Metabsorber une start-up bisontine qui va faire du bruit

Aliyasin El Ayouch, président de Metabsorber présente son innovation qui permet de transformer n’importe quel matériau en absorbant sonore.

Créée en 2020, la start-up Metabsorber commercialise un concept innovant capable de transformer n’importe quel matériau en absorbant sonore. Bâtiment, transports, industrie… les secteurs potentiellement intéressés par cette révolution technologique sont pléthore.

Tout est parti de l’arrivée du tramway à Besançon, dont les travaux de construction ont constitué une source de nuisances sonores pour les habitants. Face à cette problématique, dès 2012, l’ancienne région Franche-Comté avait alors soutenu des travaux de recherche portés par Aliyasin El Ayouch, alors chercheur-doctorant, sous la direction du Professeur Abdelkrim Khelif, maître de conférences au sein de l’université de Franche-Comté. Par la suite, un programme de prématuration avec le CNRS avait permis de déterminer les verrous techniques à lever pour la mise en œuvre du projet. Nos deux scientifiques ont ensuite été accompagnés par la Société d’accélération du transfert de technologies (Satt) Sayens au travers d’un programme de maturation dédié, de la protection des résultats jusqu’à leur transfert en spin-off créée à cet effet. Baptisée Metabsorber, celle-ci a également bénéficié de l’accompagnement de l’incubateur régional DECA-BFC. « Nous avons très vite détecté que le projet porté par Aliyasin El Ayouch et Mahmoud Addouche avait un vrai potentiel pour devenir une start-up. Nous avons ainsi investi 400.000 euros pour accompagner ce qui allait devenir Metabsorber, au travers notamment de financements dans la R&D, la propriété intellectuelle, la recherche des premiers clients (des négociations avec un grand compte sont d’ailleurs en cours)… développe Catherine Guillemin, présidente de la Satt Sayens. L’accompagnement de Metabsorber met également en lumière l’écosystème d’intelligence collective présent sur notre territoire ». « Nous avons été lauréats du CNRS, hébergés depuis le début par l’institut Femto ST (laboratoire rattaché aux établissements d’enseignement supérieur de Bourgogne-Franche-Comté : UBFC, UFC, Ensmm, UTBM), qui a mis à notre disposition des locaux et des chercheurs. À cela s’est ajouté l’accompagnement de DECA BFC et de Sayens pour construire notre vision stratégique, réaliser les dépôts de brevets et décrocher les premiers contracts, mais aussi les financements de la région pour les travaux de recherche, les tests et le prototypage… Au total, ce “jeux collectif ” aura permis de débloquer un million d’euros », appuie Aliyasin El Ayouch. «Metabsorber met en lumière l’excellence scientifique de la recherche publique en matière d’innovation technologique. Promise à de belles perspectives de développement, nous restons à ses côtés pour lui apporter le support en matière de valorisation dont elle peut avoir besoin pour son évolution », souligne encore Catherine Guillemin. 

DES DÉBOUCHÉS MULTIPLES 

Véritable technologie de rupture, le process imaginé par la start-up spécialisée en ingénierie des métamatériaux appliqué au traitement acoustique, promet des avancées inédites en matière de lutte contre les nuisance sonores. Ce concept breveté de contrôle des ondes sonores et de réduction du bruit grâce au design, permet de transformer n’importe quel matériaux en absorbant sonore grâce à une modification à l’échelle macroscopique de leur structure et à l’ingénierie des métamatériaux acoustiques. 

« Les nuisances sonores envahissent notre quotidien. Le coût de leur impact sur notre santé est estimé à 57 milliards d’euros par an, rien qu’en France. C’est pour répondre à cet enjeu de santé publique que nous avons créé Metabsorber, explique Aliyasin El Ayouch. Jusqu’à présent, pour traiter un lieu phoniquement, Nous utilisions des materiaux spécifique qui absorbent le bruit comme la laine de roche ou la mousse. Ces produits sont lourds et ont chacun leurs propres propriétés qu’il est souvent nécessaire de combiner pour optimiser les performences accoustiques. Avec notre technologie, plus besoin de recourir à ces outils : le bois, les plastiques… tous matériaux peut être rendu efficace pour absorber les sons. De plus, il est possible de réduire l’épaisseur de l’absorbant et de moduler les performances d’absorption du bruit. Le gain de poids est de l’ordre de 50 à 70 % par rapport aux matériaux classiques, tout en conservant les même propriétés accoustiques ». 

Aujourd’hui, Metabsorber met en œuvre sa technologie dans le secteur du bâtiment, notamment auprès d’écoles du Grand Besançon Métropole, pour fournir un mobilier acoustique (tables, séparateurs) aux classes et cantines scolaires. Pour la suite, la start-up a pour objectif de s’attaquer à l’industrie et aux transports (aéronautique, ferroviaire, automobile) où les exigences techniques, dont notamment celles liées à la baisse du poids, sont un vrai challenge. 

Un exemple d’application dans une classe d’école.

Catherine Guillemin, présidente de la Société d’accélération du transfert de technologies (Satt) Sayens.

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