Été 2020 : des vacances made in Bourgogne Franche-Comté

Le secteur du tourisme a été frappé de plein fouet par la pandémie de coronavirus.
À tel point que l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) s’attend à une baisse d’un tiers des recettes de l’année à l’échelle plané-aire. La France, qui demeure la première destination touristique mondiale avec près de 90 millions de touristes en 2019, sera probablement l’un des pays les plus impactés. Avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 170 milliards d’euros, la filière du tourisme fait vivre deux millions de Français. Un bilan à revoir à la baisse cette année puisque l’activité s’est arrêtée pendant près de trois mois en raison du confinement, lequel est responsable d’une perte de 40 milliards d’euros pour le secteur.

À l’échelle de la Bourgogne Franche-Comté, le tourisme est une activité économique génératrice de richesses non négligeables puisque sur une année ordinaire, elle représente jusqu’à 42.000 emplois en haute saison. « Le tourisme : c’est 6,3 % du PIB régional soit un total de 4,6 milliards d’euros par an selon l’Insee », précise Loïc Niepceron, président de Bourgogne Franche-Comté tourisme. Pour lui, il est indéniable que le coronavirus a eu un impact sur le tourisme régional. « Si on compare avec l’année 2019 à la même période, les nuitées ont chuté de 53 % entre le 15 mars et le 30 avril, soit une perte de quatre millions de nuitées pendant le confinement. Nous n’avons pas encore de données précises sur le mois de mai cependant, nous craignons un recul de fréquentation égal à celui du mois d’avril. Au total, la pandémie de coronavirus et les mesures prises pour l’endiguer pourraient mener à une perte de huit millions de nuitées. Par ailleurs, si le mois de mai s’apparente au mois d’avril, la perte de chiffre d’affaires en région pourrait grimper jusqu’à 420 millions d’euros. Plus globalement, la fréquentation touristique en région a diminué de moitié. Quelques nuitées d’affaires ont malgré tout été enregistrées pendant le confinement notamment grâce au transport routier », nuance-t-il.

Du côté du transport ferroviaire, le bilan est là encore catastrophique puisque seulement 1,5 % des voyageurs de la SNCF en Bourgogne Franche-Comté empruntaient les TER pendant le confinement contre 60.000 voyageurs en temps normal.

Ahlame Buisard, directrice générale du groupe Bernard-Loiseau qui emploie plus d’une centaine de personnes, souligne quant à elle la brutalité de la fermeture des établissements : « Le 14 mars a été un samedi noir. Tous nos restaurants étaient pleins, devoir les fermer à minuit a été vécu comme une injustice. Nous n’avons pas pu anticiper. Des clients séjournaient à l’hôtel, nous avons dû leur annoncer qu’ils devaient partir, nous n’avons pas pu écouler les stocks de nourriture et la mise en chômage partiel du personnel s’est également faite dans l’urgence ». Un choc auquel s’ajoutent les pertes puisque le
planning du relais Bernard Loiseau était déjà rempli à 70% en mars dernier : « Nous avons
bien entendu contacté les clients pour leur proposer de reporter leurs réservations mais sans connaître la date de réouverture, il était difficile de se projeter. Par conséquent, nous avons essuyé un certain nombre d’annulations
».

Elle dénonce également le manque d’informations dont a été victime le secteur de l’hôtellerie-restauration : « Si nous avions été informés en amont, nous aurions pu nous organiser plus facilement et plus rapidement pour la reprise. Les annonces du 28 mai pour le 2 juin ne nous laissaient pas vraiment de marge de manœuvre surtout avec la mise en place d’un protocole sanitaire assez stricte. De plus, remplir un restaurant prend du temps. Dans nos maisons, les plannings de réservations se complètent six mois voire un an à l’avance. Désormais, nous prenons des réservations au jour le jour, c’est une période difficile. C’est la raison pour laquelle nous avons élargi notre axe d’ouverture. Cela dit, nos habitués sont présents et tout est fait pour que les clients vivent une belle expérience dans nos établissements ». Dès lors, tous les regards sont maintenant dirigés vers cet été qui fera figure de dernière chance pour sauver la saison. « Nous n’avons pas le droit à l’erreur, nous ouvrons à perte et tous nos établissements n’ont pas encore rouverts. C’est le cas du restaurant Loiseau Rive Gauche à Paris, pour lequel nous observons attentivement le comportement des touristes étrangers, qui constituent la majorité de la clientèle. Nos autres craintes portent sur une éventuelle deuxième vague avec la fermeture de restaurants et hôtels et la baisse du pouvoir d’achat des Français même si nous sommes un pays de gastronomie. On peut donc penser qu’après tant de privations, les clients seront au rendez-vous. Quoiqu’il en soit, l’été est une période très importante pour nous, cette année, nous comptons beaucoup sur la clientèle locale, laquelle représente 80 %des clients au Relais de Saulieu. »

