La région réfléchit à un pass touristique…

Les annonces du Premier ministre à l’issue du cinquième Comité interministériel du tourisme ont eu de quoi redonner du baume au cœur aux professionnels du secteur lourdement impacté par la crise. Alors que certaines interrogations persistent, notamment quant aux protocoles sanitaires, les professionnels du tourisme de la région organisent la relance.

Cette semaine devrait être décisive pour les professionnels du tourisme et plus particulièrement de l’hôtellerie – restauration. En effet, à l’issue du cinquième Comité interministériel du tourisme, le Premier ministre avait confié que la date de réouverture des cafés-restaurants serait fixée au cours de la semaine du 25 mai, laissant entrevoir la date du 2 juin, « pour ceux qui sont dans des départements verts […] si l’évolution de l’épidémie ne se dégrade pas et sous réserve que les mesures sanitaires recommandées par le Haut conseil de santé publique soient parfaitement respectées ». Une première information avait suffit à redonner de l’espoir aux professionnels du tourisme quant à la saison estivale. « Les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d’août », avait alors cédé Édouard Philippe. Une hypothèse raisonnable que le gouvernement privilégie, toujours « sous réserve de l’évolution de l’épidémie et des possible restrictions localisées en fonction de son évolution ». « Ça a été une véritable boufée d’oxygène, confie Loïc Niepceron, président du Conseil régional du tourisme, en Bourgogne Franche-Comté. Tout comme le plan annoncé par le gouvernement, qui porte sur un total de 18 milliards d’euros si on ajoute les prêts, les mesures qui bénéficient aux touristes, les exonérations de charges, etc. Aussi inédit soit-il, ce plan était très attendu des professionnels du secteur. » Le tourisme représente en effet 42.000 emplois et 6,3 % de la richesse produite en Bourgogne Franche-Comté. D’après le Conseil régional du tourisme, 95 % d’activité était à l’arrêt entre mars et avril, et 72 à 78 % des professionnels auraient perdu trois quarts de leur chiffre d’affaires entre avril et mai. « Pour le mois de juin, la perte estimée avant les annonces du Premier ministre pourrait être limitée à 59 % et leur pronostic pour juillet et août laissait voir un chiffre d’affaires réduit de 30 % », observe Loïc Niepceron.

RELANCER LE TOURISME

Des informations régulières et un suivi des attentes des partenaires, le Conseil régional du tourisme a accompagné ses professionnels durant toute cette période de crise. « La région a même mis en place un fonds spécifique de quatre millions d’euros en faveur du secteur, une mesure qui s’ajoute à celle mise en place en relation avec l’État, complète l’élu. En cinq jours, nous avions déjà recensé plus de 600 dossiers. » En parallèle, le fonds de solidarité restera ouvert jusqu’à la fin de l’année, tout comme l’aide État-région, jusqu’à 10.000 euros. Aujourd’hui, l’objectif est à la reprise avec, en ligne de mire, les vacances d’été. Pour ce faire, l’institution régionale imagine déjà le tourisme de demain. « Nous allons avoir une reprise progressive avec une montée en puissance en fonction des conditions sanitaires qui seront données par le gouvernement. » Un travail de valorisation sera mené pour attirer les Français en Bourgogne Franche-Comté et donner envie aux habitants du territoire de rester dans la région. « N’allez pas chercher ailleurs ce que vous trouverez devant votre porte », pourrait bien être le nouveau leitmotiv du Conseil régional du Tourisme, comme l’explique son président : « Nous sommes en train d’élaborer une campagne de communication qui devrait sortir à la fin du mois de mai pour promouvoir la région. L’idée étant de rappeler aux bourguignons et franc-comtois qu’ils ont tout sur place, en les invitant à découvrir leur région et à en devenir des ambassadeurs ». Loïc Niepceron, aussi élu au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, nous a même confié qu’un pass touristique était actuellement à l’étude. « Il serait valable pour plusieurs jours et permettrait à son détenteur de faire des sauts de puce pour visiter la région ». L’annonce officielle par la présidente de la région, Marie-Guite Dufay, pourrait arriver dans les tout prochains jours. « Le numérique et le digital font aussi partie des actions sur lesquelles nous travaillons actuellement. Une chose est certaine, nous réussirons tous ensemble. Les Français ont été assez prudents et assez sages ces derniers mois, maintenant, c’est à nous de réussir la suite », estime-t-il.

L’HÔTELLERIE – RESTAURATION SOULAGÉE

« Cette année, sauf réouverture des frontières, neuf millions de Français qui avaient prévu de partir à l’étranger vont rester en France, témoigne le président du Conseil régional du tourisme. Il va simplement falloir travailler à redonner confiance aux touristes, et cela passera par le respect et l’affichage de véritables protocoles sanitaires. » C’est sur ce dernier point que les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration attendent beaucoup. « Savoir que, normalement, les vacances d’été pourront se faire et que nous reverrons des touristes pendant la saison estivale est un grand soulagement », explique Patrick Jacquier. Si le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) de Côte-d’Or reconnaît que les mesures annoncées étaient des mesures importantes sur le plan financier, il espère encore un effort quant à l’abandon de certaines charges. Pour ce professionnel du secteur, la réouverture annoncée par le gouvernement ne sera en rien une réouverture, « mais plutôt une ouverture de nouveaux établissements. Nos clients auront changé, nous aurons changé et nos méthodes auront changé. Il est certain que nous ne pourrons rouvrir de la même manière que nous avons fermé il y a maintenant plus de deux mois. » C’est plein d’optimisme que Patrick Jacquier imagine les deux mois d’été. « Juillet et août sera une période de vacances où j’espère que les Français redécouvriront leur pays. La région a une carte à jouer et, si on sait bien accueillir les touristes, je pense que nous pourront recommencer à faire notre métier correctement, et ainsi un peu de chiffre d’affaires… Je suis persuadé que nos métiers ont un avenir ! Le tourisme reprendra quoiqu’il en soit, tout comme la fréquentation des restaurants, bars et cafés. » Un retour à la normale qui prendra tout de même du temps. « Il va falloir que tous, autant que nous sommes, reprenions confiance en ce qui a été mis en place. Il va falloir être vigilant sur les protocoles », complète-t-il.

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