Laurent BernardDe la stratégie sportive au diagnostic immobilier

Laurent Bernard

Aujourd’hui retraité du basket professionnel, Laurent Bernard continue à soutenir son club de cœur. Aujourd’hui spécialisé dans le diagnostic immobilier, l’ancien joueur de la JDA soutient encore des actions caritatives.

Arrivé à Dijon pour intégrer l’équipe de basket professionnelle de la JDA, il a choisi de poursuivre une autre carrière dans sa ville d’adoption. Co-gérant de l’entreprise Acade, il a quitté le parquet des gymnases pour accompagner ses clients dans leur diagnostic immobilier.

Devenir basketteur professionnel, Laurent Bernard en rêvait depuis l’enfance. « À sept ans, quand j’ai intégré mon premier club, dans la banlieue d’Orléans, j’ai annoncé à ma mère ce que je voulais faire de ma vie. Elle n’était pas rassurée car c’est réservé à un petit nombre mais elle m’a soutenu. » Passant plus de temps sur les terrains de sport que sur les bancs de l’école, le jeune Laurent Bernard s’est d’abord essayé au judo. Grand et costaud pour son âge, il connaît des facilités mais la dimension individuelle de cette pratique ne lui convient pas. « Au basket, on se voyait pour les entrainements, les matchs et en dehors. Il y avait une cohésion qui m’a plu. » Aujourd’hui encore, Laurent Bernard se souvient de l’enseignant qui l’a encouragé à s’y essayer, voyant que sa grande taille serait un atout. À 11 ans, le jeune sportif est repéré par un club de Nationale 3 que les résultats encouragent à rejoindre. Toujours collégien, il fait partie de l’équipe première avant de changer de club un an plus tard pour les rangs du Tours Basket Club qui évolue en Pro A. « J’étais au centre de formation la journée, à jouer au basket, et chaque soir, un tuteur venait me faire cours jusque tard. J’étais fatigué mais il fallait bosser. » Au contact de joueurs internationaux, Laurent Bernard continue à privilégier le sport à ses études mais le bac s’impose comme condition. « Il me fallait le diplôme pour ma mère d’abord mais aussi pour passer en Pro A. » Alors quand il est convoqué par le président du club de Tours en plein mois de juin, le jeune Laurent Bernard s’attend à se faire tirer les oreilles pour son manque d’assiduité en cours. Il n’en est rien, il décroche, à 16 ans, son premier contrat professionnel et pénètre dans un autre univers. « Je touchais un salaire plus élevé que celui de ma mère pour jouer au basket et comme elle était loin, j’avais un appartement. À 16 ans, c’est tôt, on se déconnecte un peu de la réalité. » Avec pour seul repère l’équipe qui l’entoure, le basketteur découvre la vie active mais aussi les gestionnaires de patrimoine et les agents. Régulièrement dans les journaux, il devient la star du lycée. « Tout le monde est serviable, gentil avec toi mais la vie de tous les jours, ce n’est pas ça ! On grandit plus vite que les autres mais avec une autre notion de l’argent. » Fier de son parcours, l’ancien sportif de haut niveau reconnaît néanmoins qu’il ferait sans doute autrement aujourd’hui.

UNE CARRIÈRE DANS LE HAUT DU TABLEAU

Le bac en poche, il arrête ses études et se consacre pleinement à sa passion. Après six ans à Tours, il quitte le club pour répondre aux obligations militaires. Son statut particulier lui confère le droit de réaliser un service adapté aux sportifs de haut niveau où il côtoie le futur champion du monde Robert Pires ou encore le rugbyman aux futures 118 sélections Fabien Pelous. En parallèle de ces dix mois obligatoires, il rejoint le club de Strasbourg alors en Pro B. « Concilier l’armée et le club avec du temps de jeu me semblait plus facile en Pro B. » À cette époque, il est appelé à porter le maillot de l’équipe de France de basket à l’occasion de la Summer League MBA. Ce passage en bleu, à Salt Lake City, face à des joueurs de la NBA reste dans sa mémoire. « Mon premier panier à trois points après 15 secondes de jeu, je m’en souviens ! » En 1996, il quitte Strasbourg, désormais en Pro A pour rejoindre Le Mans pendant un an avant d’intégrer la JDA Dijon et d’en devenir le capitaine en 1998.

