« Les perspectives sont mitigées mais pas catastrophiques »

Après maintenant une année de crise sanitaire, Geoffroy Sécula est revenu, à l’occasion de l’assemblée générale de la CPME 21, mercredi 24 février, sur les combats menés par l’organisation patronale en 2020, avant d’évoquer le contexte actuel et les perspectives pour 2021.

À l’occasion de l’assemblée générale de la Confédération des petites et moyennes entreprises de Côte- d’Or, son président Geoffroy Sécula a évoqué les résultats de la dernière étude menée par l’organisation patronale auprès de ses adhérents. « Nous sommes à désormais un an du démarrage de cette crise et la situation économique et sanitaire est toujours difficile, témoigne-t-il. Pourtant, si les perspectives pour 2021 sont mitigées, elles ne sont pas catastrophiques ». Côté santé économique, un chef d’entreprise sur deux prévoit une perte de chiffre d’affaires pour l’année 2021 et un sur quatre envisage même de baisser ses effectifs, alors que 9 % devraient chercher à recruter. Enfin, sur la question de l’investissement, 59 % des entreprises sondées n’ont pas investi en 2020, entraînant une baisse de 10 % du nombre d’entreprises ayant investi, par rapport à 2019, et 15 % ont même décidé d’annuler leurs projets d’investissement. « Parmi les chiffres intéressant à commenter, nous avons 33 % des chefs d’entreprises qui ont l’impression d’être sous perfusion de l’État. Cela veut dire qu’il ne faut pas se laisser bercer d’illusions et que malgré tout, les chiffres sur les défaillances d’entreprises ne sont pas encore éloquents. Les aides apportées ont en effet permis de récupérer des liquidités dans les entreprises », analyse Geoffroy Sécula. Entre autres mesures qui interrogent aujourd’hui, le prêt garanti par l’État (PGE) : au niveau national, 55 % des PME ont souscrit un PGE, soit environ 630.000 entreprises. Toutefois, 20 % disent aujourd’hui vouloir rembourser la totalité de leur PGE et 30 % estiment pouvoir le rembourser en grande partie. Mais l’autre moitié des chefs d’entreprise est véritablement inquiète quant au remboursement du PGE et craint pour la pérennité de ses entreprises, 44 % des PME voudraient en effet le rembourser sur la durée totale impartie, soit un différé de deux ans ajouté aux quatre ans de délai de remboursement, et 6 % se disent actuellement incapables de rembourser. « Enfin, un chiffre plus positif : près d’un chef d’entreprise sur deux (49 %) nous a confié que la crise actuelle avait véritablement accéléré la transition numérique de son entreprise. C’est une véritablement satisfaction puisque c’est un projet de ma mandature et nous allons continuer à travailler sur ce sujet en 2021. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir avec le Conseil départemental pour permettre que soient équipés les chefs-lieux de cantons de manière à pouvoir organiser des réunions à distance, nous permettant d’avancer sur la digitalisation des entreprises et aussi sur notre projet de développement en territoires. »

POUR PLUS DE VISIBILITÉ

L’organisation patronale demande aujourd’hui plus de visibilité aux pouvoirs publics. « Nous sommes toujours sous couvre-feux et nous avons maintenant ces surfaces commerciales de plus de 20.000 mètres carrés fermées, rappelle Geoffroy Sécula. Il faut quand même avoir en tête qu’aujourd’hui, 10 % des commerces sont dans ces grandes surfaces commerciales. Et nous observons quelques incompréhensions, notamment le cas des opticiens. Ces derniers n’étaient pas fermés pendant les deux confinements et sont aujourd’hui dans l’incapacité de travailler avec cette décision de fermeture. Nous avons sollicité auprès du préfet des dérogations pour ces professionnels qui exercent quand même dans le secteur de la santé, sans réponse à ce jour ». Des échéances de calendrier, les secteurs toujours fermés administrativement comme la restauration et les établissements de nuit en demandent aussi. « Sans parler de cette menace constante de reconfinement. Nous voyons bien que certains secteurs géographiques reconfinent et cela ne doit pas être banalisé ! Confiner, c’est stopper l’économie et restreindre la liberté d’entreprendre. »

