L’Artelier regarde vers l’avenir

De la création de bentos pour le chef Arnaud Lallemand aux plateaux de fromages gravés commandés par la Région Grand Est, Geoffrey Martin fabrique des objets design en bois et résine.

Créée en 2017, l’Artelier aura fait en 2020 sa meilleure année, avec à la clé, un déménagement et plusieurs embauches. Son dirigeant, Geoffrey Martin, revient sur cette année particulière et esquisse les contours de sa stratégie pour 2021.

C’est une bonne odeur de bois qui flotte à l’intérieur de l’atelier de Geoffrey Martin, dans ses nouveaux locaux de la Croix Blandin, d’une surface de 300 m2. Le jeune homme qui a débuté comme ébéniste dans la menuiserie de ses parents à Warmeriville, a fondé sa propre entreprise en 2017, l’Artelier, savant mélange d’objet haut-de-gamme et d’artisanat. Il fabrique aujourd’hui des objets pour les plus grands chefs et Palaces parisiens, les hôtels et restaurants, représentant 95% de son chiffre d’affaires. Arnaud Lallemand, le Meurice ou encore le Shangri La lui font par exemple confiance. Mais tout n’a pas été aisé pour celui qui, pendant le confinement, a multiplié les postes au sein de sa société. « Au départ associé, et incubé chez Innovact, j’ai racheté les parts de l’entreprise et réorienté la direction pour lui donner une nouvelle impulsion. Pour cela, j’ai embauché un designer et directeur artistique qui créé les produits, puis j’ai passé beaucoup de temps à aller à la rencontre des clients dans toute la France pour présenter notre activité. Le choix a été fait de cibler en priorité l’activité de la restauration gastronomique et les hôtels quatre ou cinq étoiles », explique Geoffrey Martin.

DE L’ART DE LA TABLE EN BOIS ET EN RÉSINE

Tout d’abord à la production, le jeune entrepreneur fait le choix d’embaucher un ébéniste détenteur du Diplôme des Métiers d’art. Geoffrey Martin se consacre alors au développement et à la commercialisation des produits. « Notre originalité est que nous faisons du sur-mesure. Nous n’arrivons pas avec un catalogue pré-établi, mais avec un book de nos créations, et à partir de là, nous développons avec le chef ou le directeur d’hôtel une gamme d’objets qui correspond à ce qu’il recherche. » Fabricant tout d’abord tout ce qui concerne les arts de la table, l’Artelier conçoit aujourd’hui, en plus, de gros objets comme des chariots à fromages ou des présentoirs. Toute la fabrication est faite à base de bois (chêne et noyer) et de résine (matière très hygiénique prisée par les hôtels-restaurants). « Nous recevons le bois en tranche, brut, et nous l’assemblons nous-même pour ne garder que le meilleur », insiste Geoffrey Martin, montrant une planche assemblée avec un micro-défaut et qui « finira à la poubelle, car le nœud n’est pas joli ».

200 000 EUROS D’INVESTISSEMENT

L’année 2020, si elle commence par le déménagement des locaux et l’embauche de deux salariés stoppe sa belle dynamique avec le premier confinement. « En un mois et demi, nous avons perdu 80 000 euros de bons de commandes, pour la plupart reportés, mais que l’on ne pouvait pas inscrire dans la trésorerie. Nous avons repris début mai, en télétravail tout d’abord pour ce qui était de la conception. Puis en juin, pour la fabrication grâce à l’investissement d’une nouvelle machine de pointe correspondant à un investissement de 200 000 euros. » après une semaine de formation, la fabrication peut démarrer. « Nous connaissons alors un fort rebond d’activité de juin à septembre. » L’Artelier se dote alors d’une troisième embauche, correspondant au poste de responsable de conception programmation machine. « Les produits que nous faisons nécessitent de plus en plus de technique, c’est pourquoi il fallait quelqu’un qui maîtrise parfaitement aussi bien l’ébénisterie que la conception machine. » Même si le contexte est difficile, l’Artelier ne cesse de se développer et d’aller de l’avant, « grâce à la confiance de nombreux clients, convaincus de ce que l’on fait et agissant en véritable soutien. » La rentrée se présente alors sous les meilleurs auspices, avec 90 000 euros de chiffre d’affaires en l’espace de quelques semaines. Au total, ce sont quatre personnes qui ont été embauchées en 2020 (dont une alternante en communication). « Notre chiffre d’affaires a été multiplié par 10 entre 2017 et 2020 avec une véritable progression sur la dernière année, malgré l’épisode des Gilets jaunes en 2019 qui nous a coûté 40 000 euros d’annulation de commandes et celui du Covid en 2020. Pour cette nouvelle année, nous nous concentrons sur le positif et sur cette particularité que nous avons, de tout maitriser, de la conception à la livraison, en passant par le processus de fabrication. »

Conscient du challenge qui l’attend, le jeune homme table sur un chiffre d’affaire de 400 000 euros en 2021 et d’un million en 2025.

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