Vincent HarbulotLa vidéo au service des pros

En créant sa société Erolf Productions il y a tout juste neuf ans, Vincent Harbulot a acquis son premier plateau télévisé. Depuis, de déménagements en investissements, ce dernier a bien évolué pour accueillir émissions, séminaires et autres programmes à destination des entreprises. L’entrepreneur dijonnais y présente même, chaque dimanche, Le Talk BFC.

Passionné de télévision, il a pourtant choisi de quitter Paris et son poste à TF1 pour revenir sur ses terres natales proposer une offre télévisée à destination des entreprises. À l’approche des dix ans de sa société, cet entrepreneur dijonnais ne manque pas d’idées pour maintenir un développement et une croissance honorable.

Ses quarante printemps atteints, Vincent Harbulot vit aujourd’hui de sa passion, la télévision, en la mettant au service d’un secteur qu’il affectionne tout particulièrement, le monde économique. Né à Dijon de parents professeurs de musique au collège, c’est tout jeune, depuis le neuvième étage d’une tour du quartier de la Fontaine-d’Ouche qu’il a découvert les médias et s’en est pris de passion. « Adolescent, je rêvais de présenter une émission de radio. Alors, du haut de mes 14 ans, je suis un jour allé frapper à la porte de RCF, qui était à l’époque Radio Parabole, pour rencontrer la directrice, Brigitte Voinet, se souvient-il, amusé. En me voyant arriver, elle a d’abord rigolé et m’a ensuite rapidement expliqué que ça ne fonctionnait pas comme ça, qu’il fallait faire un pilote et qu’une grille des programmes ne se modifiait pas aussi simplement. Mais, elle m’a proposé d’assister aux émissions pour la jeunesse du mercredi après-midi, tout en travaillant mon concept. Finalement, assez rapidement, j’ai trouvé le moyen de lui enregistrer une émission de 30 minutes, qui parlait d’un instrument de musique du conservatoire, avec un professeur et un élève. Pendant l’été, elle m’a rappelé pour me confirmer que mon projet était retenu. J’ai finalement vu mon émission “Mélodie” ajoutée à la grille des programmes, tous les mercredis soir à 19 heures ». Pas farouche, le jeune homme a toujours eu pour philosophie d’aller au bout de ses rêves. Son baccalauréat et un BTS en négociation et relation client en poche, il tente à nouveau le tout pour le tout en contactant cette fois la première chaîne de télévision nationale, TF1. Pendant deux années, il a ainsi officié au poste d’assistant de production puis régisseur, aux côtés de Corinne Fix, la productrice du Juste prix, animé par Philippe Risoli.

EXPORTER LA RECETTE ET LA METTRE À PROFIT DES ENTREPRISES

« Je me souviens avoir un jour dit à Corinne Fix que je ne quitterais pas la télévision mais que j’en prendrais le meilleur pour mettre en “province” les mêmes résultats qu’on peut avoir à Paris. » De retour à Dijon pour des raisons personnelles, Vincent Harbulot a commencé par peaufiner son projet de créer une télévision et un média qui s’adresserait aux entreprises, une démarche qui commençait tout juste, dans les années 2000, sur Paris avec un ou deux plateaux à disposition du monde économique. « J’avais monté un club vidéo au collège Marcel Pardé et j’en avais remonté un au lycée Saint-Bénigne, confie-t- il. Un jour, un ancien camarade de lycée m’a recontacté pour me demander si je faisais toujours de la vidéo pour lui faire son film de mariage. C’est comme ça que j’ai commencé, il y a 15 ans, en achetant un caméscope sur Leboncoin ». De déménagements en investissements, Vincent Harbulot a ainsi débuté son aventure entrepreneuriale sous le statut d’autoentreprise avant de créer sa société, Erolf productions. « En France, il est relativement facile d’entreprendre… Il y a des aides, des organismes qui soutiennent, conseillent, accompagnent. En sommes, tout un écosystème propice au développement d’activité. Seul bémol, peut-être le fait que nous soyons particulièrement taxés », observe-t-il, avant de compléter : « Quand on ne vient pas de ce milieu, ce n’est pas évident de créer son entreprise. Le statut d’autoentrepreneur est bon et sain à partir du moment où on s’en sert comme d’un tremplin vers l’entrepreneuriat, le temps de tester et de monter son projet ».

