La French Tech Toulouse, moteur de la relance

De gauche à droite, Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région Occitanie, en charge du développement économique, de la recherche, de l’innovation et de l’enseignement supérieur, Sandrine Jullien-Rouquié, président de la French Tech Toulouse, Karim Ben Dhia, Alexis Janicot, Thibault de Bouville, Cécile Morel, Cédric Giorgi et Carole Zisa-Garat.

L’association présidée par Sandrine Jullien-Rouquié vient de faire de la Cité, à Montaudran, son second port d’attache. L’occasion de dévoiler sa nouvelle feuille de route et d’annoncer l’événement qui y réunira l’ensemble de l’écosystème le 6 juillet prochain.

La Cité, dans le quartier Montaudran à Toulouse, accueillera, le 6 juillet prochain, son premier grand raout. La French Tech Toulouse, qui vient d’y prendre ses quartiers, sonne en effet l’heure de la reprise en y organisant, en présentiel, la deuxième édition de son événement annuel, intitulé cette fois Time To Be Together. Il constitue le temps fort de la saison pour la communauté d’entrepreneurs de la tech réunie autour de Sandrine Jullien-Rouquié, présidente de la French Tech Toulouse. Un mouvement qui, comme elle le rappelle, a pour ambition d’« aider les futures start-up innovantes à démarrer, soutenir le développement de nos PME à plus fort potentiel et encourager l’essaimage de solutions à impact sociétal ou environnemental positif ». Initié en 2013 par le ministère de l’Économie pour favoriser le développement des entreprises innovantes françaises, dans l’Hexagone et à l’international, le mouvement est animé depuis 2019 par des collectifs d’entrepreneurs. À Toulouse, ils sont huit*, réunis au sein d’une association, à impulser la dynamique, soutenus financièrement par l’État, la Région, Toulouse Métropole et le Sicoval.

Après deux années de quasi-sommeil, forte d’une nouvelle gouvernance, l’association French Tech Toulouse avait en janvier 2020 de grandes ambitions, à l’image du thème de l’événement annuel programmé en 2020 : Time To Shine Together. La Covid-19 a cependant un peu refroidi ces ambitions. Pour autant, l’association n’a pas à rougir des avancées réalisées en 18 mois.

La force de la French Tech Toulouse résidant dans la capacité de ses membres à interagir, les liens entre les acteurs de la French Tech Toulouse se sont ainsi significativement resserrés. Sur la seule année 2020, 47 rencontres, essentiellement en distanciel, ont été organisées, prenant la forme de webinaires d’informations, de visioconférences sur les effets de la Covid… « D’une simple émulation autour d’un label, on assiste à l’émergence d’une communauté French Tech Toulouse », résume-t-on au sein de l’association. Une communauté qui attire, qui plus est, de plus en plus de monde : de moins d’une dizaine il y a deux ans, l’association compte aujourd’hui 235 membres.

56 ENTREPRISES BÉNÉFICIAIRES DES PROGRAMMES NATIONAUX

L’autre enjeu majeur pour l’association est de faciliter l’accès de ses membres et notamment des start-up aux programmes nationaux de la French Tech, à charge pour l’association toulousaine de repérer les pépites et de les embarquer dans ces dispositifs de soutien mis en place à l’échelon hexagonal. 56 entreprises ont ainsi pu bénéficier de cet accompagnement. Parmi les programmes les plus emblématiques, figurent le French Tech Tremplin (de cinq lauréats toulousains pour la première promotion, leur nombre est passé à 13 pour la seconde), French Tech 120 et Next40 (dont ont bénéficié Sigfox, Ilek, Easymile, Reuniwatt et Kinéis), la Bourse French Tech dont 25 pépites régionales ont pu profiter et la Bourse French Tech émergence, avec également 12 lauréats à Toulouse. À noter que dans le cadre du programme French Tech Tremplin, les lauréats toulousains de la première promotion ont bénéficié d’un accompagnement de six mois supplémentaire par rapport au pro- gramme national grâce à la la mobilisation d’At Home, de Nubbo de plusieurs chefs d’entreprise mentors et au mécénat de BricoPrivé.

L’année 2020 a également vu la mise en place de French Tech Central qui vise à faciliter l’accès des start-up aux services publics, via des rendez-vous individuels ou des webinaires d’informations. En Occitanie, désormais, 24 administrations publiques participent au programme, l’une des offres les plus pourvues sur le plan national.

En 2021, Sandrine Jullien-Rouquié et son équipe se sont donné pour ambition de porter à une centaine le nombre d’entreprises régionales bénéficiaires des programmes nationaux de la French Tech. Pour identifier plus facilement les cibles potentielles, un observatoire des start-up a été constitué, compulsant quelque 27 000 données issues de plusieurs centaines d’entreprises toulousaines.

UN ATLAS DES PÉPITES DE LA VILLE ROSE

Ces travaux ont permis à l’association de dresser une cartographie plus précise de l’écosystème toulousain. 540 entreprises innovantes ont ainsi été identifiées sur le territoire de la French Tech Toulouse, dont 42 % ont moins de deux ans. Malgré la crise, 80 ont vu le jour sur la seule année 2020. Si elles sont issues de secteurs d’activité divers, quatre domaines se détachent cependant : les solutions BtoB digitales ayant trait au marketing, aux ressources humaines ou encore à la finance, les technologies dédiées à l’environnement, les solutions liées à la smart city et les sciences du vivant, biotechs et healthtechs en tête.

