fondamentaux : « en construisant des ponts, on arrive plus facilement à un résultat commun. Avec cette charte, le pont se retrouve principalement dans la notion de dialogue social ». Le dialogue social est certainement le terme qui est le plus revenu durant cet échange. « Un matinée qui fait la part belle au dialogue social, un an jour pour jour après le début de cette crise sanitaire, souligne Stéphane Matthey, secrétaire régional de l’UNSA. Partout où nous avons voulu arrêter de reculer face à la Covid-19, il a fallu mettre en place un haut niveau de dialogue social. Si nous avons cessé de reculer, il va maintenant falloir avancer ». Ce dernier espère d’ailleurs « pouvoir trouver le moyen de réassocier à nos échanges les partenaires avec qui nous avons travaillé et qui ne sont pas là aujourd’hui ». « Certes le texte définitif ne satisfait pas pleinement toutes les parties prenantes, mais il repose sur des compromis, estime Fabian Clément. Pour la FSU, il importait de saisir cette opportunité et de rappeler ces exigences essentielles pour les parties prenantes, à savoir la transparence et la responsabilité qui s’impose dès lors qu’il s’agit de dépenses publiques ». De son côté, la CPME a tenu à souligner que « l’écoute réciproque que nous avons pu avoir ne doit pas non plus être le tremplin à d’autres combats que celui qui nous anime et qui consiste à faire tourner nos entreprises et notre territoire et à faire avancer notre capacité à avoir le meilleur taux d’emploi possible ». Enfin, l’U2P souhaite que « pour toutes les entreprises qui vont être malheureusement amenées à baisser le rideau, il faudra collectivement nous mobiliser pour accompagner salariés et chefs d’entreprise et leur permettre de rebondir. Nous sommes convaincus que la relance de l’économie passera par celle de l’économie de proximité ».

À l’issue de cette signature, les organisations syndicales et patronales ont été invitées par la région à procéder à la première réunion de travail dans le cadre de l’application du plan d’accélération de l’investissement, en présence de l’État en région, en visio.

De gauche à droite : Fabian Clément, co-secrétaire FSU BFC, Christian Munsch, président CFTC BFC, Laure Nicolaï, secrétaire général CFDT BFC, Louis Deroin, président CPME BFC, Marie-Guite Dufay, présidente de région, Christophe Desmedt, président U2P BFC, Alex Freze, trésorier CFE-CGC BFC, Philippe Texier, secrétaire régional CGT BFC, et Stéphane Matthey, secrétaire régional UNSA BFC.

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