Les Ardennais consomment plus qu’avant et local

Les ménages ardennais consomment en majeure partie sur leur propre territoire.

1023 ménages ardennais ont été interrogés sur leurs habitudes de consommation lors d’une étude réalisée pour le compte de la CCI 08. Il en ressort que la dépense annuelle moyenne d’un ménage ardennais est juste en dessous de la moyenne nationale.

«Consommation et comportements d’achats dans les Ardennes ». C’est le titre de l’étude réalisée pour le compte de la CCI des Ardennes par Myriam Magand-Fourey, responsable activité, à l’observatoire AID de Villeurbanne, Paris, Toulouse et Nantes. Lors de leur dernière assemblée générale, cette enquête très pointue a été présentée aux membres de la chambre consulaire. Objectif de cette méthodologie : comprendre et quantifier les comportements d’achats des ménages ardennais.

1 023 de ceux-ci ont été interrogés par téléphone au printemps 2019 sur les 27 000 actes d’achats recensés dans le département sur un panel de 34 produits de consommation courante.

L’évolution de la répartition du budget des dépenses de consommation des foyers a fait apparaître quelques enseignements : comme une augmentation du pouvoir d’achat de 0,7% par an depuis 2007, malgré un ressenti contraire pour 60% des ménages ; la fin de l’hyper consommation comme en attestent les récentes difficultés connues tour à tour par Auchan, Carrefour et Cora et la prise de conscience de l’impact écologique et sociétal de la consommation. Mais aussi la diminution de la consommation alimentaire expliquée par différentes causes : la vache folle (baisse de 25% de la consommation de viande), la grippe aviaire (-15% de la vente de viande), la présence de pesticides dans l’alimentation et de Bisphénol A dans les contenants et enfin l’ajout de sucre dans les plats préparés.

Dans les Ardennes, les dépenses annuelles de consommation des ménages s’élèvent à 1,5 milliard d’euros et ont progressé de 28 millions d’euros par rapport à 2016. Soit une moyenne de 12 493 euros par ménage, contre 12 992 euros au niveau national. L’alimentation représente le poste de dépense le plus élevé (49%) devant l’équipement de la personne (15% mais en recul de 3%), les biens culturels comme les loisirs, jeux et sports (12%), l’équipement de la maison ou de l’appartement (9%), le bricolage-jardinage (8%) et l’hygiène, la santé et les produits de beauté (7%). Depuis 2016, le domaine qui progresse le plus est celui de l’équipement du foyer (+13%) devant l’alimentaire (+4%) et l’hygiène-santé (1%). Les autres secteurs sont tous en recul.

LE BOOM DES VENTES EN LIGNE

Les comportements d’achats montrent que sur les 762 millions d’euros de dépenses alimentaires, 81% se font en grandes surfaces (41 % dans les supermarchés hard discount), 40 % dans les hypermarchés et 10% dans les commerces de moins de 300 mètres carrés. 4% des achats s’effectuent sur les marchés ou par les circuits courts et la vente en ligne. Sur les 786 millions d’euros de dépenses non alimentaires, 65% s’exécutent en grandes surfaces : 43% dans les magasins spécialisés, 19 % dans les hypers et 19% dans les commerces de moins de 300 mètres carrés. La vente en ligne, plus élevée dans les Ardennes que la moyenne nationale, assure 15% de ce marché. La vente sur Internet progresse dans tous les domaines : livres, CD, DVD, papeterie ; TV, Hifi, informatique ; sports, accessoires de bijouteries, maroquinerie ; électroménager, mobilier-décoration, jeux-jouets, produits de beauté, optique, bricolage-jardinerie, hygiène.

« Cette pratique représente 15 % d’emprise sur l’ensemble non alimentaire. Soit 120 millions d’euros, ce qui est l’équivalent de deux fois le chiffre d’affaires de la zone commerciale du Blanc-Mont à Vouziers. Un chiffre en progression de 21 millions depuis 2016 », constate Myriam Magand-Fourey.

Autre conclusion de cette étude : les ménages ardennais font leurs emplettes en majeure partie sur leur propre territoire. Avec un taux moyen de rétention de 86 %. Soit 1, 333 milliards d’euros injectés dans les commerces locaux.

FORTE CLIENTÈLE ÉTRANGÈRE À GIVET ET FUMAY

Seuls endroits où les usagers sont aspirés vers d’autres secteurs géographiques comme Hirson (Aisne) et Reims (Marne) : Signy-le-Petit et une partie non négligeable du Rethélois (Château-Porcien, Sault les Rethel et Machault) voire même Grandpré dans le Vouzinois.

62 millions d’euros échappent ainsi au tissu commercial ardennais. Reste que pour les achats non alimentaires, la plus importante destination d’évasion des achats des ménages est encore la vente en ligne qui réalise à elle seule un volume de 119 millions d’euros de volumes d’affaires. Sinon, le chiffre d’affaires global des commerces ardennais (1,3 milliards d’euros) affiche une légère augmentation (36 millions d’euros) depuis 2016. Sa répartition s’établit ainsi : 55% dans l’alimentaire, 20% dans l’équipement de la personne, 17% dans l’équipement de la maison et 8% dans la culture, les loisirs et le sport. 4% d’apports étrangers contribuent à ce chiffre d’affaires grâce à la présence d’une forte clientèle belge à Givet (38%), Fumay (23%) et Vireux-Molhain (10%).

Les pôles commerciaux de Charleville-Mézières et Sedan avec 642 et 108 millions d’euros s’avèrent les plus attractifs pas loin devant Givet (96). Mais dans le maillage commercial départemental, la progression la plus forte se trouve à Vouziers et dans des zones comme celles de Brico Dépôt à Prix-lès-Mézières, Leclerc à Sedan et Lidl à Warcq.

Le marché de la consommation ardennaise
en chiffres

  • 123 907 ménages. En hausse de 2% depuis 2016
  • 1,547 milliards d’euros, montant annuel des dépenses commercialisables
  • 762 millions d’euros pour les dépenses alimentaires
  • 786 millions pour les dépenses non-alimentaires
  • 81 % des achats alimentaires réalisés dans les grandes surfaces
  • 65% des achats non-alimentaires dans la grande distribution
  • 19% des achats non-alimentaires dans les commerces traditionnels
  • En non alimentaire, les ménages ardennais consomment à 77% dans le département, les évasions physiques les plus fortes se font sur le secteur à proximité de la Marne.
  • Pour le non-alimentaire, l’évasion commerciale se réalise essentiellement sur 2 pôles: la vente en ligne à 66% et la Marne à 26,5 %.
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