La Commission élabore son future plan de relance

Au tournant de son histoire contemporaine, l’Union européenne bénéficiera d’un plan de relance économique à moyen terme.

Au terme d’un Conseil européen, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont entériné un accord de principe sur la nécessité d’un plan de relance économique à moyen terme et ont chargé la Commission d’en définir les détails pour faire face à la crise du Covid-19. Les représentants des 27 États membres ont tout d’abord approuvé le plan d’urgence à court terme proposé par l’Eurogroupe, à hauteur de 540 milliards d’euros et le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé les parlements nationaux à légiférer pour que ce dernier soit appliqué au 1er juin. Sur le plan de relance à plus long terme les dirigeants se sont cantonnés aux grandes lignes et on fait un constat unanime : « face à une crise exceptionnelle il faut aller vite et fort ». De ce point de vue un accord de principe a été trouvé pour un grand plan de relance censé répondre à la crise financière qui s’annonce. Si les contours de cet accord restent encore flous notamment sur le montant, il existe une certitude à l’issue des négociations, ce plan sera rattaché au budget pluriannuel de l’Union européenne défini par la Commission. La Commission européenne voudrait porter à 2 % du revenu brut national de l’Union européenne le plafond de ressources propres du budget européen pour les deux ou trois premières années du nouveau cycle budgétaire, contre 1,02 % actuellement. Constitué à 75 % par des contributions nationales, la hausse de ces contributions avait jusque-là été sujette à d’importantes divisions mais, Angela Merkel, la chancelière allemande a assuré que son pays était prêt à augmenter sensiblement sa contribution au budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027.

QUELQUES DÉSACCORDS

De profondes divisions subsistent néanmoins sur les modalités de redistribution : Emmanuel Macron milite pour des transferts budgétaires, soit des subventions directes financées par le budget européen, alors que le États dits « frugaux » préfèrent l’octroi de prêts impliquant donc des remboursements. Plusieurs montants ont également été évoqués : l’Espagne a notamment proposé d’engager 1.500 milliards d’euros soit 10 % du PIB européen tandis qu’une note interne de la Commission avançait un montant de 2.000 milliards d’euros. Pour financer un tel plan la question d’un emprunt européen a été abordée et continue de raviver des lignes de fracture entrevues au cours du débat sur les « coronabonds ». La Commission, garantie par les États pourrait en effet lever des fonds sur le marché financier pluriannuel par le biais d’un programme consacré à la relance. L’exécutif européen envisagerait de lever 320 milliards pour alimenter ce plan de relance. La présidente de la Commission européenne a pour sa part évoqué un montage qui permettrait d’emprunter jusqu’à 1.000 milliards d’euros sur trois ans et Angela Merkel a cependant rappelé son opposition à tout endettement mutualisé. À ce sujet toutes les questions restent donc en suspens et l’accord sur le budget pluriannuel déjà très en retard sur la feuille de route initiale pourrait être encore repoussé, paralysant de fait les programmes prenant fin au 31 décembre 2020.

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