Si aujourd’hui, l’entrepreneur peut se targuer d’avoir réussi à développer son concept et d’avoir monté une entreprise qui emploie cinq personnes pour un chiffre d’affaires avoisinant les 320.000 euros et une croissance annuelle de 20 %, il se souvient bien du jour où il a acquis son tout premier plateau de télévision. En 2012, la chaîne de télévision locale dijonnaise VOO TV fait faillite, emportant avec elle ses collaborateurs et impliquant une vente aux enchères de l’ensemble du matériel en vue de la liquidation. « Il y en avait pour 24.000 euros de décor et le commissaire-priseur devait tout vendre à la fin de la journée. Il a donc commencé à 3.000 euros et nous a informé qu’il s’agirait d’enchères descendantes… J’ai finalement levé la main à 250 euros, se remémore-t-il. Pourquoi j’ai attendu tout ce temps au risque de le perdre ? Pendant tout le temps de la descente, je me demandais à qui je pourrais bien louer un camion à cette heure si je l’achetais… ».

Ce premier plateau lui a ainsi permis de créer son programme Le Talk BFC, une émission hebdomadaire dans laquelle, chaque dimanche et pendant une dizaine de minutes, il reçoit une personnalité de la région, chef d’entreprise, acteur du monde économique ou encore politique. Un programme qui est venu conforter, si besoin était, la pertinence du projet original. « Le principe est de proposer aux entreprises de monter leur propre média pour leur communication interne et externe, le tout développé sous la forme de petits formats vidéo d’une à deux minutes. Petit à petit, nous sommes arrivés à la création du concept de télévision d’entreprise. À l’image de Rougeot TV, nous avons aujourd’hui une dizaine d’entreprises que nous accompagnons sur ce concept de télévision interne qui se décline à travers un carnet de reportages à l’année, totalement chartés à l’image de l’entreprise. »

LA COMMUNICATION AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Fraîchement imaginé par l’architecte scénographe parisien Philippe Désert, spécialiste des décors télévisés, le nouveau plateau aujourd’hui situé aux portes de Dijon vient ainsi compléter l’offre numérique en matière d’image pour des émissions, mais aussi des vidéoconférences, ou encore des séminaires d’entreprises.

« Quand je suis arrivé dans l’univers des médias, je me suis rapidement rendu à l’évidence qu’il fallait mettre ces médias à la disposition du monde de l’entreprise, explique Vincent Harbulot. Aujourd’hui, nous ne faisons pas de la communication pour faire de la communication. Selon moi, faire de la communication n’a de sens que si elle est un levier de business pour l’entreprise. La communication m’intéresse lorsqu’elle fait avancer et qu’elle rassure ». Dès le premier rendez-vous, les équipes d’Erolf productions laissent ainsi le client parler de son entreprise et des possibles besoins en matière de développement pour, à l’issue, poser un diagnostic et mettre en place une stratégie.« J’ai découvert la communication et le monde de l’entreprise très tôt, grâce aux stages. Je pense qu’il y a, encore aujourd’hui, un fossé trop important entre le monde de l’enseignement et celui de l’entreprise. Il est important de dire aux jeunes de ne pas hésiter à aller frapper aux portes des entreprises et à demander à faire des stages. Les jeunes qui sont motivés pour s’engager, s’investir et travailler, trouveront toujours du travail. Il y aurait beaucoup plus d’intérêt à ce qu’il y ait des connivences réelles et sincères entre l’école et l’entreprise », observe le dirigeant qui fêtera les dix ans de sa société l’année prochaine et ne manque pas d’idées de développement.

Parcours

1980 Naissance, le 21 avril à Dijon.
1994 À seulement 14 ans, Vincent Harbulot anime sa première émission de radio sur RCF (ex-Radio Parabole).
1998 Il rencontre Corinne Fix et fait ses premiers pas en télévision nationale, à TF1.
2006 De retour à Dijon, Vincent Harbulot se lance dans l’entrepreneuriat et met en place une offre télévisée à destination des entreprises.
2012 En créant officiellement sa société Erolf Productions, il acquiert son premier plateau de télévision.
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