Carton plein pour les marionnettes

Anne-Françoise Cabanis avec la Compagnie indienne Kala Baaz Group.

La vingtième édition du festival mondial des troupes de marionnettes,
du 20 au 29 septembre, a connu un retentissant succès populaire.

Avec près de 170 000 festivaliers, environ 57 000 billets vendus à la billetterie et surtout un taux de remplissage proche de 94% dans les 31 salles de spectacle du « In », cet immense castelet a confirmé qu’il était bien, tous les deux ans, le rendez-vous incontournable de tous les professionnels marionnettistes de la planète.

Unique en son genre, le festival créé en 1961 par les Petits Comédiens de Chiffon, chers au regretté Jacques Félix, a donc durant dix jours battu son plein et démontré une fois encore qu’il était devenu le vecteur de l’identité culturelle carolomacérienne.

« Ce fut une très belle édition, malgré le temps qui n’a pas été de notre côté et aurait pu plomber l’ambiance générale, les salles étaient pleines au-delà de nos prévisions et on n’a jamais vu autant de public présent lors des 112 spectacles présentés. En plus, les soirées inaugurales et de clôture ont rassemblé près de 6 000 personnes sur la place Ducale alors que les expositions proposées à différents endroits ont fait un véritable carton », se régale Anne-Françoise Cabanis à l’heure de tirer un bilan.
La directrice de la manifestation se félicite aussi de la forte implication des spectateurs autochtones. « Ce qui est également formidable, c’est que les Ardennais se sont accaparés leur festival au fil des éditions en étant en apathie avec l’évènement ».

UNE CITÉ DES ARTS DE LA MARIONNETTE EN PROJET

À l’occasion de sa visite le ministre de la culture, Franck Riester, a pu vérifier sur place la vitalité des créateurs et leur capacité à attirer un public nombreux et très diversifié.

« Compte-tenu de son attention, on peut supposer qu’il apportera à moyen terme son soutien au développement du projet en cours à Charleville-Mézières, à savoir la cité des arts de la Marionnette, ainsi qu’à la labellisation nationale portée par les professionnels » espère Anne-Françoise Cabanis.

En attendant, le ministre s’est, parait-il, engagé à combler une partie du déficit de l’Institut (190 000 euros) sans que le montant ne soit rendu public…

Pour Boris Ravignon, radieux de voir les grosses retombées économiques une nouvelle fois générées par cette 20e édition pour l’hôtellerie, la restauration et les acteurs du tourisme, « ce festival, par son antériorité et son ampleur, reste le premier au monde dédié à cette discipline artistique ».

Le maire du chef-lieu des Ardennes souhaite lui aussi que la future cité des arts de la marionnette soit un levier de développement pour cet art. « Par le biais de ce projet, on trouvera une solution pérenne pour le centre de documentation de l’institut en vue du stockage de pièces extrêmement précieuses car il est actuellement dépositaire de centaines de marionnettes de très grande valeur. On compte aussi proposer des locaux mieux adaptés aux Petits Comédiens de Chiffon pour un meilleur fonctionnement de leur structure, trouver une solution pour répondre aux normes de sécurité de la villa d’Aubilly et permettre au Musée de l’Ardenne d’accueillir un département marionnettes ». De quoi renforcer plus encore Charleville-Mézières en centre mondial d’un art devenu majeur et universel.

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