L’abattoir de Rethel placé en redressement judiciaire

Les abattoirs de Rethel

Sur un effectif de 36 salariés, une dizaine de postes pourraient être supprimés.

L’abattoir est plongé dans l’incertitude. Les éleveurs ont jusqu’au 5 mars pour présenter un plan de sortie.

Sauvé de la liquidation en février 2017 après avoir été repris par la coopérative d’intérêt collectif par actions simplifiées « Viandes et Territoires » qui succédait alors à la Sobevir (Société de bétail et des viandes du rethélois) suite à la démission de l’investisseur haut savoyard, Pascal Himmesoette, l’abattoir de Rethel est à nouveau plongé dans l’incertitude.

En proie à de récurrents soucis de trésorerie qui l’ont contraint à l’état de cessation de paiement le 30 novembre 2019, l’équipement agroalimentaire créé en 1968 a été placé en redressement judiciaire avec poursuite d’activité par le tribunal de commerce de Sedan le 9 janvier.

Les éleveurs, négociants de bestiaux, exploitants et bouchers ardennais, marnais et axonais (70 actionnaires au total) qui se sont fédérés pour sauver un outil de production qui en est à son troisième redressement judiciaire depuis 2013 ont désormais jusqu’au 5 mars pour présenter avec l’aide d’un administrateur judiciaire un plan de sortie susceptible d’assurer la pérennité et la viabilité de cette filière.

DES RÉDUCTIONS D’EMPLOIS

Ce qui passera inévitablement par un plan social aboutissant à la probable suppression d’une dizaine de postes sur un effectif de 36 salariés, une réorganisation stratégique par le biais d’un recentrage sur les prestations de services comme l’abattage et la découpe de bovins et ovins qui ne mobilisent aucune trésorerie et permettent une gestion plus souple, une orientation progressive vers la filière régionale de viande porcine et un renforcement des circuits courts. Par contre, « Viandes et Territoires » ne procédera plus à l’achat de bêtes et sera contraint de réduire son service commercial.

La structure rethéloise attend par ailleurs sa certification IFS et la validation de certains nouveaux contrats. Malgré les efforts prodigués par son directeur, Kevin Tinant, pour remettre aux normes et moderniser la structure (un million d’euros a été investi dan la maintenance sans accompagnement bancaire), opérer le lancement d’un steak hâché 100 % issu d’animaux nés, élevés et abattus dans les Ardennes, refondre le système informatique et enregistrer l’arrivée de nouveaux apporteurs d’affaires, force est de constater que l’abattoir rethélois qui produit 2 600 tonnes de viande (*) et réalise un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros n’est pas sorti du marasme. Il lui faudra donc, dans un court délai, donner toutes les garanties pour son maintien en vie.

Pourtant, dans ce contexte difficile, la Région Grand Est (250 000 euros d’avance remboursable sur sept ans s’inscrivant dans le dispositif régional d’aide à la restructuration des entreprises), la communauté de communes du Pays rethélois (350 000 euros dans le rachat le terrain et du bâtiment avant d’apporter une contre garantie de 40.000 euros pour faciliter les prêts bancaires à l’abattoir) ainsi que la coopérative Vivescia ont envoyé des signaux positifs en soutenant une filière qui tient, il est vrai, une place essentielle dans ce secteur rural.

Mais le manque chronique de fonds de roulement de l’abattoir, constamment en quête de liquidités, s’avère trop handicapant pour redresser définitivement la barre, épurer le passif et changer une situation qui perdure maintenant depuis 2012.

(*) Une activité en légère progression par rapport à 2018 mais en constant recul depuis 2015 (4 000 tonnes) et 2016 (3 600 tonnes)

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