La justice ouvre ses portes le temps d’une journée

Comme Me Sana Ben Hadj Younes, de nombreux professionnels de la justice se sont relayés pour répondre aux questions des visiteurs.

Mardi 29 juin, à l’initiative de l’intersyndicale des professionnels de la justice et comme partout en France, la Cité judiciaire de Dijon a ouvert ses portes aux justiciables pour leur permettre de bénéficier de consultations juridiques gratuites et pour redorer l’image de la justice.

«Loin des idées reçues et des jugements à l’emporte-pièce, nous souhaitons collectivement donner à voir le fonctionnement de la Justice, afin que chacun s’informe directement. C’est ce qui nous a poussé à préparer depuis quinze jours une journée “Justice portes ouvertes” pour proposer à tous les citoyens qui le souhaitent de venir nous rencontrer en passant la porte de leur tribunal », annonçait l’intersyndicale des professionnels de la justice le 8 juin dernier. Mardi 29 juin, comme dans d’autres villes françaises, la Cité judiciaire de Dijon ouvrait donc ses portes aux justiciables. L’occasion pour le Barreau de Dijon d’organiser deux points de consultations juridiques gratuites sur la matinée. « Nous organisons régulièrement, au Barreau de Dijon, des consultations gratuites, mais aujourd’hui, nous souhaitions redonner une certaine confiance au justiciable dans la Justice, en réinstaurant un dialogue », explique Me Sana Ben Hadj Younes, avocate au Barreau de Dijon et présidente de la section dijonnaise du Syndicat des avocats de France (SAF). « Depuis plusieurs semaines, les mises en cause de la Justice vont bon train », alertait l’intersyndicale début juin.

DES DÉLAIS RALONGÉS PAR LA CRISE

Entre autres points que semble soulever le justiciable, celui des délais. « Le justiciable attend quelque chose de la justice et il est vrai que lorsque nous annonçons des délais de traitement allongés, ça ne donne pas une bonne image de la justice. Mais le magistrat pâtit tout autant que le justiciable de ces délais », souligne la présidente de la section dijonnaise du SAF, avant de rajouter : « Ne paraît-il pas compliqué de rendre une justice de qualité après avoir parfois attendu jusqu’à cinq heures avant d’être entendu ? Certes, la crise a rallongé les délais, mais crise ou pas crise, la Justice souffre avant tout d’un manque de moyen ». Une question persiste : Est-ce que ça vaut le coup d’aller jusqu’au bout d’une procédure ? « Face aux délais et au coût, nous allons de plus en plus vers des procédures amiables, observe Me Sana Ben Hadj Younes. Et ce même si cela implique de devoir faire des concessions »

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