Agnès CigliaPour une réalité mieux que virtuelle

Agnès Ciglia pose dans un des huit espaces d’immersion du Virtuel Center Troyes.

Après avoir élevé ses trois enfants, l’ancienne opticienne a ouvert le Virtuel Center Troyes en décembre dernier.

Originaire de Cambrai et avec en poche un BAC D, une première année de médecine et un BTS optique, Agnès Ciglia avait commencé sa carrière professionnelle chez Grand Optical, à Évry, en région parisienne. En 1991, au bout de deux ans, elle quitte son emploi d’opticienne . Et se marie un an plus tard avec Jean-François, directeur commercial à l’export dans le secteur automobile chez Vallourec, spécialisé dans la vente de tubes en acier. En 1996, sa mutation au siège social de Saint-Florentin, dans l’Yonne, amène le couple à quitter Paris, un projet qui ne demandait qu’à se réaliser. « Je viens de Cambrai et mon mari des Ardennes. Nous avons choisi de nous installer à Troyes – plutôt qu’à Auxerre – car la ville est bien desservie au niveau des autoroutes », explique Agnès Ciglia.

Leur premier enfant, Émilie, naît en 1996. Antoine et Thomas naîtront respectivement en 1999 et 2002. « J’ai mis ma carrière professionnelle entre parenthèses, par choix et avec plaisir », souligne-t-elle. Avant d’ajouter : « Cela m’a permis pendant vingt trois ans d’être avec mes enfants et de suivre leurs études et de les accompagner dans leurs activités extrascolaires, sportives ou musicales ». Il était inimaginable pour Agnès Ciglia, fille de pianiste accompagnatrice, de ne pas donner à ses enfants l’occasion d’avoir accès à l’enseignement de la musique. Et si le plus jeune d’entre eux a choisi la batterie, les deux autres jouent du piano. Question sport, c’est le tennis qui a la faveur d’Émilie et de Thomas, alors qu’Antoine pratique le karaté.

CRÉATION D’ENTREPRISE

Les enfants ont grandi – le dernier est en terminale – et le temps est venu pour la mère de famille de s’investir dans un projet la concernant plus personnellement. Quoique. « La création du Virtuel Center Troyes est un projet familial. Je suis la présidente de la SAS et mon mari et mes enfants sont associés. D’ailleurs c’est toujours une histoire de famille chez nous. Les enfants se sont construits comme ça et n’envisageraient pas de faire autrement. C’est une évidence pour eux. On nous surnomme la tribu », observe la chef d’entreprise qui a ouvert le lieu le 18 décembre dernier. Quant au choix de l’activité, c’était là aussi une évidence. Le fait d’être à l’écoute des nouvelles technologies, dans l’air du temps, a bien sûr été le premier ancrage. Et Antoine, en licence informatique, à Reims, est capable de trouver des solutions en cas de bug informatique, ce qui est un atout indéniable.

Le choix de la franchise n’est pas un hasard non plus. « Christophe Aymé, l’un des créateurs de la franchise Virtuel Center – avec Dominique Mendiant, qui a eu l’idée de départ – est un ami », fait-elle valoir.

UN ESPACE DE 300 M2

« Nous disposons d’une grande hauteur sous plafond car ce lieu a été un garage au début du siècle dernier. En plus des 200 m2 dédiés aux jeux, nous avons ainsi pu aménager un espace de 100 m2 à l’étage, réservé aux réceptions et aux réunions. Cela nous permet notamment d’accueillir des fêtes d’anniversaires. Et de privatiser les lieux, qui peuvent recevoir jusqu’à 60 personnes. Celles-ci pouvant se diviser en deux groupes, dont un peut regarder d’en haut l’autre jouer », explique la maîtresse des lieux, qui commence à développer avec les entreprises et les CE des team buildings, basés sur le côté ludique. Des partenariats avec d’autres entreprises de divertissement sont également à l’étude.

Et côté jeux, entre le pôle « attraction », le pôle « racing » et le pôle « espaces d’immersion », il y en a pour tous les goûts avec la réalité virtuelle. Descentes à ski, montagnes russes, sorties dans le cockpit d’un avion de chasse ou même vols parmi les fleurs sur le dos d’une abeille : la plateforme vibrante et les deux « eggs » (œufs) du pôle « attraction » proposent respectivement pas moins de 130 et 140 tableaux. « Le pôle racing comprend deux simulateurs montés sur vérins. Équipés de masques et de casques, avec possibilité de repasser sur un écran, deux personnes peuvent faire la course ensemble sur le même circuit. Nous avons 40 circuits différents, indique-t-elle. Le but à terme est de monter des compétitions, en interne puis, à moyen terme, des compétitions intercentres ».

ESPACES D’IMMERSION

Dans des espaces ouverts d’environ dix mètres carrés chacun, les joueurs munis de masques et de manettes semblent évoluer dans un autre monde. Et pour cause. Certains s’essaient à Beat Saber – un jeu consistant à couper des cubes en fonction de leur couleur et de l’angle de leur trajectoire – ou à Indy Run, ce jeu de réflexe qui vous fait bondir, esquiver et attraper les pièces en même temps. « Les jeux sont appelés à être renouvelés en fonction des créateurs et de la demande de la clientèle. Ce n’est pas figé dans le temps », observe Agnès Ciglia, tout en présentant les huit espaces d’immersion. « Les jeux à plusieurs, comme After H, un jeu de combat un contre un ou jusqu’à quatre contre quatre, permettent de fédérer les jeunes. Car le but du Virtuel Center est que les jeunes qui jouent habituellement chez eux puissent se rencontrer. Finalement, un lieu comme celui-ci permet à toute une catégorie de population d’avoir accès à une technologie qui coûte cher et de pouvoir jouer en même temps et au même endroit que leurs amis. »

LES ABYSSES EN RÉALITÉ VIRTUELLE

En plus des jeux, ces espaces permettent la découverte par l’expérience en immersion totale : une sortie dans l’espace ou bien sous l’eau, au milieu des baleines et des tortues. Ou encore la possibilité de visiter la galerie des glaces ou les jardins du château de Versailles sous forme de dessins. Le virtuel Center propose également des escape games, plus de 650 jeux sur une borne d’arcade et une quarantaine de tableaux sur un flipper.

Agnès Ciglia envisage à plus long terme un développement professionnel, avec le médical et le paramédical . « La réalité virtuelle peut être utilisée pour traiter les phobies. Il s’agit d’apprendre au cerveau à appréhender et maîtriser le vertige ou la phobie des araignées et des serpents par exemple. La seule limite réside dans la réalisation de supports. Un autre aspect de développement pour les entreprises concerne l’organisation de réunions permettant aux gens d’interagir, sans que toutes les personnes soient obligées de se déplacer. Car la réalité virtuelle est un outil formidable pour mettre les gens dans une situation sans être obligé d’être dans un lieu spécifique ».

Parcours

1968 Naissance le 12 octobre à Cambrai (Nord).
1989 BTS optique.
1990 Opticienne chez Grand Optical, à Évry (Essonne).
1996 Arrivée à Troyes. Naissance d’Émilie. Antoine et Thomas naîtront en 1999 et 2002.
2019 Ouverture de Virtuel Center Troyes le 18 décembre.
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