INSTITUTIONS ET COLLECTIVITÉS AU CHEVET DU TOURISME

En plus des mesures annoncées par l’État dont l’exonération des cotisations sociales ou encore l’annulation des loyers et redevances d’occupation du domaine public, les élus du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté ont voté, le 29 mai dernier, un vaste plan de relance en faveur du tourisme. Ce dispositif s’élève à plus de 80 millions d’euros et s’articule autour de deux axes. « Le premier, consiste à abonder le fonds d’urgence pour les hébergements touristiques à hauteur de sept millions d’euros au total afin de soutenir la trésorerie des entreprises et l’ouvrir aux microentreprises et entreprises individuelles. Il s’agit d’une aide forfaitaire de 3.000 euros pour les meublés de tourisme et chambres d’hôtes et de 5.000 euros pour les autres types d’hébergement. Plusieurs critères d’éligibilité ont été instaurés comme par exemple, une baisse de chiffre d’affaires de 50% minimum cumulée entre mars-avril 2019 et mars-avril 2020. Cette mesure s’adresse notamment aux structures d’exploitation qui comptent jusqu’à 50 salariés », précise la région. L’autre axe majeur de ce plan consiste en la mobilisation des outils d’investissements pour les projets touristiques. « Le projet de création d’une Foncière hôtelière régionale est en cours d’élaboration en partenariat avec la Banque des Territoires et plusieurs partenaires bancaires. Cet outil aura pour vocation principale l’acquisition et la construction d’actifs immobiliers ou la réalisation de travaux de rénovation, d’agrandissement ou de transformation, l’administration et l’exploitation par location et la cession. Une fois le projet immobilier réalisé, il sera loué à un exploitant pour une durée déterminée, à l’issue de laquelle le bâtiment lui sera revendu. » Cette mesure devrait avoir un impact budgétaire de 1,5 million d’euros. Enfin, le fonds régional d’investissement, baptisé « Défi 3 » sera ouvert à quelques grands équipements structurants touristiques portés par des entreprises. « Le principe consiste en des prises de participations minoritaires dans le capital d’entreprises pendant une durée de trois à sept ans avant de revendre. Ce fonds de 20 millions d’euros est mis en place en partenariat avec BpiFrance et les acteurs bancaires », complète la région Bourgogne Franche-Comté.

Par ailleurs, la Banque des territoires a décidé de s’unir à la région, lesquelles dotent 2,2 millions d’euros chacune soit un total de 4,4 millions d’euros, qui sera également abondé par les départements de la Nièvre et de l’Yonne. « Ce fonds est destiné à aider 350 à 400 associations, sous forme de prêts pouvant aller jusqu’à 70.000 euros afin de soutenir la reprise de leur activité économique », explique Antoine Bréhard, directeur régional de la Banque des territoires en Bourgogne Franche-Comté. Le prêt « relève solidaire » sera déployé par France Active Bourgogne et France Active Franche-Comté qui apporteront leur expertise financière destinée à favoriser le maintien des concours bancaires et la recherche de financements complémentaires. « La Banque des territoires renforce par ailleurs son appui à France Active avec une nouvelle dotation à hauteur d’un million d’euros, tout comme la région qui apporte 600.000 euros supplémentaires aux outils déjà en place. »

Afin de renforcer l’offre hôtelière indépendante, la Banque des territoires participe, aux côtés de la région à la création d’une foncière hôtellerie. « Cette nouvelle structure est adossée à Batifranc (société financière régionale pour l’immobilier d’activité) et contribuera à l’amélioration quantitative et qualitative de l’offre d’hébergement régionale. Cela va donc permettre de pérenniser les hôtels existants et de conformer leur positionnement en renforçant la qualité de leur offre de service », ajoute-t-il. La Banque des territoires apporte 39 % du capital, aux côtés de la région et de Batifranc qui en apportent chacun 20 % et des banques régionales (21 %). « Initié avant la crise sanitaire, ce projet de foncière hôtellerie s’inscrit toutefois pleinement dans le plan de relance du tourisme. »

SE RÉINVENTER OU PÉRIR

Les annonces concernant la relance du secteur et les mesures de soutien financier ne suffisent pas. Pour survivre, les sites touristiques doivent impérativement s’adapter aux gestes barrière quitte à se réinventer. À Villers-le-Lac dans le Doubs, le respect de la distance de sécurité a contraint la compagnie Droz-Bartholet qui accueille jusqu’à 350.000 visiteurs sur une année normale, à réduire le nombre de personnes acceptées à bord des bateaux. « Par conséquent, nous conseillons fortement aux visiteurs de réserver à l’avance soit par téléphone soit sur notre billetterie en ligne pour que nous puissions mieux anticiper les jauges. La réservation en amont permet aussi aux clients d’éviter de toucher les terminaux de paiement électroniques, même s’ils sont régulièrement désinfectés », souligne Tiffany Droz-Bartholet, issue de la cinquième génération de l’entreprise familiale.

