De pierre, bois et verre, la Grande Bibliothèque se donne à voir

Grande Bibliothèque

La proposition de l’architecte Pascale Guédot pour la future Grande Bibliothèque de Grand Besançon Métropole fait communiquer l’ancien et le moderne. Connectée, ouverte elle réunit sur un même lieu de 1.700 places une médiathèque d’agglomération et une bibliothèque universitaire. CRÉDIT PHOTOS : GUEDOT / BESANCON

Projet phare de la future Cité des savoirs et de l’innovation, la réalisation sur le site de Saint- Jacques d’une Grande Bibliothèque, portée par Grand Besançon Métropole et l’université de Franche- Comté, prend forme. Au terme du concours d’architecture lancé en janvier, le cabinet parisien Pascale Guédot a été retenu, associé à l’agence bisontine Amiot-Lombard. Une ouverture au grand public est programmée pour le printemps 2025.

Pierre angulaire de la future Cité des savoirs et de l’innovation, le projet de Grande Bibliothèque, imaginé et porté par Grand Besançon Métropole se révèle un peu plus avec les premières esquisses dévoilées par l’architecte Pascale Guédot, lauréat de l’appel à candidatures. Ils étaient 137 postulants à ce concours de maîtrise d’œuvre. À l’issue d’une première sélection, cinq candidats ont disposé de quatre mois pour développer leur projet. Si le jury a salué la qualité de l’ensemble des projets, celui de l’équipe de Pascale Guédot a emporté les suffrages, notamment par la grande fonctionnalité de sa proposition.

« Notre projet est assez révolutionnaire, dans le sens où c’est la première fois que l’on réunit dans un même lieu une médiathèque d’agglomération et une bibliothèque universitaire », précise Jean-Yves Pralon, vice-président, chargé de la culture, du sport et du tourisme à Grand Besançon Métropole. Concrètement, le futur édifice, qui prendra place dans l’enceinte de l’ancien Hôpital Saint-Jacques, accueillera l’actuelle médiathèque Pierre Bayle « vieillissante », la bibliothèque d’étude et de conservation, « méconnue et devenue trop petite, elle prendra dans ce nouvel ensemble vitrine un vrai rayonnement, en pouvant exposer plus facilement ses trésors au public » et la bibliothèque universitaire des Lettres et Sciences Humaines, tout en leur permettant d’assurer leurs missions propres. « L’une valorisera l’autre dans un même ensemble architectural, aux espaces à la fois partagés et indépendants. Cette interconnexion, cette perméabilité faisait partie des contraintes imposées aux architectes », affirme Jean-Yves Palon.

Sur le plan urbain, l’édifice conçu par l’architecte Pascale Guédot, associée aux Bisontins Rachel Amiot et Vincent Lombard ainsi qu’aux bureaux d’études : IGB (structure) à Lons-le-Saunier, Louis Choulet (fluides) à Clermont-Ferrand, ECB (économiste) dans la Mayenne et AIDA (acousticien) à Paris, conjuguera passé et futur grâce à l’alliance subtile des matériaux, pierres, bois (revêtement), métal qui se patine (laiton, bronze) et verre. Construite le long de l’avenue du 8 Mai 1945, la grande bibliothèque intégrera par ailleurs l’aile Saint-Bernard de l’ancien hôpital dans son volume. Un vaste atrium reliera et rassemblera les éléments historiques du bâtiment et les nouveaux volumes construits.

Lieu de culture, d’étude, de vie, d’échanges, proposant aux différents publics une offre optimisée, la Grande Bibliothèque sera le marqueur d’un nouveau quartier, innovant, contemporain, en accord avec l’environnement patrimonial et emblématique du site de l’ancien hôpital Saint- Jacques. « Elle se veut un lieu de nouvelle génération, connectée, avec des espaces de jeux pour les plus petits, de jeunesse, mais aussi pour les mamans… Une salle d’exposition sera rattachée à la bibliothèque, un “tiers lieu” qui accueillera des spectacles liés à la littérature. Au centre, un café prendra place…, développe l’élu. Avec une ouverture possible le dimanche, l’objectif est de tisser, au cœur de ce nouvel environnement, du lien intergénérationnel. Enfin, née à l’initiative de la communauté urbaine, la Grande Bibliothèque, doit également permettre la création d’un réseau entre les différentes communes de Grand Besançon Métropole, à l’image de ce qui a été fait avec le Conservatoire à rayonnement régional, afin de faciliter l’accès à la lecture au plus grand nombre et également proposer une animation culturelle plus riche ».

Le coût de la réalisation est estimé à 29,5 millions d’euros, pour une surface utile d’environ 10.500 mètres carrés, répartis entre 1.000 mètres carrés d’espaces communs, 5.800 mètres carrés pour la médiathèque et 3.700 mètres carrés pour la bibliothèque universitaire. L’ensemble proposera une capacité totale d’accueil du public de 1.700 places environ et un fonds consultable d’environ 660.000 ouvrages (160.000 en accès libre et 500.000 en magasin de proximité).

Les démolitions débuteront cet été et les travaux en mars 2022, pour une ouverture au grand public programmée au printemps 2025. Réhabilitation d’une friche industrielle, le bâtiment se veut exemplaire sur le plan environnemental avec notamment une production d’énergie renouvelable via la pose de panneaux photovoltaïques à l’étude et le recours à la géothermie peu profonde.

Cité des savoirs

Au cœur de la boucle du Doubs, à Besançon, la Cité des savoirs et de l’innovation s’articulera autour de plusieurs composantes :

  • La Grande Bibliothèque.
  • Le campus du centre-ville (UFR SLSH).
  • Un centre de congrès.
  • Une offre hôtelière haut de gamme.
  • Des logements, commerces, restaurants, bars.
  • Un village d’entreprises, pépinière de start-up.
  • Un jardin central.
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