L’activité économique régionale en retrait par rapport à son niveau d’avant-crise

Entre avril et juin 2020, les hôtels du Grand Est ont totalisé 660 000 nuitées, soit un recul de 83% sur un an.

Dans la moyenne nationale, la reprise de l’activité économique, amorcée en juin, n’atteint pas dans le Grand Est, les niveaux d’avant crise, surtout dans l’hébergement et la restauration. Le nombre de chômeurs est en forte croissance.

Les effectifs au travail ont perdu 2% au premier trimestre et 0,7% au deuxième, soit une perte régionale de 52 400 emplois sur le semestre. Sur ce chapitre, le Grand Est résiste mieux que le niveau national (-2,9%). Grâce aux aides aux entreprises, comme dans l’ensemble de la France, la chute de l’emploi est plus faible que le repli de l’activité économique. Cette baisse de l’emploi est commune aux dix départements de la région. Entre juin 2019 et juin 2020, l’emploi salarié a notamment baissé en Haute-Marne (-3,8%) et dans le Haut-Rhin (3,3%). La Meurthe-et- Moselle et le Bas-Rhin ont mieux résisté.

Après une baisse de 44% au premier trimestre, l’emploi intérimaire s’est redressé au deuxième trimestre (+25%). La diminution de 29% sur un semestre, soit 19 000 postes, est relativement moindre qu’au niveau national. Elle est la plus sensible dans les Ardennes, la Haute-Marne et le Haut-Rhin. Cette reprise de l’intérim concerne surtout la construction (+90%), par comparaison à l’industrie (+22%) ou au tertiaire marchand (+13%).

CHUTE DE 10% DE L’EMPLOI DANS L’HÉBERGEMENT ET LA RESTAURATION

L’emploi s’est effondré dans l’hébergement et la restauration: -7,6% au premier semestre et -3,3% au deuxième. Un recul trois fois plus important que celui enregistré dans l’ensemble du tertiaire marchand (-2,8%). Ces baisses, conséquentes aux mesures sanitaires et à la baisse du tourisme, sont de la même ampleur au niveau national. Comparativement, l’emploi industriel (-1,4% sur le semestre passé) recule dans tous les départements mais avec une bien moindre intensité.

Avant la crise, 1% des salariés du Grand Est était en activité partielle et 3% en arrêt maladie. Au pic de la pandémie, 30% des salariés étaient en chômage partiel et 8% en arrêt maladie ou garde d’enfant. La part des salariés en activité partielle n’était plus que de 5% à fin juin. La tendance est identique dans toute la France. Cette activité partielle a concerné la moitié des salariés de la construction en mai, lequel secteur est désormais le moins touché en région.

Le chômage (6,9% de la population active) a connu une baisse annuelle de 1,3% de son taux. Un score meilleur que celui du taux national (7,1%). Ces résultats sont cependant en trompe-l’œil, ils traduisent un effet du confinement des personnes sans emploi.

FORTE AUGMENTATION DES DEMANDEURS D’EMPLOI

Au deuxième trimestre 2020, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C atteignait plus de 470 000 personnes soit une augmentation de 6,2% (+ 27 300 personnes) pour le trimestre et de 3,9% sur un an. Ces résultats sont meilleurs que ceux du niveau national (+ 6,7 et + 4,2%).

L’augmentation des demandeurs de la catégorie A, (sans aucun emploi) est quasiment quatre fois plus importante : + 22,7% sur le trimestre et + 21,3% sur un an. Tous les départements du Grand Est sont concernés, la Haute-Marne (+ 26,5%) plus que les Ardennes et l’Aube (+ 18%). Dans cette catégorie, le Grand Est résiste mieux que la moyenne nationale. Le nombre d’hommes demandeurs d’emploi (+ 25,5%) s’accroît relativement plus que celui des femmes (+19,6%), celui des moins de 25 ans (+32,2%) plus que celui des plus de 50 ans (+14,6%).

UNE ACTIVITÉ EN BAISSE ANNUELLE DE 4%

L’activité économique a fortement régressé durant le confinement : -16 % en mars et -31 % en avril. Selon les dernières estimations, le redressement indique encore un recul de 8 % en Juin et de 4 % en Septembre, comparativement au niveau d’avant crise. Le Grand Est est dans la tendance nationale. Cette progression d’ensemble suppose des situations différentes par secteur. À fin juin, l’industrie manufacturière est en retrait de 11 % et la construction de 8 %. La situation est encore plus délicate pour la fabrication de matériel de transport, dont la construction automobile.

La reprise de l’épidémie a déjà impacté l’hébergement et la restauration. Si en août, l’activité du secteur était en recul de 19 % par rapport à son niveau d’avant crise, elle décline encore en septembre (-23 % par rapport à fin 2019). Le transport indique un recul de 17 % de son activité à fin septembre. A contrario, le commerce, fortement impacté (-44 % en avril) par la fermeture des magasins non alimentaires, retrouve une activité en recul de seulement 2 % par rapport à l’avant crise. Les créations d’entreprises ont baissé de 22,8 % sur le trimestre et de 2,8 % sur un an, après les rattrapages des mois d’été (entre +15 et +25 %). Le déclin des créations est plus fort en moyenne nationale annuelle (- 4,4 %). En parallèle, les défaillances d’entreprises sont en baisse (- 16,3 %).

Enfin, la fréquentation touristique a connu un véritable effondrement. Entre avril et juin 2020, les hôtels du Grand Est ont totalisé 660 000 nuitées, soit un recul de 83% sur un an. Le déconfinement n’a permis qu’un petit redressement (-69% en juin). Les hôtels haut de gamme ont beaucoup plus souffert que les autres.

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