À Besançon, la Citadelle qui a rouvert le 2 juin dernier tient à préciser qu’elle s’est largement inspirée de ce qui était fait dans d’autres parcs zoologiques pour mettre en place le protocole sanitaire et réétudier le parcours visiteurs. « Le Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (Snelac) qui regroupe près de 500 entreprises nous a également beaucoup aidés dans la préparation de notre reprise puisqu’il faut savoir que la réouverture après le confinement n’est pas la même que pour une nouvelle saison. Nous avons longuement réfléchi à la déambulation des visiteurs, au nettoyage des lieux ainsi qu’à la réinstallation de nos espaces. D’ailleurs, certains comme les parties muséales, le naturalium, le noctarium ou encore l’insectarium ne rouvriront que début juillet. Nos inquiétudes portaient également sur le risque de transmission du virus à nos animaux du parc zoologique par les humains. Bref, avec l’instauration de ces mesures d’hygiène, la Citadelle entre dans une nouvelle ère ! », s’enthousiasme Valérie Guy, directrice. Pour elle, l’après-covid est l’opportunité de se réinventer : « La crise a été l’occasion de nous réinterroger sur l’expérience client. Le confinement a accéléré le processus de prise de conscience sur ce que vivent nos visiteurs. Nos réflexions se sont alors beaucoup axées autour de l’amélioration de l’offre sur site et nous envisageons un virage numérique avec, pourquoi pas, une exposition numérique au Hangar aux manœuvres ? Plus concrètement, dans l’immédiat, on adapte l’offre à la situation. Nous avons par exemple suspendu nos escape game qui se déroulent dans des lieux confinés de la Citadelle jusqu’au 20 juillet de manière à pouvoir sécuriser l’activité. Parmi nos temps forts de l’été qui rencontrent habituellement un vif succès, les balades nocturnes elles, reprennent le 16 juillet, les séances de cross training dans le parc Saint-Etienne ainsi que l’animation “Soigneur d’un jour” viennent d’être lancées. Nous profitons également de la crise pour augmenter l’amplitude de nos horaires d’ouverture cette année. Ainsi, du 7 juillet au 25 août, la Citadelle fermera ses portes à 21 heures tous les mardis ». Du côté des Gaulois, la bataille contre le Coronavirus n’a pas effrayé Vercingétorix ! Au Muséoparc Alésia, le confinement a en effet été l’occasion de donner un coup d’accélérateur au virage numérique que le site tend à adopter depuis plusieurs années. « Pendant la période de fermeture du muséoparc, le but du jeu était de proposer des contenus pour maintenir le lien avec les visiteurs. Nous avons mis en ligne des coloriages pour enfants ainsi que des recettes de cuisine antiques ou encore les podcasts de chroniques radio réalisées sur France Bleu en amont », raconte Michel Rouger, directeur. Depuis la réouverture, les technologies numériques permettent là encore, d’accéder aux contenus en respectant les gestes barrière : « Nous avons pris le parti de conserver les audioguides et les tablettes mais de les désinfecter afin de ne pas trop bouleverser l’expérience visiteur. Nos tablettes sont un vrai atout car elles permettent, à travers une application 3D, de déambuler dans les vestiges de la ville gallo-romaine grâce à la géolocalisation. Les visiteurs peuvent donc découvrir sept points de vue du parc dont le forum et le théâtre en trois dimensions ». Une prouesse culturelle permise grâce à la technique de la photogrammétrie. Parmi les autres nouveautés de la saison, l’hologramme de Vercingétorix installé au centre d’interprétation. Lancé en février dernier, celui-ci relate cinq histoires retraçant la vie du chef gaulois en boucle afin d’éviter que les visiteurs ne le manipulent eux-mêmes. « De manière plus générale, tous les écrans tactiles du site ont été éteints », complète-t-il. Exceptionnellement, la saison 2020 du muséoparc se terminera un mois plus tard, soit en décembre.

COMMENT LA RÉGION COMPTE ATTIRER LES TOURISTES CET ÉTÉ ?

« La Bourgogne Franche-Comté est un échantillon de tout ce que la France a à offrir en matière de tourisme ! On a de beaux paysages, une histoire, des produits de qualité, une gastronomie de renommée, un passé industriel riche, un patrimoine architectural et culturel… Bref, il y a des pépites partout sur le territoire régional », encense Loïc Niepceron. Rien d’étonnant donc à ce que les touristes étrangers soient chaque année nombreux à fouler les pas de notre région. Ils devraient néanmoins être plus minoritaires cette année. « En général, nous accueillons surtout des Allemands, des Belges, des Suisses, des Luxembourgeois et des Hollandais. Ils devraient effectivement représenter une part de touristes inférieure aux années précédentes cet été. Néanmoins, des réservations d’étrangers ont tout de même été constatées au fil des annonces sur l’ouverture des frontières par les professionnels. En outre, les Australiens choisissent de plus en plus notre région pour ses vins et ses voyages en bateau. Or, leurs frontières ne rouvrent qu’en 2021, il faudra donc s’en passer cet été. » Le président du comité régional du tourisme développe : « En matière de tourisme, la situation évolue rapidement du fait des aléas climatiques et sanitaires mais aussi avec le digital, qui permet de planifier un séjour à la dernière minute. Pour l’instant, en termes de prévisions, on peut simplement avancer que le retour à la normale est envisagé par six professionnels du secteur sur dix. Concernant le déficit, les prestataires s’attendent à une perte de l’ordre de 30 à 50% en fin de saison. »

Marie-Claire Bonnet-Vallet, présidente de Côte-d’Or Tourisme fait le même constat : « Depuis les différentes annonces, les réservations repartent à la hausse. Cela dit, ce ne sont pas les mêmes pourcentages que pour les années précédentes. Nous sommes donc très attentistes sur le comportement des touristes cet été. » Pour limiter le manque à gagner, les acteurs misent donc sur le tourisme bleu blanc rouge et plus particulièrement, local. Un sondage mené par Campings.com, spécialiste de la réservation d’hébergements de plein air sur internet auprès de sa communauté d’internautes, confirme cette tendance. En effet, 90 % des familles envisagent de passer leurs vacances en France cette année. Pour 40 % des répondants, le choix de la France consiste à soutenir le tourisme et l’économie nationale.

L’étude annuelle sur les comportements en matière de tourisme que mène le cabinet Raffour Interactif spécialisé dans le e-tourisme conforte ces données. « En temps ordinaire, 55 % des Français âgés de 15 ans et plus partent en vacances d’été. Parmi ces quelque 30 millions de Français, 51 % partent uniquement en France, 20 % seulement vont à l’étranger et 29 % font les deux […] À chaque grande crise mondiale, on voit que l’envie de partir loin diminue. Les gens préfèrent rester près de chez eux, au cas où… Et cette fois, le cas où inclut la nécessité éventuelle de devoir être soigné. »

Le tourisme de proximité pourrait donc bien être la grande tendance de cet été. C’est en tous cas sur cette clientèle locale que compte le secteur. « Depuis trois ans, nous essayons de développer la clientèle constituée d’excursionnistes à deux heures du site, cet enjeu stratégique a une résonnance encore plus forte cette année. Miser sur les locaux pour éviter la catastrophe en termes de fréquentation est donc un vrai pari », exprime Michel Rouger (Muséoparc Alésia).

