Le groupe Bel mise sur le végétal

À Lons-le-Saunier, le groupe Bel développe les recettes de fromage aux nouvelles saveurs à base de protéines végétales.

À Lons-le-Saunier (Jura), les bureaux R&D du groupe Bel travaillent, depuis deux ans, à une alternative végétale de la célèbre Vache qui Rit. En attendant que cette version hybride arrive sur le marché français dans les mois à venir, elle est déjà commercialisée aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

«On a lancé un mélange de laitier et de légumineuse pour proposer un bon produit nutritionnel avec un nouveau goût pour la Vache qui Rit » explique Delphine Chatelin, vice-présidente en charge de la R&D pour le groupe Bel. Déjà commercialisée aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la nouvelle recette du célèbre fromage devrait rejoindre les rayons des magasins d’ici quelques mois. Haricots rouges, lentilles et autre pois ou pois chiches ont ainsi été expérimentés pour aboutir à un fromage hybride qui doit associer le meilleur du laitier au meilleur de la protéine végétale. « Depuis deux ans, nous travaillons sur ces protéines pour apporter une alimentation plus saine et plus respectueuse pour tous. » À Lons-le-Saunier, une équipe dédiée, d’une quinzaine de personnes, a été mise en place pour apporter des compétences nouvelles. « Nous n’avions pas cette expertise en tant qu’industriel du laitier. Il faut conserver l’expérience du consommateur et faire une vraie sélection de la protéine en intégrant son impact organoleptique pour que son goût soit accepté et similaire à ce qu’il connait. » Confronté à des notes encore vertes, le groupe cherche des alternatives susceptibles d’apporter les réponses attendues pour la texture, les arômes et l’expérience gustative dans sa globalité. La protéine végétale doit par ailleurs apporter la même valeur qu’une protéine animale, notamment pour les acides aminés.

LA MODE DU FLEXITARISME

Devant l’engouement grandissant de la population pour une alimentation moins riche en viande, le flexitarisme, le groupe Bel confirme la tendance. « C’est un débouché prometteur car il y a une attente du consommateur. Le lait végétal puis les yaourts ont ouvert la voie avec des croissances à deux chiffres, montrant l’importance du produit laitier », précise Delphine Chatelin. Considérant la filière comme prometteuse également pour l’agriculture de demain, la représentante du groupe Bel rappelle que l’approvisionnement en France, du fait des faibles quantités, ne pose pour l’heure aucun problème et que d’autres matières émergent, comme le tournesol. « Il y a des choses à explorer. » L’entreprise adapte ainsi peu à peu sa gamme et son outil de production, avec en ligne de mire, le souhait de proposer une alternative végétale dans toutes ses marques. Le groupe Bel compte 12.000 salariés dont 800 dans le Jura, et affiche un chiffre d’affaires de 3,46 milliards d’euros en 2020.

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