Le musée Ingres Bourdelle rouvre enfin ses portes

Influencé par Rodin, le sculpteur montalbanais est passé par l’Académie des beaux-arts de Toulouse puis celle de Paris, ville où il passera le reste de sa vie. La collection Bourdelle présente 70 sculptures et 90 dessins et aquarelles. L’œuvre la plus connue et très virile de l’artiste est Héraklès archer, dont le plâtre patiné original de la première version de 1909 et offert à la ville de Montauban en 1953, domine la pièce centrale du premier sous-sol. Vous pouvez admirer une version de l’œuvre place Héraclès à Toulouse, (un monument aux sportifs morts en 1914- 1918).

Agrandi, modernisé, digitalisé et entièrement restructuré, le musée montalbanais, seul musée Ingres au monde, a été inauguré le 12 décembre. Après trois ans de travaux et une rénovation complète, devenu le Musée Ingres Bourdelle, il offre au public 700 m2 d’exposition supplémentaires.

L’ancien palais épiscopal de Montauban accueille le musée Ingres depuis 1867, en plein centre historique et à deux pas de la mairie. Il domine la ville sur les berges du Tarn depuis le Pont vieux. Après trois ans de travaux orchestrés par l’agence d’architecture Bach Nguyen et Florence Viguier-Dutheil, directrice du musée, le célèbre musée a rajeuni et a été rebaptisé Ingres Bourdelle, du nom des deux célèbres artistes montalbanais. 13,1 M€ ont été investis dans ce chantier d’envergure. Le musée propose aujourd’hui quatre étages d’exposition sur 2700 m2, un millier d’œuvres à découvrir, une boutique librairie salon de thé, au fil d’une visite désormais plus fluide. Le public déambule en effet à sa guise entre les salles consacrées à Ingres, à Bourdelle et accède à quatre expositions temporaires dont « Constellations » qui présente 33 œuvres prêtées par de grands musées tels que Le Louvre, Orsay, Rodin, Picasso…

Un parcours autour du personnage de Ferdinand-Philippe d’Orléans, dernier portrait masculin peint par Ingres, est à découvrir dès l’entrée du musée. La fréquentation habituelle de 40000 visiteurs par an pourrait rapidement doubler. Le musée, inauguré le 12 décembre, a manifestement conquis le public.

Textes et photos Lydie Lecarpentier

300 artisans, techniciens, ouvriers… ont travaillé sur ce chantier colossal. L’équipe du musée a commencé la mise en place des œuvres à partir du mois d’avril et ce jusqu’en décembre sous l’œil avisé de Florence Viguier-Dutheil, conservatrice en chef du patrimoine, directrice du Mib, devenue experte en logistique et déplacement d’œuvres d’art. Au 1er étage, une des œuvres importantes du maître est le célèbre Portrait de Mme Gonse (1813) la Joconde montalbanaise.

Au dernier sous-sol, la salle du Prince Noir, ancienne salle d’armes, destinée aux entraînements et au jeu d’épée, accueille L’œil de la Machine de Miguel Chevalier, une œuvre numérique de réalité virtuelle générative et interactive qui évolue en fonction des déplacements des visiteurs. À droite la reconstitution imaginaire du salon d’Ingres permet de visualiser son univers et de découvrir des pièces de son mobilier léguées par l’artiste ou sa femme, son chevalet, son meuble à peinture et son violon qui a inspiré la fameuse expression. Bien peu savent qu’enfant, Ingres était deuxième violon à l’Orchestre du Capitole de Toulouse.

Ingres meurt le 14 janvier 1867 et lègue l’ensemble des œuvres de son atelier, dont 4 500 dessins autographes et une trentaine de tableaux. Dans ce cabinet d’arts graphiques, sont mis en valeur 200 dessins (le double par rapport à l’ancien musée), ainsi que des esquisses qui aident à comprendre le processus créatif d’Ingres.
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