Pour la Citadelle Vauban de Besançon inscrite au Patrimoine mondiale de l’Unesco, la clientèle régionale faisait déjà partie de la majorité des visiteurs. « Nous comptons environ 10 à 12 % d’étrangers donc nous serons légèrement impactés à ce niveau-là cette année. Cela dit par rapport à la fin juin 2019 où nous avions comptabilisé 120.243 entrées, nous n’en dénombrons que 19.957 au 25 juin de cette année. Le tourisme de proximité et une météo agréable seront donc essentiels pour minimiser les effets du coronavirus sur la fréquentation », justifie Valérie Guy.

LES BEAUX JOURS DU TOURISME URBAIN

Défini comme « l’ensemble des ressources et des activités touristiques qui se trouvent dans le tissu urbain et qui sont proposées à des visiteurs extérieurs » par le spécialiste en développement urbain Roland Hochstrasser, le tourisme urbain pourrait tirer son épingle du jeu cet été, notamment dans des métropoles comme Besançon et Dijon.

« Les crises redéfinissent beaucoup d’enjeux, notamment en matière de tourisme. On l’avait déjà observé suite aux attentats de 2015 et 2016 : les touristes avaient préféré des villes comme Dijon à la capitale parisienne. On peut donc tout naturellement penser que le phénomène se reproduira cet été avec des visiteurs en quête de calme et de sécurité mais aussi d’authenticité, de patrimoine et surtout de gastronomie », indique Sladana Zivkovic, présidente de l’Office de tourisme de Dijon. « Pour les visiteurs étrangers, Dijon concentre tous les clichés romantiques qu’ils ont de Paris et de la France en général. C’est en ce sens que nous avons une vraie carte à jouer cet été et même, à l’automne. Cette année nous allons surtout rencontrer des difficultés au niveau de la fréquentation de la clientèle étrangère notamment les touristes asiatiques, qui sont chaque année très nombreux à visiter Dijon. Le défi de l’été 2020 va donc être de donner envie aux Dijonnais, aux habitants de la Bourgogne Franche-Comté et aux habitants des régions limitrophes de redécouvrir la ville », poursuit-elle.

DE NOUVELLES ATTENTES EN MATIÈRE DE TOURISME

Les acteurs du tourisme sont unanimes : la crise sanitaire a bouleversé le modèle du tourisme de masse. Le sociologue français Rodolphe Christin auteur du Manuel de l’antitourisme, pense même que la mise à l’arrêt des voyages a permis aux individus de réfléchir aux raisons qui les poussent à partir à l’étranger. De même que le confinement et la restriction des libertés ont suscité des envies de nature et de grands espaces chez les Français. Ces nouvelles attentes touristiques sont alors pleinement exploitées par les prestataires du secteur comme Côte-d’Or tourisme qui parie sur ces Balades en Bourgogne, une application qui propose une multitude de balades à télécharger sur smartphone en amont afin d’éviter les éventuels problèmes de réseau. « 100 % gratuite, l’appli propose plus de 150 circuits pour tous niveaux à pieds, à vélo, en voiture et même, en canoë et à cheval, aussi bien en ville qu’à la campagne. Les parcours sont géolocalisés et un guidage audio se déclenche automatiquement pour orienter les touristes. Ces balades rencontrent beaucoup de succès depuis le lancement de l’application avec déjà plus de 60.000 téléchargements. Cette année, l’outil devrait séduire davantage puisqu’il permet l’évasion en garantissant la distanciation sociale », explique Marie-Claire Bonnet-Vallet, présidente de Côte-d’Or tourisme. Pour cette saison estivale, plusieurs nouvelles balades sont proposées : deux circuits pour découvrir le Parc national de forêts en Champagne et Bourgogne, inauguré en novembre 2019 ou encore un parcours autour des produits gourmands du département. Encore plus bucolique, le tourisme fluvial et particulièrement la plaisance privée semblent répondre aux besoins de cet été. « Loin de la foule, les cours d’eau proposent des espaces de respiration peu fréquentés pour les vacanciers désireux de déconnecter et de porter un autre regard sur leurs territoires. Au cœur d’une nature préservée, en petits groupes et potentiellement proche de chez soi, les canaux et rivières offrent la liberté d’un voyage à la carte, où chacun vit à son rythme avec de belles opportunités d’activités, de découvertes patrimoniales et culturelles. Cela répond donc aux aspirations qu’ont les gens en sortie de confinement. Pourtant, le tourisme fluvial est très méconnu de la clientèle française. Les propositions locales sont toutefois nombreuses avec cette forme de tourisme durable, que ce soit sur ou autour de l’eau avec les chemins de halage qui permettent des balades à pied ou en vélo. En effet, 91 % du réseau fluvial géré par VNF est situé à moins de cinq kilomètres d’une véloroute. D’ailleurs, depuis 2017, VNF a permis l’aménagement de 150 kilomètres d’itinéraires cyclables à proximité des voies d’eau et continue de travailler en ce sens, que ce soit en proposant la mise à disposition de ses chemins de halage, ou encore en développant l’offre de services pour répondre aux besoins des touristes à vélo », renseigne Alexis Clariond, responsable du service développement de la voie d’eau pour le centre Bourgogne Voies navigables de France (VNF). Il ajoute : « Le tourisme fluvial s’intègre d’ailleurs dans le tourisme vert avec des bateaux de plus en plus propres. L’enjeu cette année, est surtout de faire connaître cette filière touristique et de communiquer sur les efforts que font les opérateurs pour rendre les prix accessibles au plus grand nombre ». Habituellement très fréquenté par la clientèle étrangère (touristes issus de l’Europe du nord et de l’est, États-Unis ou encore de l’Océanie principalement) qui représente 65 % des clients au total, le tourisme fluvial français génère 6.100 emplois directs et 15,6 millions de journées-passagers par an. Au global, les retombées économiques liées à cette filière du tourisme sont estimées à 1,36 milliard d’euros par an.

