Nexans veut céder ses usines de Fumay et Vrigne-aux-Bois

Alors que l’usine de Fumay est spécialisée dans la production de câbles LAN, celle de Vrigne-aux-Bois est experte dans la fabrication de composants pour les réseaux de télécommunication.

Le câblier français lance une grande réorientation qui devrait concerner les deux sites de production ardennais lesquels emploient au total près de 350 salariés.

À l’occasion d’une commission sociale économique centrale organisée le 18 février, le groupe Nexans a annoncé aux représentants syndicaux son intention de changer de stratégie et de se recentrer progressivement sur l’énergie verte et les métiers liés à l’électrification en trouvant de quoi financer ses futurs investissements.

Selon FO, le câblier se séparerait de la moitié de ses effectifs (environ 2 300 salariés à l’heure actuelle) en taillant dans les branches télécom, ISP (aéronautique, ferroviaire et métallurgie) et celle des harnais (automobile). Cette mesure concerne les deux unités de production ardennaises de Fumay (150 salariés) et Vrigne-aux-Bois (200 employés dont 50 à Nanterre).

D’ici 2024, échéance fixée par la direction du câblier, ces deux PME pourraient sortir du portefeuille Nexans et être revendues à d’éventuels repreneurs via une cession ou à des partenaires par le biais d’une joint-venture.

Un véritable coup de massue pour les personnes de Nexans dans la Pointe des Ardennes et de Nexans Interface à Vrigne-aux-Bois qui, même si des rumeurs commençaient à circuler sur d’éventuelles menaces, ne s’attendaient pas à une mesure aussi extrême qui fait, bien sûr, naître beaucoup d’inquiétudes sur place sur leur avenir.

Nexans a toutefois assuré qu’il n’y aura aucune fermeture de site et de licenciements dans ces opérations qui visent apparemment à avoir des sites de production plus spécialisées que généralistes. « Il n’y a pas encore de projets, ce sont des intentions stratégiques et il n’y a pas à ce stade à préciser le nombre de sites et de salariés concernés », a fait savoir Xavier Mathieu, membre de la direction Nexans.

SI FUMAY A DÉJÀ SOUFFERT, VRIGNE-AUX-BOIS PARAÎT SOLIDE

Spécialisé dans la construction de câbles LAN (Local Area Network) à raison de 100 000 kilomètres par an à destination de Nexans Cabling Système en Belgique, Schneider, Huawei, Alliance Com, R 1 M, Orange, SFR et de nombreux autres acteurs de la distribution, l’entreprise fumacienne qui s’est tour à tour appelée Cabeltel, Filotex, Alcatel puis Nexans à partir de 2001, a connu plusieurs périodes de turbulences marquées par différents plans sociaux qui ont fait fondre ses effectifs de 600 à 150 aujourd’hui.

Mais après avoir investi 3,5 millions d’euros dans une ligne de production plus moderne et grâce aussi à une nouvelle organisation de travail et à la remise en état de certaines machines, la plus importante industrie de la cité de l’ardoise a semblé remonter la pente en diminuant ses pertes, passées de 3,6 millions à 700 000 euros. À Vrigne-aux-Bois, Nexans Interface, qui a fêté son centenaire le 20 juin 2019 est experte dans la fabrication de composants pour les réseaux de télécommunication. La PME vrignoise dirigée par Jean- Christophe Monatlik a longtemps été considérée comme un acteur majeur dans le déploiement de la fibre optique et un expert des accessoires de solutions du raccordement pour les réseaux de télécommunication cuivre/ADSL. Installée dans un bâtiment de 13 000 m2 répartie en six ateliers composés de chaînes de montage entièrement automatisées, Nexans Interface regroupe trois métiers : l’injection thermo-plastique, la tôlerie fine et l’assemblage-câblage.

Rayonnant à l’International, elle réalisait encore un chiffre d’affaires de 61 millions d’euros en 2018 sur un marché porteur.

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