La CAPEB Marne donne de la voix

Le président Dominique Hautem a prononcé un discours offensif lors de l’assemblée générale de la CAPEB Marne.

À l’occasion de l’assemblée générale de la CAPEB Marne, le président Hautem a énuméré tous les freins qui pénalisent l’activité des entreprises de la confédération. Denis Conus, le préfet du département, a répondu « conjoncture économique »…

Si la forme est toujours restée courtoise, le fond n’en était pas moins offensif. Pour parler clair – et un peu familièrement -, dans son discours de clôture de l’assemblée générale de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) de la Marne, devant deux députés (Charles Amédée de Courson et Valérie Beauvais), un sénateur (Yves Detraigne) et le préfet du département, le président Dominique Hautem a « envoyé du lourd ». Florilège non exhaustif.

Il regrette ainsi vivement que la loi ELAN (Evolution du Logement et Aménagement Numérique), aux objectifs louables, ne réponde malheureusement pas aux préoccupations majeures des entreprises, « de mettre en place des mesures simples, efficaces, opérationnelles et surtout pérennes ». Il réclame que soient pérennisées les aides fiscales existantes pour encourager la réalisation des travaux, et que soient réduites les charges des entreprises, « y compris la fiscalité locale ».

CONCURRENCES DÉLOYALES

L’élimination des concurrences déloyales (notamment celle issue du travail détaché) est une des revendications de la CAPEB. Dominique Hautem regrette par ailleurs « la suppression de l’obligation de suivre le stage de préparation à l’installation prévue dans le projet de loi PACTE, qui favorisera l’émergence de chefs d’entreprise mal préparés », de même que le prélèvement à la source qui transforme les entreprises en « percepteurs de l’impôt sur le revenu ».

Rappelant que la CAPEB est, en France, la première organisation patronale en nombre d’entreprises, tous secteurs confondus, Dominique Hautem n’entend pas que celles-ci soient « réduites au silence ». Son intervention a été émaillée de nombreux applaudissements venus des participants à cette assemblée générale…

OPTIMISME

Très attentif à la prise de parole du président de la CAPEB, le préfet Conus a noté tant « la mise en cause de l’Etat » que l’absence de toute «langue de bois»! Puis il a argumenté point par point, relevant, par exemple, que la CAPEB savait se faire entendre puisqu’elle avait obtenu, dans la loi de finances 2019, le rétablissement du crédit d’impôt pour certains travaux. Il notait encore l’augmentation des travaux découlant directement de l’Etat, notamment dans le cadre de l’Anah. Il se félicitait du redémarrage de l’apprentissage, initié par le ministre de l’Education Nationale.

Mais Denis Conus a aussi prôné l’optimisme en soulignant que c’est bien de « la conjoncture » que dépend la situation des entreprises. Il reconnaît un « tassement de croissance » (après une reprise progressive au cours des trois dernières années) mais relève que, dans la Marne, il y a une légère croissance démographique et une légère baisse du chômage. Si l’on y ajoute l’engagement du gouvernement d’accroître le pouvoir d’achat des Français à hauteur de 10 Mds d’euros, et la stabilité des taux d’intérêts bas, 2019 ne s’annonce pas nécessairement catastrophique pour les ressortissants de la CAPEB. Réponse dans quelques mois…