Bateaux, randos, vélos… le tourisme tend de plus en plus à se mettre au vert. D’ailleurs, le conseil départemental de la Côte-d’Or et Côte-d’Or tourisme ont récemment voté à l’unanimité un manifeste pour un tourisme durable. « La finalité de ce manifeste est de penser autrement le tourisme de demain pour faire de la Côte-d’Or la première destination nature entre Paris et Lyon », livre Marie-Claire Bonnet-Vallet.


QUAND LES SCOLAIRES MANQUENT À L’APPEL

Privés d’école depuis le 12 mars en raison du confinement, les enfants ont également dû se passer des très attendues sorties scolaires de fin d’année. Un manque à gagner important pour certains acteurs comme le Muséoparc Alésia : « Bien sûr, nous avons une baisse de fréquentation liée au confinement qui est intervenu un mois seulement après le lancement de notre saison 2020 mais le manque de groupes scolaires pèse aussi dans la balance », regrette Michel Rouger, directeur général depuis 2016. Valérie Guy, directrice de la Citadelle de Besançon qui accueille jusqu’à 300.000 visiteurs par an en temps normal, fait le même constat : « En général, les écoles nous rendent visite entre le mois d’avril et le mois de juin, s’en passer constitue une perte non négligeable ».

Un constat également partagé par la compagnie familiale Droz- Bartholet à Villers-le-Lac qui propose des croisières sur le Doubs depuis plusieurs décennies : « La clientèle groupes qui concerne les associations et clubs comme le Club du 3e âge mais aussi les scolaires représente la moitié de notre chiffre d’affaires. Cette année, toutes les sorties scolaires ont été annulées. De manière plus générale, notre offre groupes a du mal à repartir avec de nombreuses annulations jusqu’au mois d’octobre. C’est d’ailleurs au niveau des groupes que la pandémie va le plus nous impacter », déplore Tiffany Droz-Bartholet, responsable communication. Leader dans les voyages scolaires et touristiques sur le département du Doubs, Grosperrin tourisme voyages (GTV) observe une reprise très lente voire inexistante du secteur des voyages en autocar. « Pourtant, nous avons mis en place un protocole sanitaire poussé et nous proposons des offres intéressantes. Pour l’heure, toute la cellule tourisme de l’entreprise est en chômage partiel », indique Nadine Mailloux, responsable commerciale prestations pour GTV.


LE TRANSPORT FERROVIAIRE EN PERTE DE VITESSE POUR L’ÉTÉ ?

L a SCNF retrouve peu à peu une activité normale puisque l’offre TER n’a cessé d’augmenter en région depuis le déconfinement. « Tout comme la fréquentation qui s’est élevée progressivement de 5 à 8 % au fil des semaines », renseigne la direction régionale de SNCF Bourgogne Franche-Comté. Malgré tout, la vente de billets de train ne décolle pas. « En effet, malgré la reprise et une fréquentation augmentant de semaine en semaine depuis le déconfinement, TER Bourgogne Franche-Comté ne transporte que 30 % de voyageurs par rapport à une situation normale… Il reste donc à retrouver 70 % de notre clientèle. » Au niveau national, le président directeur général de la SCNF a même annoncé que le TGV représentait, à lui seul, la moitié de la perte de recettes liée à la pandémie de coronavirus. Conséquence, des trains supprimés et des projections de trafic pour la période estivale drastiquement revues à la baisse. En effet, si la SNCF a reçu l’autorisation de vendre l’ensemble des places de ses trains le 2 juin, elle estime qu’elle ne parviendra pas à remplir ses trains. Chiffre à l’appui, début juin, le niveau des réservations se situait entre 10 et 15 % pour le mois de juillet. L’accent est donc mis sur les TER dans le cadre d’une opération d’ampleur lancée avec les régions de France. « Pour reconquérir les voyageurs et valoriser les offres de mobilités régionales, mais aussi les destinations et activités touristiques locales, la Bourgogne Franche-Comté s’associe à l’opération TER de France, un engagement inédit pris par l’ensemble des régions métropolitaines et TER. » L’une des mesures phares va permettre à chaque titulaire d’un abonnement annuel TER en Bourgogne Franche-Comté de circuler sur tout le réseau TER national pendant les mois de juillet et août 2020. L’autre mesure forte consiste à offrir deux millions de billets TER à moins de dix euros ainsi que 20.000 bons plans à deux euros grâce au pass Mobigo cet été. Un « pass jeune TER de France » sera également valable sur tous les TER de France durant la période estivale pour leurs titulaires. Il sera commercialisé au prix de 29 euros par mois sur juillet et août par la région. L’objectif est de favoriser la mobilité des jeunes qui représentent 40 % des clients TER de France. Toujours d’après la SNCF, cette année, la mise en vente de sièges TGV à petits prix a doublé. « L’autre défi sera notamment de renforcer la communication sur l’usage du train et notamment, les mesures mises en place dans le transport ferré pour rassurer les clients », complète la SCNF. Avec près de 3.000 gares, plus de 75 % des français habitent à moins de dix kilomètres d’une desserte TER. Un angle que compte exploiter la SNCF pour promouvoir le tourisme durable. En 2019, SNCF avait accueilli 20 millions de passagers sur juillet et août.