L’observatoire de la French Tech Toulouse permet d’identifier d’autres valeurs importantes dont l’emploi et le chiffre d’affaires généré par les entreprises innovantes de la Ville rose. Leur effectif global est estimé à 10 000 personnes – un nombre en forte croissance depuis deux ans : elles employaient 7 500 personnes il y a deux ans – pour un chiffre d’affaires de 860 M€ en 2020, contre 465 M€ en 2019, soit une croissance sur l’année de 85 % ! Un taux qui masque cependant de fortes disparités. Malgré la pandémie, trois secteurs ont été particulièrement performants : l’e-commerce, les solutions digitales BtoB et les technologies dédiées à l’environnement.

L’observatoire permet également de mesurer l’ampleur des levées de fonds réalisées par les pépites de la Ville rose et partant, d’apprécier l’attractivité de la place toulousaine. 25 opérations ont été recensées l’an dernier pour un montant global de 164 M€, dont le beau coup réalisé par Kinéis qui a elle seule a levé 100 M€.

ACCÉLÉRER LA REPRISE

Alors que les différentes mesures de soutien à l’économie vont se tarir, la French Tech Toulouse imagine de nouveaux moyens d’action pour accélérer la reprise des entreprises innovantes du territoire.

Mis en place dès à présent, le premier de ces dispositifs, dénommé Tech Transition, concerne les néoentrepreneurs en situation de transition professionnelle. Sont ainsi visées les personnes qui ont perdu leur emploi pendant la crise ou que la pandémie a conduites à s’interroger sur leur parcours de vie et qui souhaitent se tourner vers l’entrepreneuriat. Une transition jugée complexe et que l’association souhaite faciliter. « Nous ouvrons la communauté French Tech Toulouse à toutes celles et tous ceux qui ont un projet de création d’entreprise innovante ou qui s’interrogent pour aller vers l’entrepreneuriat ». Une vingtaine de salariés bénéficient déjà de ce nouveau dispositif d’accompagnement, l’association jouant le rôle de coordonnateur entre les différents acteurs publics et privés.

L’ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES DE LA TECH FOR GOOD AU CŒUR DE SA STRATÉGIE

Autre dispositif que la French Tech Toulouse met en place dès maintenant, le programme Scale Up Excellence vise, lui, à accompagner la croissance des start-up les plus dynamiques, l’objectif étant d’accroître leur visibilité et d’augmenter leurs opportunités d’affaires en France. 15 entreprises toulousaines, sur un total de 63, sont lauréates du programme Scale Up Excellence déployé par trois autres capitales French Tech (Lille, One [Lyon-Saint-Étienne] et Méditerranée [Gard, Hérault et sud-Aveyron]). Le programme comporte des master classes, des ateliers, l’intégration d’un réseau intercapitales et un accès privilégié à French Tech Central.

Pour donner plus d’ampleur à cette initiative, une journée de rencontres entre donneurs d’ordre – acheteurs publics ou privés de la région et à l’international – et entreprises innovantes, est d’ores et déjà prévue le vendredi 10 décembre à Toulouse.

Un troisième dispositif pensé par la French Tech Toulouse se met dès à présent en place. Intitulé La Tech a du cœur, il vise plus particulièrement les entreprises innovantes à impact. Partant du constat qu’aucune entreprise issue de la région Occitanie n’a été retenue dans le classement Green20, qui visait à identifier, au niveau national, dans le domaine de la green tech, les 20 entreprises innovantes à plus fort potentiel, l’association entend combler les écarts. Il s’agira de renforcer la structuration et la pérennité des entreprises innovantes à impact, selon trois axes : « la professionnalisation des pratiques », avec la mise à disposition d’outils de pilotage de l’impact et de la RSE pour aider les chefs d’entreprise dans la prise de décision ; une meilleure connaissance des stratégies d’investissements des fonds à impact ; et le partage des bonnes pratiques des entreprises relevant de la tech for good au sein du réseau French Tech. Une enveloppe de 120 K€ a été mobilisée grâce au concours du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance, de la Région Occitanie et du Sicoval pour porter ce dispositif. « La French Tech Toulouse souhaite être une locomotive dans le réseau French Tech sur les sujets d’impact ». L’initiative sera officiellement lancée le 6 juillet lors de l’événement Time To Be Together.

www.lafrenchtechtoulouse.com

*Huit entrepreneurs composent le comité exécutif de l’association. Outre Sandrine Jullien-Rouquié, PDG de Ludilabel, il s’agit de Christian Bec, vice président de Syntony, Karim Ben Dhia, PDG d’Adveez, Thibault de Bouville, directeur financier de Delair, Cédric Giorgi, directeur général adjoint de Kaduceo, Marc Leverger, PDG de Bricoprivé, Cécile Morel, et Carole Zisa-Garat, PDG de Telegrafik.

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