La friche des Magasins Généraux amorce sa mue dès cet été

Les Magasins Généraux se situent à l’entrée nord de Reims, dans le quartier du Port Colbert. PHOTOS AXEL COEURET ©

Grâce à « Magasin Libre », les Magasins Généraux, situés sur la friche industrielle bordant les bords du canal à Reims, vont revivre le temps d’un été, avant la réhabilitation prévue du site accueillant à terme un projet de rénovation urbaine.

À l’entrée de Reims au niveau du Port Colbert, impossible de le louper. Ce grand bâtiment blanc flanqué d’immenses lettres, témoignant du passé agro-industriel du site, est bien connu des Rémois. En friche depuis des dizaines d’années, la parcelle de 46 000 m2 abritant les Magasins Généraux mais aussi plusieurs bâtiments ainsi que des tonnes de gravats s’apprête à reprendre vie le temps d’un été, grâce à l’événement « Magasin libre – Quartier estival », organisé par Le Bloc, dont dépend la structure Quartier Libre. « Ce projet nous permet de compléter l’offre Quartier Libre, en ouvrant une terrasse géante estivale », indique Arnaud Bassery, porteur du projet et Directeur général du Bloc. En effet, alors qu’en temps normal l’un des deux bâtiments de 1 000 m2 qui abrite Quartier Libre, La Petite Halle, fédère en temps normal plus de 250 événements, depuis un an, l’espace est déserté et désertique. Considérant « qu’il n’y a qu’en temps de crise que l’on innove et que l’on est poussé à se ré-inventer », Arnaud Bassery a ainsi imaginé avec son équipe, un nouvel espace de jeu où se mêleront activités culturelles et associatives, restauration, découvertes multiples et variées… « Aujourd’hui, au niveau du site, on parle de transition urbaine. L’idée est d’utiliser cette parcelle pour faire une proposition qui préfigurera ce futur lieu de vie, de déployer des offres et services. » Car si Quartier libre accompagne Kaufman & Broad, l’aménageur du site, sur la parcelle des Magasins Généraux, c’est aussi sur ce même lieu qu’à terme, la structure souhaite s’installer en devenant propriétaire de bâtiments. Ce site devant aussi accueillir à terme, selon le développement souhaité par la Ville, Neoma ainsi que l’Esad. L’événement impliquera citoyens et partenaires, entrepreneurs voisins du site et futurs acteurs. « La meilleure manière de faire renaître le quartier et de le réinvestir est de commencer à créer du contenu », relève celui qui fourmille de projets.

DE L’ART ÉPÉHÉMÈRE…

Le coup d’envoi de « Magasin Libre » prendra la forme d’une co-construction géante d’un monument éphémère en cartons, chapeautée par l’artiste Olivier Grossetête. « Avec les Constructions monumentales participatives en cartons, j’explore l’espace urbain et le vivre ensemble. C’est à la fois une réflexion sur l’image et la symbolique de l’architecture qu’un projet social et « politique ». J’invite les habitants d’une ville à se réunir autour de l’édification d’un bâtiment utopique, éphémère et dérisoire, pour vivre ensemble une expérience artistique où chacun prend la place qui lui semble juste », livre l’artiste. Le projet de divisera en quatre temps : il débutera par sept jours d’atelier, hébergé par l’entreprise de BTP voisine Demathieu Bard. Y seront associés 14 jeunes accompagnés par l’École de la seconde chance (E2C) dans le cadre de l’action culturelle et inclusive P4rc0urs. La construction en elle-même, lors du deuxième temps, durera huit heures. Le troisième temps sera celui « de la contemplation », afin de réfléchir aux espaces. Le quatrième et dernier temps entrainera la destruction des 2 600 cartons, « un grand moment d’euphorie collective, un peu régressif comme lorsque l’on détruisait les tours en légo quand on était enfant ».

À L’INTELLIGENCE COLLECTIVE

Si l’inauguration de « Magasin Libre » se veut ludique et festive, l’objectif est bien de développer des projets qui permettent de faire travailler « l’intelligence collective », en s’articulant autour de quatre axes : découvrir / goûter / participer / fêter. « Sur le site d’une surface de 5 700 m2 exclusivement en extérieur, on programmera une quinzaine d’artistes spécialisés dans le graph issus de la France entière, un marché de créateurs, on installera également un chemin de la flore, car les friches regorgent d’espèces très particulières ainsi qu’un site potager d’une quinzaine de bacs. Des espaces de restauration, privilégiant le local et les circuits-courts avec des food-truck seront aussi proposés », détaille Arnaud Bassery.

La partie festive sera assurée par un Champ’garden sur le modèle des « Biergarten » munichois avec une quinzaine de références, aussi bien de Maisons, que de coopératives ou producteurs. « On souhaite valoriser le produit champagne dans sa globalité. » D’ailleurs, Arnaud Bassery souligne que « ce projet ne pourrait pas avoir lieu si une quarantaine de partenaires privés ne soutenaient pas l’initiative. On est la douzième ville de France, on se doit donc d’être à la hauteur en termes d’offres diversifiées. » Si le concept plait, il pourrait se décliner au fil des saisons mais aussi ailleurs en France, inventer des nouvelles manières d’investir la ville, se réapproprier les territoires dans une logique écologique et de développement durable étant un enjeu majeur de demain. « On se revendique Générateur d’in- novation », insiste ainsi le co-créateur de Quartier Libre. « Et si l’on ne veut pas subir les changements, il faut créer des tendances d’avenir. » L’événement qui débutera le deuxième week-end de juin aura une jauge de 1 000 personnes, Covid oblige.

Arnaud Bassery, président fondateur du Bloc a encore de nombreux projets en tête.

C’est sur une surface totale de 5 700m2 exclusivement en plein air que les différentes activités et offres seront proposées .

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