INITIATIVES : LE TOURISME LOCAL ENCOURAGÉ

L’opération #Sortezchezvous

Le 9 juin, le Comité régional du tourisme (CRT) de Bourgogne Franche-Comté a lancé un appel destiné à inciter les habitants à redécouvrir leur région à travers le hashtag #Sortezchezvous. Cet appel, relayé via un site internet créé spécialement pour l’occasion (sortezchezvous.fr), prend la forme d’un texte engagé et d’un film manifeste qui met en avant les points forts et les acteurs du tourisme mobilisés de la région. La diversité des socio-professionnels du territoire est également mise en scène à travers l’opération. Une campagne qui s’intègre dans la démarche de soutien du tourisme local et de promotion de l’offre régionale : « Nous voulons inciter les habitants à privilégier des excursions et des séjours vers les destinations de la grande région pour relancer l’économie et le tourisme local. D’habitude, neuf millions de Français partent à l’étranger. Avec cette campagne on espère réellement récupérer une partie de cette clientèle », présente Loïc Niepceron, président du CRT de Bourgogne Franche-Comté. « L’objectif de cette campagne est de faire émerger de nouvelles habitudes de consommation en matière de tourisme. En effet, la crise du coronavirus a fait apparaître des interrogations. Parmi elles, peut-on continuer comme avant ? Il est donc fort probable que les Français se dirigent vers un tourisme plus local, plus durable cette année. »

Le repos des héros

Pour remercier notamment les soignants qui sont sur le front depuis le début de la crise sanitaire, le Conseil départemental de la Côte-d’Or, Côte-d’Or tourisme ainsi que des partenaires du tourisme local se sont associés à l’opération nationale baptisée « Le repos des héros ». Le principe consiste à offrir près de 400 bons-vacances d’une valeur de 500 euros pour trois nuitées en Côte-d’Or à tous ceux qui étaient en première ligne pendant le confinement pour qu’ils puissent se ressourcer dans la région. Un tirage au sort aura lieu au plus tard le 31 juillet 2020 pour déterminer les gagnants. Ces derniers auront jusqu’au mois de décembre 2020 pour en profiter. « Nous n’avons pas hésité une seule seconde à rejoindre l’opération qui permettait dans un premier temps, de remercier ces héros de la crise sanitaire, et dans un second temps, de générer des retours chez les prestataires touristiques locaux. Nous voulions également mettre en avant les caractéristiques du département qui est propice au calme, à la sécurité et qui offre de nombreux paysages », commente Marie-Claire Bonnet-Vallet, présidente de Côte-d’Or tourisme.

Le Pass Découverte

Le CRT de Bourgogne Franche-Comté vient également de lancer un Pass Découverte d’une durée de trois jours qui permettra à la fois aux touristes et aux habitants de la région d’accéder gratuitement à une centaine de sites touristiques. Ainsi, 2.000 pass seront offerts par la région sous forme de jeu concours sur les réseaux sociaux et le site internet. « On espère fortement que ces outils aideront au redémarrage de la machine touristique pour juillet, août et septembre », souhaite Loïc Niepceron.

Les billets Doubs

Rien à voir avec les messages d’amour secrets que l’on s’échangeait autrefois. Quoique… Les billets Doubs (et non « doux ») font partie de l’opération séduction que vient de lancer le département du Doubs en partenariat avec Doubs Tourisme. La finalité de ces billets est d’encourager les visiteurs et notamment les habitants, à découvrir ou redécouvrir le territoire cet été. Quinze sites de visites (Parc polaire, Saline royale, Musée Courbet, Grotte d’Osselle), cinq compagnies de navigation et vingt-cinq prestataires d’activités de loisirs sont partenaires. « Ce sésame en main, deux possibilités s’offrent aux détenteurs d’un billet Doubs : ils peuvent accéder gratuitement à l’un des sites de visites participant à l’opération ou bénéficier d’une réduction de dix euros sur une activité ou une excursion en bateau promenade », indique Doubs Tourisme. Au total, 150.000 tickets seront distribués aux touristes. Les habitants du Doubs ainsi que les clientèles limitrophes situées à deux heures de route du département recevront, sur simple demande sur le site billetdoubs.com, deux billets par familles. Les offices de tourisme des six « pays touristiques » que compte le Doubs (Loue-Lison, Grand Besançon, Doubs central, Pays de Montbéliard, Pays horloger et Haut-Doubs) pourront également offrir ces billets à leurs visiteurs, locaux ou non. Doubs Tourisme mise également sur cette opération pour séduire une clientèle adepte de courts séjours. « Doubs Tourisme étant par ailleurs fortement actif sur le marché du tourisme de groupes, le dispositif Doubs en groupes sera prolongé jusqu’au 31 octobre 2021 pour attirer de nouvelles clientèles, génératrices de nuitées importantes pour l’économie touristique du département. » À noter que le département du Doubs consacre plus de 1,5 million d’euros au tourisme dans son plan de relance.


QUAND LE JEU S’INVITE DANS LE TOURISME URBAIN…

Depuis plusieurs années, Besançon surfe sur la folie des jeux d’évasion (escape game en anglais) pour faire découvrir des légendes locales. « La colère de la Vouivre » est une énigme qui place les participants en l’an 1742. Un marquis bien connu dans la région, réside avec son épouse et son fils de dix ans dans la propriété familiale. Un drame vient frapper le seigneur et son fils… La maladie emporte sa femme. Le château se retrouve alors plongé dans un chagrin sans fin où cauchemars et souvenirs rythment leur quotidien…

Toutes les richesses du monde ne feraient pas revenir la femme. Le marquis n’a plus qu’une obsession, redonner le sourire à son fils. Il traque alors cette lueur de bonheur. Pensant la trouver dans l’une de ses légendes d’enfant, le voilà parti, un matin de printemps, du côté de Besançon… Que pourrait bien lui apporter la Vouivre qui l’obsède tant ? La ville de Monbéliard et son architecture se dévoilent à travers une application de jeux à réaliser en famille. Les habitants de la cité sont en proie à un sortilège. Pour se libérer, ils doivent se remémorer les personnes qu’ils étaient. Anne Mésia, la célèbre magicienne spécialiste de l’amnésie est là pour aider les participants dans cette affaire.

Pour conjurer le sort, à l’aide de leur smartphone, les visiteurs arpentent la ville à la recherche de personnages, faits historiques et de lieux qui ont marqué sa vie. Ils devront faire preuve d’intuition et d’observation afin de résoudre les énigmes qui se dresseront sur leur passage !