« Je n’ai que de bons souvenirs à Dijon : la finale du championnat de France, le trophée des As, les coéquipiers… » Séduit par le projet du club, il y restera jusqu’en 2004, une année riche en émotion pour l’ancien sportif. « On a voulu jouer sur tous les tableaux. On a gagné la finale de la semaine des As, on est sorti des poules pour aller jusqu’en finale des championnats d’Europe mais fatigués par la demie, on a perdu. C’est un regret parce qu’on était plus fort. » Après Dijon, Laurent Bernard poursuit sa carrière à Hyère-Toulon pendant un an puis retourne à Orléans, où il avait fait ses débuts. « J’ai rencontré Laurent Legname et Jean-Louis Borg, désormais à la JDA. J’ai aussi joué contres mes anciens coéquipiers mais ils ont eu de la chance, je revenais de blessure, ils ont gagné », sourit-il. La boucle est bouclée. À 36 ans, il met fin à sa carrière. « J’étais fatigué, tout devenait une corvée. »

LA VIE APRÈS LE BASKET

Sa reconversion professionnelle, Laurent Bernard choisit de la faire à Dijon. Un autre sportif, plus âgé, lui met le pied à l’étrier du diagnostic immobilier à travers l’entreprise ACDE. L’ancien basketteur reprend ses études et des formations pour obtenir les connaissances indispensables liées au bâtiment, au diagnostic immobilier et avoir les certifications nécessaires. « Au début, je faisais les expertises puis j’ai évolué vers le diagnostic immobilier des logements et des locaux tertiaires. » En 2013, Laurent Bernard créée une nouvelle structure, Acade, avec son associé, Alexandre Carchi, ingénieur du bâtiment. Désormais spécialiste du diagnostic, notamment sur l’amiante avec la particularité d’intervenir en amont des travaux ou de démolitions, l’entrepreneur prend plaisir dans cette nouvelle carrière. « J’aime la rigueur que cela demande, surtout dans la démolition, quand il faut chercher, identifier les anomalies. J’ai découvert une facette investigation qui me convient tout autant que celle d’accompagner un client de A à Z sur un dossier. » Avec quatre salariés et un chiffre d’affaire avoisinant les 500.000 euros, l’ancien basketteur travaille sur un nouveau développement. En prenant les droits d’une nouvelle application capable de gérer les dossiers techniques amiante, il veut proposer un nouvel outil à ses clients, les grands propriétaires surtout, pour leur faciliter le suivi.

LE SPORT EN TOILE DE FOND

Retraité du basket professionnel, l’ancien joueur de la JDA continue également à soutenir son club de cœur et il n’est pas rare de le croiser dans les gradins du palais des sports Michel Geoffroy. Laurent Bernard continue aussi à user les parquets, en amateur avec le club de Fontaine-les-Dijon. « Je privilégie la passe aux coéquipiers plus que le shoot. Par contre, la moyenne d’âge doit être à 25 ans, ça galope et parfois je reconnais que je monte dans le rouge », s’amuse-t-il avant de préciser que le club est invaincu pour l’instant. Altruiste mais aussi modeste et accessible, Laurent Bernard l’est depuis le début de sa carrière, n’hésitant pas à donner de son temps et de son énergie pour la bonne cause. Également joueur de golf, il soutient les actions caritatives quand il le peut, comme celle organisée récemment par le golf de Beaune et Stand 21 au profit du centre Georges-François Leclerc de Dijon. « Autant que la notoriété serve à quelque chose, hier comme aujourd’hui. »

Parcours

1971 Naissance le 15 juin à Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine).
1987 À 16 ans, il signe son premier contrat de basketteur professionnel.
1997 Il rejoint la JDA Dijon et devient capitaine de l'équipe un an plus tard.
2007 À 36 ans, Laurent Bernard met fin à sa carrière de basketteur.
2008 Il débute dans l'univers du diagnostic immobilier.
2013 Avec son associé, il crée une nouvelle structure : Acade.
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