« Personne ne pourra dire qu’on ne savait pas », le final des 5 ans de présidence de Patrick Tassin

Patrick Tassin quitte la présidence du CESER après cinq années de bons et loyaux services.

Élu en 2016 et réélu en 2019, Patrick Tassin, pas candidat à un nouveau mandat, vient de quitter la présidence du Conseil Economique, Social et Environnemental du Grand Est. Il laisse à la Région, la version « Meilleur Conseil Régional » du CESER.

«C’est la dernière journée de plénière pour moi… » Ainsi débute l’intervention liminaire de Patrick Tassin qui, pour la dernière assemblée de son mandat, souhaite surtout s’exprimer sur la crise et ses dégâts sociaux et économiques qui risquent d’être considérables et de durer longtemps. Dans cette pandémie, le Grand Est se trouve fortement impacté, parmi les régions les plus touchées lors de la première vague et concernée, dans sept de ses dix départements, dès les quinze premiers couvre-feux nationaux de la deuxième vague. 

UN SYSTÈME ÉDUCATIF QUI N’ACCUEILLE PLUS LES JEUNES 

L’avenir est incertain, souligne le Président sortant du CESER qui cite tous les secteurs en détresse et note : « Aujourd’hui, nombre de chefs d’entreprise et de salariés sont en détresse morale et psychique, face à l’impossibilité d’entrevoir une issue positive à cette crise. Beaucoup craignent l’avenir proche, lorsque les différents dispositifs de soutien s’arrêteront, une explosion de faillites est à craindre. Il faudra que la réduction du filet de sécurité apporté par l’Etat et les collectivités aux entreprises ne se fasse pas brutalement ». 

Patrick Tassin aborde l’exposition particulière des jeunes à la crise : des périodes sans écoles, sans activités sportives et culturelles, des lycéens et étudiants privés de liens sociaux, l’essentiel de l’enseignement supérieur fermé depuis bien trop longtemps, l’obtention compliquée d’un premier emploi ou d’un stage et la pauvreté qui concerne 50 % des moins de 30 ans. Sur ce sujet, il ajoute : « Ainsi, si les jeunes développent des formes bénignes de la Covid-19, la crise affecte néanmoins leur santé en générant ou aggravant des troubles psychiques ou psychologiques. Les suicides ou tentatives, particulièrement pour les étudiants, sont une alerte pour les socioprofessionnels que nous représentons ». Le monde associatif, 30 000 structures et 60 000 emplois menacés au niveau national, est en sommeil et si les aides existent elles sont trop faibles et les collectivités ne financent plus nombre d’activités stoppées depuis longtemps. Critiquant un Ségur de la Santé qui n’a pas été au niveau attendu, Patrick Tassin pointe la situation observée depuis quelques années par le CESER : « Moins d’établissements, moins de lits, moins de personnel. Dès la première vague, le système a été submergé dans le Grand Est ». 

Au final, Patrick Tassin vise le Conseil régional, à travers les 100 propositions du CESER, éclairage de la crise et de ses conséquences et véritable bible pour la politique régionale, version société civile organisée. Le Président Tassin conclut : « Et personne ne pourra dire qu’on ne savait pas ». 

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