Comment ça marche ? Les joueurs se postent devant l’affiche de réalité augmentée (placée à l’Office de Tourisme) qu’ils visent avec leur smartphone afin de déclencher l’animation d’Anne Mésia qui leur annonce qu’un sort maléfique plane sur la ville. Il va falloir l’aider à le faire disparaître. Dix défis sont à réaliser à travers la ville, tout en découvrant les monuments.


CHÂTEAU DE BUSSY-RABUTIN : L’ESPACE DE VISITE S’ÉTEND

Situé à 50 minutes de Dijon, le château de Bussy-Rabutin bâti aux XIIe et XIVe siècles, a la caractéristique de porter le nom de son propriétaire. « Le comte Roger de Bussy-Rabutin a lui-même érigé sa propre légende qu’il convient de décoder pour saisir toutes les subtilités du personnage. Son château est également empreint de symboles que le grand public ne parvient pas toujours à décrypter en intégralité. En fait, c’est un château à clefs ! C’est la raison pour laquelle nous inaugurons, au début du mois de juillet, un nouvel espace d’introduction à la visite qui permettra aux visiteurs de saisir l’ensemble des richesses que présente le château », annonce François-Xavier Verger, administrateur des châteaux de Bussy-Rabutin à Bussy-le-Grand et de Ferney-Voltaire dans le Pays de Gex et de l’horloge astronomique de Besançon. L’ouverture de ces salles d’introduction à la visite répond donc à un objectif de médiation culturelle et de pédagogie. Ouvert 360 jours par an, le château s’apprête à subir de nouvelles rénovations grâce à des sommes récoltées par le Loto du patrimoine lancé par l’animateur Stéphane Bern. Incontournable du patrimoine régional, le château de Bussy-Rabutin abrite notamment les plus beaux tableaux des Ducs de Bourgogne.


COMMENT LOUER UN BATEAU DANS LA RÉGION ?

Les bateaux de location, aussi appelés coches de plaisance ou « house boat » sont des bateaux empruntant essentiellement les voies d’eau qui sont dites « petit gabarit ». Il s’agit en fait de bateaux de plaisance de moins de 15 mètres, mis en location par une société qui est alors appelée « noliseur » ou encore et plus simplement, « loueur ». La capacité moyenne des bateaux est de 7,5 personnes ce qui permet de voyager en petits groupes. « Pas besoin de permis ni de compétences particulières, la navigation est ainsi accessible à un grand nombre. D’ailleurs un client sur deux est un primo-navigant. Une initiation à la navigation fluviale sera tout de même dispensée par la société auprès de laquelle sera louée le bateau », explique le centre Bourgogne des VNF. En 2019, les bateaux de location ont représenté 800.000 journées par passagers.


LES MAISONS ÉCLUSIÈRES AU SERVICE DU TOURISME

Une grande partie des maisons éclusières est occupée soit par des agents de Voies navigables de France, soit par des tiers. Certaines d’entre elles sont actuellement inoccupées et, de par leur localisation, représentent une opportunité de développer des produits touristiques attractifs : restauration, hébergement, location de matériel de loisirs (canoës, vélos…), activité associative, accueil et informations touristiques et parfois même, plusieurs de ces activités à la fois… « À Ouges, dans l’agglomération dijonnaise, sur le canal de Bourgogne, la maison éclusière n°61S accueille par exemple une résidence d’artistes venus du monde entier. Il est possible d’y admirer leurs œuvres, dont deux statues géantes, taillées dans les marronniers, qui bordent déjà le canal de Bourgogne. Dans la maison éclusière voisine, la 60S, c’est une ferme urbaine qui prend forme progressivement grâce à l’association Défis 21. Ces deux maisons éclusières sont les figures de proue du programme Open Canal, lancé en mai 2019. Ce grand appel à projets vise à ouvrir aux porteurs de projets qu’ils soient publics ou privés, les 66 maisons éclusières vacantes du canal de Bourgogne », informe Alexis Clariond, au centre Bourgogne des Voies navigables de France.


Se ressourcer à deux pas de chez soi

À 45 minutes de Dijon, Nuits aux sources à Chassey-le-camp a ouvert il y a tout juste un an. L’établissement propose plusieurs chambres d’hôtes dans une ferme du XIXe siècle restaurée dans un style mêlant ancien et contemporain. Au cœur des vignes et à quelques kilomètres de Santenay où est produit un vin d’appellation d’origine contrôlée, la bâtisse offre un cadre verdoyant. La décoration fait subtilement référence à l’univers de l’équitation, la passion de la propriétaire, Liana Pagnotta. Du haut de ses 26 ans, la jeune femme qui fait également table d’hôtes, a notamment appris aux côtés du chef Stéphane Derbord à Dijon. Si elle reçoit généralement beaucoup d’étrangers dont des Belges et des Suisses, elle s’attend cet été, à un bond de la clientèle française. « On note que les Français ne veulent pas trop s’éloigner de leur domicile cette année. J’ai déjà beaucoup de réservations de Dijonnais ou d’habitants de l’Ain. » nuitsauxsources.com

