La laine en haut du panier

Après une carrière commerciale, elle a créé Loulenn et propose une couette 100 % française, éco-conçue et biodégradable.

L’année 2020 aura été synonyme de changement de vie pour Euriel Morvézen. Cette Bretonne d’origine a parcouru le monde, comme commerciale en Nouvelle-Calédonie et Australie, puis en tant que responsable grands comptes pour le transporteur DHL, et enfin directrice d’agence du logisticien Röhlig à Toulouse. Elle n’en a pas moins toujours eu une fibre entrepreneuriale. « C’est après avoir vu le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent que j’ai décidé de donner un sens à ma vie et j’ai toujours voulu créer ma boîte », confie la quadra, qui, après un licenciement, a sauté le pas en créant la marque Loulenn, hébergée au sein du pré-incubateur de la Mêlée, Le Starter. Son ambition ? Développer une couette 100 % française, éco-conçue et biodégradable qu’elle a lancée sur le marché pendant le deuxième confinement, via la plateforme Ulule. « J’ai réalisé 83 ventes, bien plus que mon objectif initial de 50 ventes », se réjouit-elle. La crise n’a pas retardé son projet de boutique en ligne. Bien au contraire, les consommateurs se tournent de plus en plus vers des marques écoresponsables. La créatrice est aujourd’hui convaincue des bienfaits de la laine. « Je dors avec une couette en laine depuis plus de 15 ans. C’est en Australie que j’ai découvert cette matière thermorégulatrice, autonettoyante, anti-odeur, apaisante et durable », détaille-t-elle. Et surtout plus écologique et recyclable, contrairement aux couettes synthétiques « bourrées de produits chimiques ». 

Quid du marché de la laine en France ? « Si l’Australie est le premier producteur de laine au monde, les producteurs en France vendent généralement la laine à perte. Et 80 % de la laine française est exportée en Asie, essentiellement en Chine dans des industries de textile, avant de revenir en Europe. Cette matière n’est pas suffisamment valorisée », déplore-t-elle. La quadra s’inspire alors d’initiatives qui connaissent le succès en France et se rapproche du collectif Tricolor qui prétend valoriser la laine et mieux rémunérer les éleveurs. « L’objectif est de transformer la laine en France mais sa transformation requiert différentes étapes que trop peu d’acteurs maîtrisent. » Le made in France, elle y tient. « J’ai trouvé une solution clé en main avec un fabriquant dans le Sud-Est qui ne travaille qu’avec de la laine française. Il fabrique la couette selon le design et le cahier des charges que je lui fournis. Il peut produire 50 couettes par semaine si les ventes décollent ! » L’entrepreneuse compte ainsi séduire les particuliers, tablant sur 80 K€ de CA avec 350 ventes la première année à l’échelle européenne, mais pas seulement. « Je vise également le marché B to B, tels que les gîtes, les chambres d’hôtes, etc.,qui mettent en avant des valeurs écoresponsables, et en marge, des résidences seniors, car les personnes âgées recherchent du confort. » Euriel Morvézen veut même aller plus loin : « Je veux maîtriser la filière, j’ai déjà identifié des éleveurs occitans en vue d’apporter moi-même la laine à mon fabricant. » Elle envisage aussi de développer une gamme de produits autour de l’univers de la décoration, faisant appel à des ateliers de couture. Secrètement, elle rêve d’ouvrir une boutique mais pour l’heure, elle espère attirer l’attention d’un concept store ou d’une boutique toulousaine. 

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