Chapellerie Crambes, le réveil de la belle endormie

Benoît Besnault et Catherine Vampouille

Benoît Besnault et Catherine Vampouille ont repris l’entreprise Crambes, la dernière chapellerie de Caussade.

Reprise en 2019, la dernière chapellerie de Caussade connaît un nouveau dynamisme. L’entreprise familiale au savoir-faire unique, séduit de nouveau des grands noms du luxe.

«Nous sommes en train de réveiller la belle endormie.» Reprise en avril 2019, par Catherine Vamouille et Benoît Besnault, la dernière chapellerie de Caussade amorce une nouvelle dynamique. L’ancienne patronne d’une PME spécialisée dans le ressort et le directeur commercial d’un équipementier automobile allemand avouent avoir eu un véritable « coup de cœur » pour l’entreprise familiale créée par Auguste Crambes, en 1946. De son côté, Thierry Fresquet, petit-fils du fondateur, à la tête de la chapellerie depuis 40 ans, souhaitait prendre sa retraite et céder cette société de 40 salariés qui avait besoin d’un nouveau souffle. « On cherchait une entreprise de production ayant une histoire, un savoir-faire technique et un potentiel de développement, raconte Catherine Vampouille. Nous avons été séduits par Crambes, en perte de vitesse depuis des années mais qui dispose d’une réelle notoriété, d’un outil industriel et du personnel de qualité ayant envie de s’engager dans un nouveau projet. »

La chapellerie, qui comptait plus de 200 personnes il y a une trentaine d’années, travaille depuis longtemps pour des grandes enseignes du luxe (Lacoste, Cacharel) et a su se positionner sur le marché international. Elle exporte encore près de 8 % de sa production, environ 500 chapeaux et casquettes par jour. Victime de la mondialisation, d’un certain abandon du chapeau et d’un manque d’adaptation, l’entreprise connaissait de sérieuses difficultés avant l’arrivée des nouveaux patrons. Une activité de négoce, développée depuis 20 ans et assurant 50% du CA, a permis de compenser en partie la baisse de la production.

GRANDES MARQUES ET EXPORT

« Il fallait revoir l’ensemble du process et mettre en place une nouvelle organisation, assure la dirigeante. Cela passe par la rationalisation de la production, la création de nouveaux modèles et le lancement d’une politique marketing. Et, bien sûr, la redynamisation du réseau de distribution, les chapeliers et les forains, et du commerce en ligne. »

Ce chantier, engagé depuis un an, et qui a nécessité un investissement de 200 K€ (logiciel de gestion et nouvelles machines) commence à porter ses fruits. « Nous proposons de nouvelles collections, notamment pour les femmes, et nous voyons revenir des grandes marques (Cacharel, Agnès B, Saint-Laurent, Comme des garçons…), à l’heure où le chapeau connaît un nouvel intérêt. À nous d’être inventifs, innovants pour répondre à cette demande. »

Labellisée Entreprise du patrimoine vivant, la chapellerie privilégie les tissus français et européens et travaille avec un lainier tarnais. Made in France et qualité, deux ingrédients indispensables pour Crambes, un des deux derniers chapeliers qui fabriquent tout dans l’hexagone. Un argument important pour relancer l’export, les cha- peaux de Caussade sont distribués en Europe mais aussi au Canada, aux États-Unis, au Japon ou en Corée. « Le CA (3,5 M€) est reparti à la hausse, après huit ans de pertes. Le succès des nouvelles collections 2020-2021, marquera le vrai renouveau de la maison », espère Catherine Vampouille. Objectif de la PME : atteindre 4 M€ d’ici trois ans, et doubler la part de l’export (8 %) d’ici cinq ans.

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