ITK, leader des solutions connectées pour l’agriculture

Aline Bsaibes, directrice générale d’ITK.

L’entreprise héraultaise ITK, spécialiste des outils d’aide à la décision pour les agriculteurs, espère changer la donne à travers le projet Occitanum. Elle poursuit également son expansion aux USA et en Chine ainsi que sa R & D notamment en Afrique.

Intelligence Technology Knowledge (ITK) est l’un des 46 partenaires du projet Occitanum lancé le 6 octobre à Montpellier (lire notre édition du 12.10.2020). Dans le cadre des appels à manifestation d’intérêt, l’entreprise, pionnière des services connectés pour le domaine agricole, devrait recevoir ainsi une enveloppe de 8 M€ de la Caisse des Dépôts en vue d’adapter ses solutions sur le territoire régional, notamment au cœur de quatre living labs axés sur la viticulture, l’arboriculture, l’élevage et la culture.

Fondée il y a 15 ans à Clapiers dans l’Hérault, ITK, qui a généré 10M€ de CA en 2019 dont 50 % à l’export, est spécialisée dans le développement d’outils d’aide à la décision pour les agriculteurs et la production d’appareils de mesure en temps réel. Ses solutions connectées englobent l’ensemble de la chaîne alimentaire (agriculteurs, conseillers, coopératives, fournisseurs d’intrants, logisticiens, transformateurs, etc.) avec pour mission d’optimiser le rendement autant dans les domaines de la culture que celui de l’élevage. « Notre outil permet aux exploitants agricoles d’obtenir des recommandations prévisionnelles en vue de prendre les décisions au meilleur moment, notamment pour la plantation, l’irrigation, la fertilisation, la prévention des maladies, l’utilisation d’un traitement, etc., et ainsi assurer une productivité optimale, détaille Aline Bsaibes, directrice générale d’ITK. Nous collaborons également avec des fournisseurs d’intrants, des logisticiens pour les aider à mieux gérer les prédictions et éviter les pertes sèches, ainsi que des assureurs, un véritable marché de niche, pour distinguer l’origine de la perte de rendement entre les aléas climatiques et moraux relatifs au travail de l’agriculteur. »

Pour l’heure, l’entreprise, qui est également basée en Californie, compte 490 000 hectares, soit 1 million d’acres connecté notamment pour les grandes cultures irriguant le sol américain et 350 000 vaches connectées essentiellement en Europe, (dont la France, l’Allemagne, la Belgique, et les Pays-Bas), et les USA. Si la pandémie a ralenti son activité, ITK poursuit cependant son expansion en Chine, avec la signature de premiers contrats visant notamment le domaine de l’élevage et mise beaucoup sur le projet Occitanum. « Lors de notre création, nous avons développé nos solutions avec un partenaire américain, car l’agriculture européenne était nettement moins technophile. Aujourd’hui, l’Europe est plus encline à adopter le numérique dans l’agriculture. Ainsi, nous attendons une accélération à travers le projet Occitanum, l’enjeu étant d’apporter via les living labs des évolutions dans les pratiques agricoles en Occitanie en répondant aux besoins des agriculteurs. De fait ce ne sont pas les agriculteurs qui doivent s’adapter à nos solutions mais l’inverse », souligne-t-elle.

Dans un premier temps, les appels à manifestation d’intérêt viseront notamment la viticulture et l’élevage. L’un des enjeux d’ITK est de poursuivre un projet de R&D, en collaboration avec l’entreprise Sun’Agri nichée dans les Pyrénées-Orientales, sur une solution de persiennes photovoltaïques, dotée d’outils de gestion numériques. « L’objectif est de préserver les rendements et la qualité de la production végétale, tout en produisant de l’énergie renouvelable. Nous obtenons une réduction de la consommation en eau, une préservation des plantes contre le gel l’hiver, et une protection contre les ravageurs. » Concernant l’élevage, l’un des défis est de contrer les maladies bovines, un véritable fléau. Pour ce qui est de l’arboriculture, l’entreprise planche sur un outil en vue de gérer le stress hydrique chez des arbres fruitiers tels que les amandiers, les oliviers ou les cerisiers. Une première commercialisation est d’ailleurs prévue sur les amandiers en Californie d’ici 2021.

En marge de ce projet d’envergure et plusieurs recherches encore confidentielles, l’entreprise, qui a augmenté son effectif de 30 % en 2020, portant son équipe à 120 collaborateurs dont quatre en Californie, deux en Bretagne, et 105 en Occitanie, est tête de file d’un nouveau consortium d’entreprises – en partenariat avec Airbus Defence and Space – qui a vu le jour cet été . Il s’agit d’une étude sur la séquestration du carbone dans les sols agricoles africains, une première mondiale. Ce projet vise notamment à accélérer l’agriculture décarbonée, un des grands enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique, en intégrant des solutions numériques et ainsi trouver un meilleur équilibre entre productivité et durabilité. « Nous disposerons d’un tableau de bord qui suivra la dynamique du carbone dans le sol, ainsi que le cycle d’autres nutriments déjà surveillés par nos solutions telles que l’eau, l’azote, etc.» Améliorer la santé des sols, booster les rendements des cultures et réduire l’utilisation d’engrais, en vue d’augmenter les sources de revenus des agriculteurs, sont les autres objectifs du projet baptisé Kilimeo au Kenya (Comté du Vihiga) qui a vocation à être déployé dans d’autres pays.

L’Afrique est ainsi devenue le nouveau terrain de jeu de l’entreprise qui porte également des actions au Maroc et qui dévoilera cet automne d’autres projets de développement. ITK projette d’augmenter son CA global de 25% en 2021, essentiellement sur l’élevage de bovins, visant l’Europe, les USA et la Chine.

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