L’Espace 18 vise la labellisation Fabrique de territoire

Dans le cadre de ses visites de terrain, Jean Rottner est venu encourager les projets de l’Espace 18 à Sézanne.

L’Espace 18, tiers-lieu sézannais né en 2015, a accueilli dans ses locaux le président de Région Jean Rottner afin de lui présenter ses projets, dont la volonté de labellisation “Fabrique de territoire”.

Créer un tiers-lieu en milieu rural, demande de la volonté et de l’ambition. Deux caractères dont ne manquent pas les occupants des lieux, Marie-France Basselier, présidente de l’association porteuse du projet qui porte bien son nom, « Ma dynamique locale », et Michel Guiot, vice-président. « Le but est d’être à la fois un espace de travail mais aussi un lieu culturel, proposant des expositions mensuelles. En ce moment, nous mettons à l’honneur Anaël Topenot, artiste reconnue qui a travaillé toute sa vie sur l’industrie », indique celle qui est également à la tête de Matlo Formation, organisme de formation spécialisé en langues auprès des entreprises et du GRETA. L’Espace 18, situé au cœur de Sézanne, accueille entrepreneurs et associations : Alice Dutripon conseillère immobilière, Tristan Potier qui assure des cours d’anglais pour les enfants et la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves) pour des permanences. Pour autant, le tiers-lieu ne se repose pas sur ses acquis et fourmille de projets. « Nous essayons d’être acteurs de notre territoire pour contribuer au développement économique de notre région », souligne ainsi Michel Guiot, également président de l’association les Amis du Patrimoine Sézannais. 

UN FABLAB EN COLLABORATION AVEC AXON’CABLE 

En premier lieu, l’Espace 18 compte créer un « FabLab », comprendre une plateforme de réflexion et de fabrication numérique. « Nous souhaitons mettre à disposition des outils pour tous ceux qui souhaiteraient faire de la fabrication artistique ou industrielle grâce à une imprimante 3D ou une découpe laser », explique Marie-France Basselier. Problème, la création d’un tel laboratoire, coûte pour démarrer « entre 30 et 35 000 euros ». C’est pourquoi cette réflexion s’est effectuée avec deux acteurs de poids du territoire, Joseph Puzo, directeur d’Axon’cable et Marcel Ferreira, patron d’Action technologique sézannaise (ATS) qui proposent dans un premier temps de former les personnes de l’association à l’utilisation de logiciel de création 3D grâce à l’intervention d’un de leurs ingénieurs puis dans un deuxième temps, de mettre à disposition une machine de leur entreprise qui ne servirait plus. Axon’cable a d’ailleurs signé une convention de partenariat avec l’éducation nationale pour l’accueil de collégiens et lycéens avec trois établissements du sézannais. À terme, l’Espace 18 aimerait en faire de même. « Nous souhaitons nous inspirer de ce que fait le Shed à Reims, qui a été labellisé Fabrique des territoires, ambition que nous avons également », précise Michel Guiot. Le dossier est pour l’instant en construction avec l’appui et l’avis éclairé des élus. « Pour qu’un tel projet tienne la route, s’il y a des dépenses, il faut aussi des recettes », précise néanmoins Sacha Hewak, maire de Sézanne. Si le projet est désigné Fabrique des territoires, label soutenant les tiers-lieux, il pourrait bénéficier d’une subvention à hauteur de 75 000 €, de quoi voir encore plus grand. 

CO-WORKING ET ATELIERS 

Le second projet de l’Espace 18 est le développement d’un atelier luttant contre l’obsolescence programmée, grâce à un partenariat avec l’ESAT et l’association P.I.S.T.E (Parcours d’insertion social par le travail et pour l’emploi). « Dans la mesure où l’association vide beaucoup de maisons et dispose d’un atelier, nous pourrions réparer des objets cassés ou détériorés avec les personnes de l’ESAT », livre Michel Guiot, « ce qui rentrerait dans le cadre des exigences environnementales »

Enfin, le troisième axe que souhaite mener l’Espace 18 est celui de la proposition de postes de co-working, aux habitants de la ville et alentours travaillant notamment en région parisienne. « Dans la stratégie Petites villes de demain, un lieu comme celui-là est important, d’autant qu’il est en lien avec les acteurs économiques locaux, industriels, qui vous soutiennent », souligne Jean Rottner, Président de Région, soulevant aussi la question de la mobilité « incontournable dans les territoires ruraux »

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