Le quartier des Forges Saint-Charles, futur pôle tertiaire carolomacérien

Le quartier des Forges Saint-Charles fut durant le XIXe siècle le berceau d’entreprises comme Gailly, Demangel-Vence et la Manestamp.

Encouragé par la pleine réussite de l’émergence de Terciarys 1 dont les 5 000 m2 de bureaux ont été entièrement occupés, et par le fulgurant essor de l’ANTS à Charleville-Mézières, Ardenne Métropole veut continuer dans cette voie. 

C’est donc dans le quartier des Forges Saint-Charles que la communauté d’agglomération va créer un pôle d’activités tertiaires, endroit privilégié pour créer de nouveaux emplois. 

« On a régulièrement des demandes d’intallations tertiaires auxquelles nous ne pouvons pas toujours répondre. Il fallait donc se doter d’une offre immobilière. Cette opération nous en donnera les moyens en créant, sur place, un pôle économique », annonce Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières. Reprenant une formule qui a déjà fait ses preuves, la collectivité qu’il préside prévoit de réaliser à côté du bâtiment actuel un Terciarys II de 5 000 m2 sur l’actuel parking Effia de 250 places, appelé à disparaître. Il sera remplacé par une aire de stationnement pour l’accueil des personnels et usagers des deux immeubles Terciarys. 

À proximité de Terciarys I et II, une résidence senior sera érigée pouvant accueillir 80 résidents. Sur l’aile droite de la gare, un plateau tertiaire de 1 170 m2 et un tiers lieu seront créés dans l’ancien hôtel “Buffet de la gare”, inoccupé depuis 20 ans. Ce projet pourrait être inscrit dans le plan de relance. C’est SNCF Gares&Connexions, qui s’occupera de la convention d’occupation temporaire de ce domaine public. 

PLUS DE 20 MILLIONS D’EUROS DE TRAVAUX 

Par ailleurs, d’autres volumes de bureaux à usage tertiaire et des immeubles d’habitation avec des commerces en rez-de-chaussée émergeront sur une emprise d’1,3 ha, propriété de la SNCF. Bref, la configuration de ce quartier va être totalement requalifiée et transformée sous la houlette de Proteame à qui a été confié la concession d’aménagement. Plus de 20 millions d’euros dont 6,7 M€ à la charge d’Ardenne Métropole seront injectés dans cet aménagement urbain, projet phare du mandat communautaire. 

Outre ce futur poumon économique, l’autre partie du projet située, cette fois, entre la Meuse et la rue des Forges Saint-Charles, débouchera sur une totale métamorphose de cet endroit. « Nous allons réorganiser cet endroit en préservant l’activité économique existante (SAM, Fermetures Richard, Point P et l’abattoir) tout en la développant. La Ville va aussi travailler à la renaturisation de la friche industrielle « Manestamp » et à la reconquête et la mise en valeur de l’espace avec la création d’un vaste parc paysager », explique Patrick Fostier, vice-président chargé de l’économie à Ardenne Métropole. 

Reste qu’une partie de ce programme est susceptible d’être remis en question si la Bibliothèque National de France venait à choisir le chef-lieu des Ardennes comme lieu d’accueil du conservatoire national des titres de presse. Ce serait alors un bâtiment de 15 000 m2 qui prendrait la place des 9 000 m2 de bureau initialement envisagés. 

La première étape de ce colossal chantier, élément déclencheur du dossier, a été ouverte fin 2020 avec le creusement sous les voies ferrées d’un tunnel piéton qui permettra de raccorder au domaine public le quartier des Forges Saint-Charles, jusqu’alors isolé du reste de la ville par les rails. Coût des travaux : 2,7 millions d’euros. 

Cette première pièce d’un domino géant que Boris Ravignon n’hésite pas à qualifier de « Clairmarais carolo » était indispensable pour la suite d’un programme qui, à son terme, remettra au grand jour un quartier longtemps mis à l’écart. « Ce projet demandera plus d’une décennie. Mais c’est une opération passionnante à mettre en place », estime Patrick Fostier.

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