Changement climatique : le temps est venu de s’y préparer

L’épisode de gel exceptionnel de printemps qui ont frapper notre pays les premières semaines d’avril ont très durement touché l’ensemble du vignoble régional. Les dégâts provoqués par ce gel sont indirectement liés à la hausse globale des températures.

Hausse des températures, épisodes caniculaires, sècheresses, incendies, inondations, gels exceptionnels… La multiplication des évènements extrêmes ou inhabituels n’est plus discutée aujourd’hui. Au regard des nombreux secteurs qui seront affectés (agriculture, tourisme, forêt, eau…), l’adaptation de nos territoires au changement climatique est devenue un enjeu majeur pour le maintien de leur robustesse économique et de leur attractivité. Aux côtés de plusieurs partenaires, l’Ademe BFC s’engage à accompagner le passage à l’action pour faire face à ces mutations.

Il fait aujourd’hui plus chaud à Besançon qu’à Lyon au 20e siècle.

Globalement, la région Bourgogne Franche-Comté a connu 35 vagues de chaleur depuis 20 ans, dont 19 depuis dix ans. Autre signe du dérèglement global, entre 2017 et 2019, neuf tempêtes hivernales ont balayé la région. Une récente publication d’Alterre Bourgogne Franche-Comté aide à prendre la mesure de ce changement climatique à l’échelle de notre région. Si rien n’est fait, les projections climatiques basées sur les scénarios du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estiment que la température à Lons-le-Saunier en 2100 pourrait correspondre à celle de Narbonne aujourd’hui ! Or, cela a déjà localement des conséquences très concrètes, multiples et cumulatives : écosystèmes naturels bouleversés (espèces en surmortalité ou en baisse de reproduction laissant la place aux invasives et autres ravageuses), activités économiques perturbées (filière agricole impactée par les changements calendaires, les aléas climatiques, la baisse de la ressource en eau… et secteur touristique qui, en hiver, manque de neige et en été souffre de l’assèchement des cours d’eau, véritable obstacle aux activités aquatiques de loisir), santé humaine menacée (300 décès sont directement imputés aux épisodes caniculaires de 2017 à 2019 en Bourgogne Franche Comté) et assèchement des sols, qui augmente le risque de mouvements de terrain et les dégâts induits sur les bâtiments et les infrastructures. Par ailleurs, leur imperméabilisation accentue le risque d’inondations.

Face à l’urgence, la lutte tend à s’organiser au niveau territorial de deux façons complémentaires : soit par des mesures visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre ou a minima à les compenser par des puits de carbone, soit en s’adaptant et en anticipant dès aujourd’hui les effets prévisibles du changement climatique grâce à la prévention des risques et à l’efficacité de la gestion de crise. Ainsi, les territoires de Bourgogne Franche-Comté se sont d’ores et déjà engagés dans le cadre du Plan climat ou à travers d’autres démarches de transition. Parmi les modalités d’action, la restauration des écosystèmes est une voie privilégiée, soutenue par de nombreuses aides. On peut citer par exemple les appels à projets « Nature en ville » de la région et de « désimperméabilisation des cours d’école » de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. Sur la question de la nécessaire cohérence de l’aménagement du territoire au regard des enjeux climatiques le département de la Nièvre a, par exemple, engagé une démarche partenariale, intégrant l’ensemble des Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) nivernais, mais aussi le parc du Morvan, les acteurs socio-économiques et des citoyens. La sécurisation de la ressource en eau fait l’objet, avec l’appui des agences de l’eau, de Projet de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) qui créent les conditions d’une concertation globale et de l’élaboration partagée d’un programme d’actions dans lequel s’inscrit notamment la diversification des cultures, des changements de pratiques et le stockage de l’eau.

L’ADEMEACCOMPAGNELESTERRITOIRES AUXCHANGEMENTSCLIMATIQUES

Les effets des périodes de canicule sont combattus grâce au recensement préventif des personnes à risque isolées (par exemple on dénombre 450 personnes à Dijon, qui sont appelées pour s’assurer de leur bien-être, rappeler les consignes de prévention et les orienter vers des secours en cas de nécessité), une communication sur les gestes de prévention auprès des habitants et l’édition (toujours à Dijon) d’un guide des lieux rafraichissants. Cette question de santé humaine est également abordée de manière ludique avec la plateforme régionale eSET (pour santé et environnement pour tous) consultable sur le site sante-environnement-bfc.fr

Au niveau national, l’Ademe a récemment réorganisé son action sur l’adaptation au changement climatique, avec la création d’une direction « adaptation, aménagement et trajectoire bas carbone ». L’agence de la transition éco- logique participe également au co-pilotage du Centre de ressources national sur l’adaptation au changement climatique (CRACC), officialisé récemment. « En Bourgogne Franche-Comté, notre action s’articule autour de trois priorités : accompagner les territoires engagés dans l’adaptation aux conséquences des changements climatiques, soutenir le développement des connaissances et favoriser l’action concertée des acteurs publics », précise Patricia Dubois, chargée de mission à l’Ademe. Pour faciliter localement le passage à l’action, l’Ademe BFC porte la démarche Trajectoires d’adaptation au changement climatique des territoires (TACCT). Celle-ci consiste à les guider dans l’élaboration de leur politique d’adaptation au changement climatique, depuis le diagnostic de vulnérabilité jusqu’au suivi-évaluation de leur stratégie. L’Ademe BFC soutient également des projets de recherche pour favoriser l’innovation et l’émergence de solutions innovantes face au changement climatique. C’est le cas par exemple des travaux sur les îlots de chaleur urbains, avec le réseau MUSTARDijon, co-construit avec l’université de Bourgogne. Ce dispositif, composé de 70 stations de mesure, étudie les îlots de chaleur urbains (ICu) depuis 2014 sur le territoire de Dijon Métropole. Une approche étendue à l’échelle des principales agglomérations de la région : Besançon, Chalon-sur-Saône, Belfort, Montbéliard, Nevers… via le programme Santé aménagement végétation environnement – îlots de fraîcheur urbains (SAVE-IFU), financé par l’Ademe BFC et le pôle fédératif en santé publique.

Autre exemple avec le Pôle régional d’accompagnement agriculture et changement climatique (PRAACTIQUE) mis en place par l’Ademe et la région pour sensibiliser les exploitants agricoles, les former et faire émerger les projets de transformation. Animé par la chambre régionale d’agriculture, ce pôle assure la promotion de nouvelles pratiques agricoles et sylvicoles en lien avec le changement climatique.

Afin de mobiliser le plus grand nombre et renforcer la dynamique régionale, c’est collectivement que l’Ademe, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), l’Office français de la biodiversité (OFB) et les trois agences de l’eau propose un cycle de trois webinaires « À l’action » pour mettre en lumière des expériences de terrain sur la manière dont les acteurs privés et publics s’adaptent au changement climatique.

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