Cadres : 17 000 recrutements prévus en Occitanie

De gauche à droite : Jean-Sébastien Fiorenzo, délégué régional Apec, Thomas Binant, CEO de Géotrend, Frédéric Musso, DG de M.Target, et Marie-Antoinette Ay, responsable du développement RH chez Satys.

L’Apec fait un état des lieux 2019 du recrutement des cadres en région et livre ses perspectives 2020.

Les résultats de l’étude menée par l’Apec concernant le recrutement des cadres sont plutôt optimistes. Le recrutement des cadres connaît une hausse historique dans l’Hexagone avec 281 300 postes pourvus en 2019.

L’Occitanie continue d’attirer et représente d’ailleurs 6 % des recrutements nationaux, soit un taux d’encadrement de 20 %. Elle confirme son dynamisme à l’instar de l’Ile-de-France, de la Bretagne et du Centre-Val de Loire, régions qui restent dans le haut du panier affichant une progression depuis trois ans en termes de recrutements des cadres. Cependant, derrière cette tendance positive, les entreprises du bassin occitan ont été plutôt frileuses l’an passé, les recrutements n’affichant qu’une progression de 2 % par rapport à 2018, contre 6 % au niveau national pour s’établir à 15890 postes pourvus, avec une part de la gente masculine qui reste fortement majoritaire représentant 67 % des recrutements. Un marché qui semble perdre de l’élan. « Cela signifie surtout que les entreprises promeuvent davantage leurs collaborateurs en interne (4 480 promotions) et que le taux de sortie est moins élevé qu’en 2018 (avec 14 490 sorties en 2019) », explique Jean-Sébastien Fiorenzo, délégué régional Occitanie. Ce qui aboutit à la création nette d’emplois frôlant les 6 000 postes de cadres en 2019 (contre 3200 en 2018). Si le marché reste cependant globalement à la hausse, c’est parce que les entreprises poursuivent leurs efforts d’investissement, moteur actif de la croissance. Sans surprise, le secteur des services est le premier contributeur avec 71 % des embauches prévues en Occitanie (suivie de l’industrie avec 16 % d’embauches grâce notamment à la bonne santé du secteur aéronautique) et se caractérise par la plus forte hausse des recrutements (+6 %). Il mobilise des besoins dans les activités informatiques, l’ingénierie et la R&D ainsi que les activités juridiques, de gestion et de conseil ; suivant de près la tendance nationale. « Les cadres informaticiens sont donc les profils les plus recherchés avec 24 % des recrutements prévus », précise Jean- Sébastien Fiorenzo. Cependant, les entreprises peinent parfois à dénicher la perle rare sur un marché à flux tendu, ciblant des compétences très spécifiques. « Le profil de commercial senior qui a une vraie force de vente auprès des grands comptes est difficile à trouver, ainsi que des profils full tech développeur et data-scientist car les écoles françaises n’en forment pas assez, nous sommes parfois obligés d’aller chercher des talents en Afrique du Nord et niveau salaire ce n’est pas non plus la même chose », explique Thomas Binant, CEO et co-fondateur de la société Geotrend, qui passe souvent par des chasseurs de têtes et compte recruter 20 % de collaborateurs en plus en 2020.

Aussi, les collaborateurs bousculent les codes établis en surfant sur les besoins des PME et start-up en matière d’expertise et de valeur ajoutée, qui pour faire face à une concurrence accrue, sont contraintes de réussir leur transformation numérique. Les métiers évoluent, les attentes aussi. « Nous attirons les collaborateurs par le challenge. Les cadres qui nous rejoignent ne veulent plus se sentir dans un carcan. Ils cherchent du sens et de la flexibilité et c’est à nous de nous adapter et d’aller vers des principes de QVT, par exemple avec l’instauration du télétravail au moins une journée par semaine pour les postes de fonction support. Le salaire n’est plus la motivation première, même si bien sûr, cela fait toujours partie des conditions qui ont bien évolué. Il y a 15 ans, les jeunes diplômés à un poste de cadre commençaient leur carrière à 29 K€ par an, aujourd’hui, on parle plus de 36 K€, ce qui devient même problématique au sein de l’entreprise. Mes salariés en interne qui accèdent à des postes à responsabilité, n’en sont pas toujours à ce niveau ! », pointe Marie-Antoinette Ay, responsable du développement RH chez Satys. Cependant en Occitanie, les entreprises recherchent avant tout des jeunes cadres pour leur meilleure adaptabilité aux nouvelles technologies : les cadres de moins de cinq ans d’expérience représenteront ainsi 45 % des recrutements à venir, alors que ceux qui ont plus de 20 ans d’expérience ne représenteront qu’une poignée de 3 %. De leur côté, 70 % des cadres occitans souhaitent s’investir dans des petites structures type PME et start-up, n’excédant pas les 250 salariés. Aujourd’hui, les cadres sont ainsi plus mobiles, une tendance qui gagne trois points par rapport à 2015 (9 % de mobilité en 2019 contre 6 % en 2015). « On constate d’ailleurs que les cadres d’Ile-de-France se déplacent en demi-cercle, attirés souvent par des villes comme Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier », Toulouse figurant d’ailleurs à la 3e place des dix métropoles françaises les plus attractives derrière Paris et Lyon. Et l’ouest de la région, anciennement Midi-Pyrénées, reste particulièrement plébiscitée avec 71 % de recrutements prévus en 2020 selon l’Observatoire de l’emploi cadre de l’Apec, avec Toulouse et son agglomération en tête de liste. Avec près de 17 000 embauches de cadres prévues en Occitanie en 2020, le dynamisme du marché ne se dément pas.

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