Élections régionales : les candidats passent à l’offensive dans le Grand Est

À gauche : Brigitte Klinkert a présenté ses têtes de liste départementales le 3 mai. À droite : Jean Rottner (à gauche) et ses chefs de file marnais, Arnaud Robinet (à droite sur la photo) en tête.

À six semaines du premier tour des élections régionales, les premiers candidats ont présenté leurs listes avec des nouveautés parmi les chefs de file départementaux.

Six semaines pour une campagne, c’est court. Suffisant en période de crise sanitaire avec encore des restrictions de circulation et de rassemblement ? Sans doute. Le scrutin municipal de 2020 avait montré aux électeurs ce qu’était une campagne éclair et dématérialisée. Il faudra s’y habituer.

Dans le Grand Est, la première à déclarer officielle- ment sa candidature et sa liste a été Brigitte Klinkert. « J’ai décidé d’être candidate tête de liste aux élections régionales pour répondre à l’attente que de nombreux citoyens, élus locaux, responsables associatifs et économiques m’ont exprimée. Notre région va mal. Elle est citée parmi les régions les moins attractives de France, elle est touchée par une crise économique sans précédent et a perdu tout sens de la proximité. Je considère que la réforme des grandes régions de 2015 a été bâclée. Elle a été imposée et je regrette que les élus de la majorité régionale sortante n’aient rien fait pour corriger et compenser ces défauts. Au contraire, le Président sortant a rajouté de la centralisation à la centralisation et de l’éloignement à l’éloignement. Il a voulu diriger les territoires au lieu de les accompagner », déclare celle qui se présente comme la « candidate du changement », souhaitant un « un choc de décentralisation pour rendre à l’Alsace, à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne la force d’agir en proximité pour mieux répondre aux attentes de ces territoires et de leurs habitants ».

Née à Colmar en 1956, la ministre déléguée auprès de la ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion, chargée de l’insertion, a été présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin de 2017 à 2020, date à laquelle elle a été appelée au gouvernement. « Je ne suis membre d’aucun parti, je ne suis pas une femme d’étiquette », estime-t-elle malgré tout, souhaitant « créer un large rassemblement au-delà des clivages partisans. Je prends mes responsabilités face à l’extrême droite. Ma candidature est un antidote aux extrêmes, car le Rassemblement national se nourrit et se délecte de l’éloignement des élus, des technostructures, de l’effacement des réalités historiques et géographiques. Ils se nourrissent de la déconnexion. Avec mon équipe nous aurons trois priorités immédiates : la relance et la sortie de crise, l’Europe et le transfrontalier et un choc de décentralisation pour rendre à l’Alsace, à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne la force d’agir en proximité pour répondre vite et bien aux attentes des habitants », explique celle qui sera tête de liste en Alsace.

Pour l’accompagner en Champagne-Ardenne, Brigitte Klinkert a fait appel dans la Marne à Aina Kuric, (Députée de la Marne), dans les Ardennes à Miguel Leroy (Président de la Communauté de communes Ardennes Thiérache et Maire d’Auvillers-les-Forges), dans l’Aube à Grégory Besson-Moreau (Député de l’Aube) et en Haute-Marne à Laurent Daval (Professeur d’histoire-géographie et conseiller municipal de Saint-Dizier).

EMPLOI, SANTÉ, SÉCURITÉ…

Président sortant, le Mulhousien de 54 ans Jean Rottner s’est déclaré dans la foulée, enchaînant les visites dans les départements les pour y présenter sa liste et ses chefs de file locaux. Les raisons qui l’ont conduit à se présenter à sa propre succession ? « La qualité et l’enthousiasme de l’équipe qui m’accompagne mais aussi l’envie, en tirant les douloureuses leçons de la crise du Covid, de redonner de l’espoir et d’insuffler de l’espérance aux citoyens de ce territoire, en construisant un vrai pacte d’avenir ». Se définissant comme un « candidat pragmatique », il entend défendre le bilan de cette Région qui n’a que cinq ans d’existence et dont les trois premières années ont été consacrées à « inscrire dans les faits la fusions des trois anciennes régions ».

Il entend surtout s’appuyer sur plusieurs grands thèmes de campagne tels que : l’emploi et la formation « via notamment la volonté de créer un service public régional de l’emploi » ; le développement de la mobilité, notamment en matière ferroviaire, « avec de nouvelles réponses en termes de fréquence, des réouvertures de lignes et des tarifs en baisse pour les usagers » (Carte demi-tarif ) ; l’investissement de la Région dans les missions régaliennes que sont la sécurité (accompagnement des communes dans les équipements de sécurité tout en sollicitant le renforcement de la surveillance dans les transports) et la santé (augmentation du nombre d’infirmier(e)s, d’aides-soignants et d’auxiliaires de vie formés pour une croissance significative des effectifs régionaux) ; le développement durable « en faisant le pari d’une écologie du développement et non de la récession ! »

Comme pressenti, Jean Rottner a fait appel pour l’accompagner sur sa liste à de nombreux élus de grandes villes de chaque département. Ainsi, le maire de Reims, Arnaud Robinet, sera tête de liste dans la Marne, aux côtés des vice-présidents de Région sortants Franck Leroy (maire d’Epernay) et Martine Lizola (adjointe au maire de Châlons-en-Champagne). Surprise du chef et message fort envoyé au monde agricole, Jean Rottner a placé en tant que première colistière de la Marne l’agricultrice Béatrice Moreau, présidente de la Chambre d’agriculture départementale (au centre sur la photo).

Dans la foulée de sa présentation vendredi 7 mai, cette dernière a d’ailleurs annoncé quitter ses fonctions de présidente pour pouvoir se consacrer à son engagement politique, tout en restant élue au sein de la Chambre d’agriculture.

Boris Ravignon (maire de Charleville-Mézières) emmènera la liste ardennaise, épaulé par la Vice-présidente sortante Pascale Gaillot et le député des Ardennes Jean-Luc Warsmann. Dans l’Aube, c’est l’adjoint au maire de Troyes Marc Sebeyran qui mènera la liste avec Isabelle Héliot-Couronne, elle aussi conseillère régionale sortante. En Haute-Marne, la liste sera quant à elle conduite par Etienne Marasi, maire de Vignory et vice-président de l’agglomération de Chaumont.

Jean Rottner (à gauche) et ses chefs de file marnais, Arnaud Robinet (à droite sur la photo) en tête.

Brigitte Klinkert a présenté ses têtes de liste départementales le 3 mai.

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