Des nuits perchées dans les arbres

Quoi de plus dépaysant que des cabanes nichées au cœur de 80 hectares de la forêt franc-comtoise ? Le domaine des Grands Lacs exploité par l’entreprise Coucoo cabanes créée en 2009 (avec un premier site dans le Territoire de Belfort) par Gaspard de Moustier propose des séjours écotouristiques haut de gamme. Avec une cabane par hectare, la distanciation sociale est largement garantie. « Nos domaines offrent des paysages naturels et sauvages qui plaisent aux touristes en mal de dépaysement », indique Gaspard de Moustier, franc-comtois et pleinement convaincu des atouts touristiques de sa région. « Nous sommes ouverts de mars à novembre et pendant le confinement, nous avons reçu de nombreux appels de clients qui souhaitaient venir se confiner dans les cabanes. Malheureusement, nous n’avions pas le droit de les accueillir mais il est évident que l’immersion dans la nature que nous proposons correspond aux nouvelles attentes en matière de vacances. » Fier de contribuer à l’économie locale où sont implantés ses domaines, Gaspard de Moustier met également en avant son concept qui s’apparente à une forme de tourisme responsable : « Nous nous fournissons à moins de 25 kilomètres des domaines, nous embauchons principalement des locaux, les produits des petits déjeuners et des paniers repas sont locaux également. Bref, tout est pensé pour que notre activité ait un vrai impact sur l’économie locale. Cet aspect est davantage recherché depuis la fin du confinement puisque les gens veulent consommer différemment et souhaitent donner du sens à leurs vacances ». Local encore, puisque la grande majorité des clients qui séjournent dans les domaines Coucoo cabanes vivent à moins de 2h30 de route. « Ce sont en effet avant tout des locaux qui cherchent un endroit agréable où se déconnecter. » En 2021, l’entrepreneur élargit son activité en ouvrant un domaine en Ariège et envisage d’investir les terres italiennes en 2022-2023.

cabanesdesgrandslacs.com et cabanesdesgrandsreflets.com


IDÉES : QUE FAIRE À DIJON CET ÉTÉ ?

Apprendre à faire sa propre moutarde

Piler, écraser, aromatiser, mélanger… L’Office de tourisme de Dijon ainsi que la Moutarderie Edmond Fallot proposent aux visiteurs de s’improviser moutardier le temps d’un atelier. Dernière grande moutarderie familiale de Bourgogne, la Maison Edmond Fallot, née en 1840, a su maintenir le savoir-faire des artisans moutardiers. Lors de l’atelier, tous les secrets de fabrication de ce fameux condiment seront dévoilés. À l’issue de l’animation, les participants pourront repartir avec le propre pot de moutarde.

Partir à la découverte de la ville en famille

Ce jeu grandeur nature sous forme de rallye permet à tous d’apprécier les différents points d’intérêts de la ville. Une manière ludique et conviviale de s’approprier la ville.

Réveiller le centre historique

À la tombée de la nuit, ruelles et monuments du centre historique de Dijon revêtent leurs habits de nuit. Ce parcours permet aux visiteurs de profiter de la mise en lumière des sites historiques pour une découverte insolite de la ville.

Apprécier la gastronomie locale lors d’une balade gourmande

Au fil de cette promenade au sein de la capitale des Ducs de Bourgogne, les touristes découvriront les nombreuses spécialités et traditions culinaires ancestrales. Ils auront également la chance de déguster les produits emblématiques des tables bourguignonnes.

Découvrir les personnages marquants de l’histoire de Dijon

Gustave Eiffel, Jean-Philippe Rameau, la Marquise de Sévigné, Philippe Le Bon ou encore Alexis Piron, Adolphe Joanne ou François Pompon… Tous ont un lien avec l’histoire de Dijon. Lequel ? C’est ce que cette visite permet de découvrir.

Résoudre les mystères de la ville

Connaissez-vous l’histoire controversée de la Chouette ou celle de la maison sans toit ? Dijon fourmille d’histoires et d’anecdotes. Certaines sont anciennes et historiques, tandis que d’autres relèvent davantage des légendes urbaines. Laissez-vous conter ces histoires dijonnaises au cours d’une déambulation dans la ville.

Déguster des vins uniques dans des lieux…divins

Chaque jeudi, les visiteurs sont embarqués dans un lieu tenu secret jusqu’à l’arrivée. Théâtre, jardin secret, hôtel particulier… le patrimoine dijonnais est alors métamorphosé en cave éphémère où est proposée la dégustation de vins de Bourgogne.

Siroter un cocktail au sommet de la Tour Philippe Le Bon

Après avoir gravi les 316 marches de la Tour Philippe Le Bon érigée entre 1450 et 1460, les participants pourront prendre l’apéritif à 46 mètres de hauteur et savourer une vue à 360 degrés.


LE BOOM DE L’AUTOPARTAGE POUR LES VACANCES

Myriam Mantion-Ginel, responsable d’agences Citiz en Bourgogne Franche-Comté l’affirme : « Nos clients peuvent utiliser nos voitures pour voyager partout en France ou en Europe. Citiz, qui est un réseau d’autopartage français, ne présente aucune limite géographique, aucune limite de durée ou encore de distance. Nos voitures sont également idéales pour découvrir notre belle région lors d’un week-end ou de vacances locales ». Et de développer : « Citiz présente l’avantage de la souplesse et du prix puisque le choix de l’heure de départ et de retour sont libres, la prise de clés se fait en libre-service, et la facturation s’établit au plus juste c’est-à-dire en fonction de la durée et du nombre de kilomètres réellement effectués. D’ailleurs, le carburant est compris dans le prix annoncé à l’heure et au kilomètre ce qui ne laisse pas de place au surcoût. Pour cet été, on remarque déjà une hausse des locations, notamment au niveau des réservations supérieures de plus d’une semaine, signe que le tourisme local se développe ». Elle rappelle que chaque année, près de 15.000 trajets sont réalisés avec les 52 voitures de Citiz en Bourgogne Franche-Comté. « En moyenne, les clients parcourent un trajet de 54 kilomètres. Concernant le profil de nos utilisateurs, nous comptons de plus en plus de particuliers. Les 26-45 ans forment une part importante de notre clientèle. Pour les vacances, Citiz propose des solutions à la carte abordables. Par exemple, dix jours de vacances à la mer et au soleil, avec 1.000 kilomètres parcourus en citadine, ne coûtent que 370 euros TTC. »

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