Le vert nouvelle couleur de la commission européenne

La présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, a fait du « Pacte vert » européen ou « Green deal » la priorité de son mandat.

L’exécutif européen se veut sur tous les fronts de la transition écologique qu’il s’agisse de la politique énergétique, de l’industrie, des transports, des sols, de l’eau, de la construction, du commerce, de la recherche ou encore de la biodiversité et de l’agriculture avec en ligne de mire d’atteindre d’ici à 2050 la neutralité carbone.

Le texte adopté par le tout nouveau collège de 27 commissaires n’est pour l’instant qu’une communication de 23 pages qui se limite à décliner les objectifs et les grandes lignes du « Pacte vert » mais le processus a démarré et les opinions publiques sont déjà fortement mobilisées. Au regard de ses ambitions le « Pacte vert » doit irriguer tout l’arsenal législatif et réglementaire de l’Europe, ce qui signifie qu’aucune politique européenne ne devra faire barrage à la transition écologique.

Un premier objectif concret sera de réduire les émissions de CO2 de 50% à 55% en 2030 par rapport à 1990, contre un objectif actuel de 40 %. Pour y parvenir, la Commission propose par exemple que les émissions des transports soient réduites de 90 % en 2050, notamment grâce à la création d’un million de stations de recharge pour 13 millions de véhicules propres ou à faible émission.

De plus, pour accompagner cette transition, la Commission souhaite mettre en place un mécanisme d’ajustement aux frontières, afin de prélever sur les importations de pays extra-communautaires qui ne respectent pas l’Accord de Paris. De même Ursula Von der Leyen a décidé d’inscrire les futurs accords de libre-échange que conclura l’Union européenne dans le cadre du « Green deal ». Une grande loi climatique est annoncée pour mars 2020 pour compléter et clarifier le programme. Il est évident que le « Pacte vert » mobilisera un important budget. La présidente de la Commission avait évoqué un chiffre de 1.000 milliards d’euros mobilisés sur dix ans pour le financer. La Commission européenne a admis dans sa communication que les besoins de financement seront supérieurs, soit 260 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an d’ici à 2030. Au total la Commission a précisé qu’au moins 25 % du budget de l’Union européenne devra à terme être consacré à la transition écologique.

Toutefois, l’importance du financement de ce projet doit être comparée avec le coût de l’inaction climatique qui pourrait atteindre 200 milliards d’euros par an pour l’économie européenne afin de faire face aux conséquences du changement climatique, si le réchauffement atteint plus de trois degrés. L’ambitieux programme de la Commission doit encore convaincre au sein des institutions européennes. Au Parlement européen, les verts militent pour une baisse des émissions de 65 % d’ici à 2030, baisse supérieure à l’objectif de la Commission. Ce programme devra être également soutenu par les États membres de l’Union européenne, or trois pays en particulier, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque se montrent encore réticents à se rallier à l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050.

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