Les plans de Relance sous la loupe de Denis Louvel

Consultant auprès d’entreprises, Denis Louvel est passionné par les questions économiques. Il a d’ailleurs déjà à son actif quatre essais publiés jusqu’ici à partir des travaux qu’il mène depuis de nombreuses années sur les mécanismes qui freinent ou accélèrent la croissance d’une économie nationale. Si l’entrepreneur troyen s’intéresse autant à la question, c’est aussi pour avoir côtoyé Robert Galley, alors maire de Troyes et ministre de l’Équipement, investi dans la préparation d’un plan de Relance.

C’était en 1975, et depuis les plans de Relance se sont succédé en France sans jamais produire réellement les effets escomptés. Ingénieur spécialisé dans l’organisation, il a cherché les raisons profondes de ces échecs successifs qui partaient de bonnes intentions. « Il y a un problème de fond dans la démarche car il existe une différence de nature entre l’argent qu’on prélève et celui qu’on distribue», fait-il remarquer. En substance, cela signifie que ce n’est surtout pas en augmentant les prélèvements, même dans l’optique de les redistribuer, que l’on peut relancer la croissance. Les faits plaident en sa faveur puisque les pays dont la croissance est la plus faible sont aussi ceux dont les prélèvements obligatoires sont les plus élevés. À l’inverse, des exemples démontrent que les restrictions budgétaires ne pénalisent pas la croissance mais créent des conditions favorables à l’économie. Un phénomène qu’il détaille dans son dernier livre intitulé « Réussir la relance économique : la découverte qui apporte l’espoir », paru aux éditions BookElis (14,75 euros). Une évaporation en quelque sorte dont il explique les mécanismes. Selon Denis Louvel, chaque prélèvement nouveau s’apparente fortement à une ponction sur du résultat, avec des conséquences amplifiées pour les entreprises. En clair, il en restera très peu pour la croissance. Par exemple, « concrètement cela revient à dire que pour chaque création d’un poste public non hospitalier on envoie au chômage cinq salariés du privé de salaire équivalent », fait-il remarquer. A contrario, une diminution de prélèvement obligatoire a cinq fois plus d’effets positifs sur la croissance qu’une subvention du même montant. « Je note justement que, dans le cadre de la crise sanitaire, les suspensions, voire les annulations, de charges pour les entreprises ont été opérées, ce qui est bien plus efficace que des subventions », estime Denis Louvel, qui suit évidemment de près l’actuel plan de Relance lié à la pandémie.

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