Patrick Toulmet : « L’apprentissage est une voie royale »

Patrick Toulmet s’est entretenu avec le responsable de la formation plomberie (à gauche), avant d’échanger avec les jeunes apprentis de 1ère année.

En déplacement à Reims vendredi dernier, Patrick Toulmet, délégué interministériel au développement de l’apprentissage dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, a rappelé tout l’intérêt de cette formation, et son essor dans le cadre de la loi de 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Accueilli par Djamel Aksas, le nouveau directeur du CFA BTP du Grand Est, à Reims, Patrick Toulmet, le délégué interministériel au développement de l’apprentissage, n’a pas boudé son plaisir d’aller à la rencontre des jeunes en formation. Il est vrai qu’il connaît un peu le sujet (c’est pour cela qu’il est délégué interministériel !) pour être lui-même passé par l’apprentissage (CAP de prothésiste dentaire), avoir créé son entreprise, puis présidé la Chambre de métiers et de l’artisanat de Seine-Saint-Denis et dirigé le CFA de Bobigny (le plus important de France).

À ses yeux, « l’apprentissage est une voie royale » en termes de formation et d’avenir professionnel, puisque plus de 85 % des apprentis trouvent un emploi à l’issue de leur cursus. D’ailleurs, il constate avec satisfaction l’évolution des mentalités à l’égard de l’apprentissage qui n’est plus considéré comme une situation d’échec scolaire, et en veut pour preuve une augmentation de 16 % des contrats d’apprentissage entre 2019 et 2020 et de… 40 % entre 2020 et 2021.

Un résultat également attribué aux effets de la loi du 5 septembre 2018 portant réforme de la formation professionnelle. À cela, s’est ajoutée l’aide exceptionnelle apportées aux entreprises dans le cadre d’une prime à l’embauche en contrat d’apprentissage. Pour la première année d’exécution des contrats conclus entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021, cette aide s’élevait à 5 000 € pour un apprenti de moins de 18 ans, et 8 000 € s’il avait plus de 18 ans, majoré dans les deux cas de 4 000 € en cas de handicap.

SÉCURISER LE PARCOURS DE FORMATION

Une aide qui devrait être maintenue pour 2021/2022 – c’est en tout cas une volonté forte de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Elisabeth Borne, dont dépend la délégation interministérielle. « Actuellement, la France compte plus de 500 000 apprentis », notait Patrick Toulmet, qui aime à rappeler que « au bout de quelques mois, l’apprenti est le salarié le plus rentable de l’entreprise. »

Porter la bonne parole et encourager les jeunes, mais également prendre le pouls du terrain et en faire remonter les problématiques aux différents ministères, tel est le sens des déplacements de Patrick Toulmet. Au CFA BTP du Grand Est (700 apprentis, du CAP au diplôme d’ingénieur), il a ainsi échangé avec Djamel Aksas qui n’a pas manqué de lui parler de la récurrente difficulté à rapprocher besoins des entreprises et formation des apprentis. La sécurisation du parcours de formation, pour faire de l’apprentissage et de l’alternance un mode pleinement conventionnel de formation (c’est notamment le sens de la réforme de 2018) est aussi une préoccupation des responsables. Nul doute que le délégué interministériel l’aura parfaitement entendu.

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