Près d’une entreprise auboise sur deux en chômage partiel

L’usine Michelin de La Chapelle-Saint-Luc, qui a eu recours au chômage partiel, relance progressivement la fabrication de pneus agricoles depuis début avril, pour retrouver 50 % de sa production à la fin du mois.

Dans l’Aube, le recours aux divers dispositifs de soutien aux activités économiques se généralise.

Les indicateurs suffisent pour mesurer l’impact profond de la crise sanitaire sur l’économie locale. Ainsi, plus d’un salarié aubois sur deux a connu le chômage partiel et plus de 44 % des entreprises auboises ont eu recours à ce dispositif. Stéphane Rouvé, préfet de l’Aube, Armelle Léon, responsable départementale de la Direccte et Christine Bessou-Nicaise, directrice départementale des Finances publiques, ont dressé le bilan, arrêté au 22 avril, des mesures dont ont bénéficié les entreprises auboises dans le cadre des mesures de soutien économique et financier de l’Etat. Parmi les 4 086 demandes d’activité partielle comptabilisées, près de 78 % concernent des entreprises de moins de dix salariés. « Cela représente 39 450 salariés dans l’Aube et un volume de plus de 18,6 millions d’heures », indique Armelle Léon. Tous les secteurs économiques ont déposé des demandes, les plus impactés étant le commerce (25 % des demandes), la construction (14,5%), l’hébergement et restauration (11,5%) et enfin l’industrie (8,8%). Le niveau de chômage partiel restera élevé puisque, à partir du 1er mai, les salariés qui étaient arrêtés dans le cadre d’une garde d’enfant ou une situation de santé vulnérable vont basculer pour être pris en charge par le dispositif d’activité partielle.

LES TRÉSORERIES FRAGILISÉES

Au niveau financier, 2 658 entreprises auboises avaient eu recours, au 22 avril toujours, au fonds de solidarité financé par l’État, les Régions et les assurances. Le montant moyen de l’aide était de 1 320 euros établissant le total versé à ce titre à 3,5 millions d’euros. D’autre part, depuis le 17 mars, 24,9 millions d’euros ont été remboursés aux entreprises auboises, de manière accélérée, à divers titres (crédits de TVA, crédits impôt-recherche, crédits compétitivité emploi, remboursement d’acompte sur les sociétés et de taxes sur les salaires). « Sur une période ordinaire, le remboursement par l’État aurait été d’environ 8 millions d’euros », souligne Stéphane Rouvé. D’autres ont profité de remboursements accélérés de crédits d’impôts, notamment liés aux remboursements d’acomptes d’impôt sur les sociétés et de taxe sur les salaires ou encore de crédits de TVA. Enfin, 222 entreprises auboises auront par ailleurs bénéficié de report d’échéances fiscales. Bien d’autres leviers ont été actionnés tels que le recours au médiateur des entreprises ou du crédit, le report de six mois des échéances bancaires, la mise en place d’un PGE (prêt garanti par l’Etat), les délais de paiement d’échéances sociales et fiscales. La situation étant très évolutive, tous les acteurs économiques aubois se réunissent chaque semaine à l’initiative de la CCI de l’Aube. Par ailleurs, la préfecture auboise a activé une cellule départementale de détection et d’accompagnement des entreprises en difficultés, notamment pour les sociétés ne pouvant bénéficier des divers dispositifs et présentant une trésorerie très dégradée.

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