L’année dernière, la CPME 21 a été présente sur bien des terrains, au service des entreprises. « Nous sommes intervenus sur le sujet des dividendes, pour qu’elles puissent être versées malgré l’obtention d’aides, mais aussi sur le versement des CPSTI pour les indépendants, ainsi que sur certains dossiers de demande de PGE, développe-t-il. Des trous dans la raquette ont été comblés sur proposition de la CPME, la délimitation de la responsabilité du chef d’entreprise a notamment été une avancée majeure, mais aussi l’évolution au prorata du chiffre d’affaires pour les entreprises fermées. Nous avons véritablement combattu en 2020 pour permettre d’aboutir, avec l’écoute de l’État, à une boîte à outil plutôt adaptée pour les PME. En local, nous avons bien sûr travaillé avec la métropole dijonnaise et les différentes agglomérations pour ce qui est des ouvertures dominicales, les ouvertures de marchés, les exonérations de droits de voirie, les extensions de terrasses et aussi des fonds territoriaux qui ont bénéficié à plus de 200 PME que ce soit sur la métropole de Dijon ou sur l’agglomération de Beaune ».

ENCORE BEAUCOUP À FAIRE

Parmi les combats que l’organisation patronale souhaite poursuivre, l’aide aux loyers et le prêt consolidation. « On sait que certaines entreprises, de par le manque d’activité, ne pourront pas rembourser leur PGE sur quatre ans. C’est pour cela que nous demandons à ce que toutes les dettes fiscales et sociales puissent être regroupées sous un prêt consolidation qui permettrait une durée plus longue pour leur permettre de s’en sortir, rappelle Geoffroy Sécula. Nous espérons également pour les indépendants, que ce qui relève des dettes liées à la personne physique puisse être transformé en dettes liées à la personne morale ».

D’autres sujets et axes de travail sont sur la table pour 2021. Le small business act en fera partie. « Plus que jamais les entreprises ont besoin d’activité, il est important que ce small business act fonctionne le mieux possible. On a été plutôt précurseur en la matière, il mérite d’être remis à jour pour fonctionner le mieux possible dans une année où les entreprises en auront particulièrement besoin. Nous avons dans ce domaine commencé à sensibiliser les collectivités pour qu’elles puissent prendre en compte l’évolution des seuils des marchés qui ont évolué à la hausse. » L’accompagnement des PME reste une priorité, notamment pour qu’elles s’adaptent aux nouveaux modes de consommation et rattrapent leur retard en matière de digitalisation.

« Nous nous sommes également structurés pour accompagner les entreprises et les chefs d’entreprises qui seront en grande détresse grâce à nos mandataires qui sont déjà engagés au tribunal de commerce et à l’Urssaf en demandant aux entreprises en difficulté de prévenir suffisamment tôt… Plus les entreprises en difficulté préviendront suffisamment tôt, plus elles auront des chances de s’en sortir, complète-t-il. Nous savons aussi que la clé est la trésorerie et le financement et nous allons devoir travailler étroitement avec l’ensemble de nos partenaires bancaires. Enfin, nous sommes en train de mettre en place le groupement de prévention agrée, le GPA. C’est un projet régional qui nous permettrait d’être agréé par le préfet comme “cellule” pour s’occuper des entreprises en difficulté ».

Enfin, 2021 sera une année d’élection dans les chambres consulaires, et la CPME 21 compte y participer activement de manière à être le plus représentatif possible dans ces instances. « Que ce soit à la CCI ou à la CMA, nous le sommes bien sûr actuellement mais nous aimerions renforcer encore notre présence, notamment à la chambre des métiers. »

UN ESPOIR DANS LE VACCIN

« Nous avons un réel espoir avec la vaccination et l’avancée de cette dernière, confie Geoffroy Sécula. Nous demandions à ce qu’elle puisse aussi être proposée en entreprise et nous avons été soulagés d’apprendre que la vaccination pour les personnes âgées de 50 à 64 ans pourrait être proposée par les services de santé au travail dans les entreprises, notamment avec le vaccin Astra Zeneca. Nous sommes convaincus que c’est la solution pour reprendre un retour progressif à la normale, et les perspectives données par le gouvernement sur un accès au vaccin pour tout le monde avant la fin de l’été nous donnent aussi une perspective de reprise de la vie économique ».

cpme-21.fr

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