Le paradis des oiseaux en vue au lac du Der

Grue cendrée (Grus grus) au Lac du Der. Dès la fin de l’été, la migration fait se croiser de nombreuses variétés d’oiseaux. Avec le Pygargue à queue blanche, la Grue cendrée (Grus grus), oiseau emblématique de la région et du Lac du Der, se fait fortement remarquer pendant cette période. Grâce à deux records de stationnement de plus de 200 000 Grues cendrées lors d’une même journée, le Lac du Der est devenu le principal site d’observation au monde pour cette espèce et attire chaque année des milliers d’adeptes du tourisme vert des quatre coins du monde.

De nombreux passionnés viennent des quatre coins de la planète pour observer les oiseaux au Lac du Der. Les habitants de la région ont quant à eux la chance d’avoir, sur place, la possibilité de participer à d’inoubliables sorties ornithologiques.

À portée de vue depuis une fenêtre, sur un balcon ou dans un jardin, près d’un point d’eau, les oiseaux se laissent admirer à condition de ne pas être dérangés. Mais pour aller plus loin dans la découverte – et identifier les espèces – mieux vaut participer à une sortie ornithologique. Voir comment un oiseau se déplace, se nourrit et chante, cela s’apprend au contact de spécialistes. Fort de ses connaissances et équipé d’un matériel d’observation performant, un guide ornithologue a toutes les clés en main pour faire partager sa passion. Parole d’expert, « dans une lunette le monde change, c’est toujours une source d’émerveillement ». Grâce aux lacs artificiels, les habitants de la Champagne bénéficient de conditions idéales pour observer les oiseaux. Le territoire du Lac du Der-Chantecoq, ou lac-réservoir Marne, est notamment considéré comme le paradis des oiseaux. Antoine Cubaixo est guide ornithologue (https://antoinecubaixo.jimdofree.com/) et ce n’est pas lui qui dira le contraire. Sa passion pour la nature et les oiseaux en particulier est née lorsqu’il avait dix ans, au côté de son père. Sa découverte du lac du Der, pendant ses années lycée, à Vitry-le-François au milieu des années 70, sera un émerveillement. Puis il se formera à l’ornithologie sur le terrain, ainsi que dans un institut allemand. C’est en 2010, qu’il décide de faire de sa passion son activité principale.

« À partir de la création des grands lacs, conçus pour protéger Paris des inondations, on a créé (involontairement) une superbe zone où l’on peut observer plus de trois cents dix espèces d’oiseaux sur les quelque neuf cents visibles en Europe ! », fait observer Antoine Cubaixo. Cette zone d’importance nationale et internationale, d’une grande valeur patrimoniale par sa faune et sa flore exceptionnelles, est classée Natura 2000. C’est une réserve nationale de chasse et de faune sauvage depuis 1977. Plus de 450 000 oiseaux y transitent. Entre les oiseaux migrateurs qui font une halte au Lac du Der et les oiseaux qui vivent toute l’année autour et sur le lac, les bonnes raisons de participer à une sortie en pleine nature ne manquent pas.

Textes : Nadine Champenois
Photos : Antoine Cubaixo

Dans un observatoire. Discrétion et respect de la nature vont de pair avec la découverte. Pour ne pas déranger les oiseaux, il est important d’emprunter les sentiers obligatoires et d’utiliser les observatoires. Chacun des cinq observatoires que compte le lac du Der est un lieu idéal pour découvrir la vie des oiseaux dans de bonnes conditions. La nature se laisse alors regarder comme un tableau. Un bon cadrage nécessite tout de même l’aide d’un spécialiste pour en saisir toutes les facettes et les interpréter. À noter que l’observatoire du site de Chantecoq, donnant sur toute l’étendue du lac, est particulièrement adapté pour assister à l’envol des Grues cendrées qui s’y reposent avant le lever du jour.
Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis) en Champagne humide. Visible en Champagne humide, le Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis), que l’on retrouve dans la mythologie grecque, fait partie des oiseaux remarquables de l’avifaune champenoise. On peut l’observer tout au long de l’année à condition d’être au bon endroit au bon moment.
Hibou moyen-duc (Asio otus) en Champagne crayeuse. Présent tout au long de l’année en Champagne crayeuse, le Hibou moyen-duc (Asio otus) est relativement « facile » à observer durant les longues journées d’été. Au soleil couchant, il part en quête de campagnols pour nourrir ses jeunes, facilement repérables en raison de leurs cris stridents. C’est un bon auxiliaire du monde agricole et aujourd’hui, globalement, on le laisse vivre en paix.
« Regardeurs d’oiseaux ». Les passionnés d’ornithologie doivent se préparer à se réveiller tôt pour se retrouver un beau matin d’automne au bord d’un lac. L’effort en vaut vraiment la peine quand la nature offre de tels spectacles ainsi que la perspective de souvenirs impérissables.
Faucon pèlerin (Falco peregrinus) sur la cathédrale de Reims. Il n’y a pas qu’à la campagne que l’on peut observer les oiseaux. Le Faucon pèlerin (Falco peregrinus), l’animal le plus rapide au monde, a choisi la majestueuse cathédrale de Reims pour y convoler en justes noces et y est visible depuis 2020. « C’est le premier cas de nidification pour cette espèce dans la Marne et la première fois sur un bâtiment en Champagne. C’est le début d’un tourisme ornithologique « en ville » pour la Cité des Sacres comme ce fut le cas dans les villes où il s’est installé spontanément, comme New-York, Sydney, Londres, Cologne et Bruxelles », souligne Antoine Cubaixo.
Pour Antoine Cubaixo, Guide ornithologue, la vie est une collection d’expériences.
Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) sur les étangs forestiers d’Argonne. La Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) est présente de mars à octobre en Champagne (ici sur les étangs forestiers d’Argonne). Son beau miroir bleu exerce un réel pouvoir d’attraction sur bon nombre de photographes notamment. En hiver une partie des nicheurs iront passer la mauvaise saison à proximité de Lisbonne dans l’estuaire du Taje avec vue sur la mer de Paille.
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